X. — LA MALADIE ET LA MORT
Médecins. — 1. Le caractère de la médecine fut d’abord exclusivement religieux. On plaçait le malade dans des chapelles5 attenant aux temples d’Esculape : après des prières et des sacrifices, il s’endormait près de la statue du dieu, qui lui apparaissait en songe. Le prêtre expliquait le songe du patient, ou au besoin rêvait pour lui, et prescrivait des remèdes en conséquence. On éloignait les moribonds du temple pour ne pas le souiller. Un asclépiade de Cos, Hippocrate, fit connaître au public les recueils empiriques que se transmettaient les prêtres d’Esculape, et, sécularisant ainsi l’art de guérir, fonda la médecine scientifique (ve siècle)4.
2. A l’époque classique, les médecins étaient publics3 ou privés6. Au sixième siècle, Démocède de Crolone recevait de Polycrate 2 talents par an pour donner ses soins à ceux de Samos. Les médecins ne pouvaient exercer sans un certificat de l’État. Ils recevaient les visites des malades dans leur clinique 7, qui servait d’établissement de bains, de pharmacie, et où ils faisaient les opérations chirurgicales. Ils fixaient leurs honoraires8 avant la guérison, et se faisaient souvent payer par avance. Les livres de recettes étaient fort répandus, et Aristote, comme les médecins d’aujourd’hui, en blâmait l'usage9 10.
La Mort. — 1. Après la mort d’un Grec, on lui plaçait une pièce de monnaie ,0 dans la bouche, on lui fermait la bouche et les yeux, et l’on jetait un
1. zav£o*£ta. Les gens sans asile couchaient dans les Ai<r/at, dont il y avait 3G0 à Athènes. (Procl. ad Hesiodi Op., 493.)
2. Voy., sue ce qui précède, Zell, Auberges chez les Anciens, 1826 (ail.) ; Ginzrol, Véhicules des Anciens, 1817 (ail.); Decker, Chariklès, I, p. GO.