BUDGET D’ATHÈNES
faisaient les frais des repas des tribus. 4° L 'archithéorie, envoi d’une députation à Délos, auquel l’État et les trésor sacrés contribuaient1.
2. Les deux liturgies extraordinaires sont : 1° la proeisphora ; les plus riches citoyens, réunis en symmories, devaient avancer l’impôt2 de Yeisphora pour les autres ; 2° la triérarquie , la plus considérable des liturgies. Les riches devaient équiper des vaisseaux de guerre à leurs frais. Vers 386, pour assurer la régularité de cette prestation, on désigna 1200 contribuables qui furent répartis en vingt symmories ou syntélies et chargés de la triérarquie. Démosthène partagea les triérarques en groupes qui devaient réunir 10 talents d’après le cens et fournir chacun une galère. Les frais variaient entre 40 mines et 1 talent. — Quand un citoyen désigné pour être triérarque se croyait lésé au profit d’un autre plus riche, il avait le droit de la rejeter sur celui-ci, ou, en cas de refus, de le forcer à l’échange des biens ou antidose 3 : après cet échange, le plaignant s’acquittait de la liturgie avec le bien de son adversaire. La loi exemptait le triérarque de toutes les autres liturgies. La durée légale de ses fonctions était une année, et l’on n’était appelé que tous les trois ans. Les archontes étaient exempts4.
3. Aristote dit que les liturgies ruinaient les riches au profit des pauvres. Sans compter la triérarquie, Bœckh évalue à 1700 drachmes par an (12 pour 100 du revenu), la dépense que supportait, du chef des liturgies régulières, le possesseur d’une fortune de 20 talents.
4. D’après des calculs fondés sur ceux de Bœckh, on peut évaluer le revenu total de l’Attique à 6000 talents, le budget des recettes (sous Périclès) à 1000 talents, dont 600 provenant des tributs, et le budget des dépenses, en temps de paix, à 400 talents5.
l’huile et les repas pour les concurrents, et dirigeaient aussi les lampadarquies (courses aux flambeaux; il y en avait au moins cinq par an à Athènes).
1. Une liturgie ordinaire très mal connue, semblable à l’archithéorie, était l’àppYîçopia, qui se rapportait à la procession faite le dernier mois de l’année en l’honneur de Minerve, et où figuraient les àppiiçôpoi, jeunes filles des plus hautes familles, âgées de sept à onze ans.
2. irposio-œlpEiv tûv aXkw. Les symmories furent établies sous Nausinique pour faciliter la rentrée de l’impôt sur le revenu. (Bœckh, Écon. pol., II, 285 sqq.)
5. Voy. la belle préface de Havet à l’édition grecque-française du discours d’Isocrate sur Y Antidose, par Cartelier, 1863. L’antidose est une institution de Solon.
4. Les métèques et les isotèle» supportaient des liturgies spéciales et faisaient partie des symmories; mais leur condition à cet égard est mal connue.
5. Il y a peu de traces d’emprunts ni de dettes publiques : les riches métèques, toutefois, prêtaient pour un certain temps à l’État leurs fonds disponibles. Les temples faisaient aussi valoir leurs biens. — Dans un moment de besoin, Clazomène émit 20 talents de monnaie de fer ayant cours forcé, réservés au commerce intérieur, et les racheta peu à peu. C’est là à la fois un emprunt forcé et la première apparition d’un papier-monnaie dans l’histoire (Arist., Écon., 2, 16). Les villes embarrassées vendaient des monopoles, dépouillaient les temples, altéraient les métaux, etc.