XI. - LIEUX DU CULTE
1. Outre l'Olympe, habitation commune des dieux, chaque divinité avait ses résidences favorites, dans les temples ou les sanctuaires que lui consacraient les hommes.
2. Socrate disait que, pour les temples et les autels, l’emplacement le plus convenable est un lieu bien découvert et peu accessible, « car il est agréable de n’avoir point la vue bornée en priant et de s’approcher des autels sans souillure5. »
3. Le mot d'autel4 désignait anciennement toute espèce d’élévation. Les premiers autels furent des tertres de gazon3. D’autres étaient en bois, et le feu les consumait en même temps que les offrandes. On regardait comme particulièrement saints les autels formés de la cendre de précédents sacrifices. 11 y avait des autels voués à deux dieux à la fois6. Les dieux des rues avaient les leurs; les dieux souterrains n’en avaient pas, mais on creusait des fosses où l’on répandait en leur honneur le sang des victimes.
4. Dans les temples de Vesta, le feu sacré suffisait comme symbole, et la déesse ne devait être représentée par aucune image. Homère ne mentionne qu’une seule fois une statue de divinité7; mais, à l’époque classique, les temples sans agalma sont l’exception.
5. Les temples étaient construits sur un emplacement consacré8, entouré d’une cour et d’une enceinte 9, qui comprenait les demeures des prêtres. À l’entrée, étaient placés les vases d’eau lustrale10. Des précautions étaient prises pour éviter toute souillure. Ainsi, dans l’ile sainte de Délos, aucun chien ne pouvait pénétrer et personne ne devait être inhumé : cette défense ayant été
1. NqxÉaEia ou Nexûma. Voy. Meursius, de Funere , et Quenstedt, de Sepullura, dans Gronovius; Faydeau, Sépult. des peuples anciens , 1S56; Stackelberg, Tombes des Hellènes , 1856 (ail.); Kumanudes, Épitaphes grecques , 1871.
2. Sur la religion grecque, consulter : Stuhr, llclig. des Grecs, 1838 (ail.); Gerhard Mythol. grecque, 185i(all.); Naegelsbach, Théologie homérique cl Théol. posthomérique 1857, 1861, ail. (capital); Grote, les premiers vol. de V Histoire grecque; sur le Culte des Arbres, voy. Dora d’Istria (d’après Bôtticher, 1857; Gubernatis, 1873) dans la 7?. D-M., avril 1879; sur les Sources sacrées, Lobeck, 1850 (ail.) ; citons encore : Hermann, Dieux Termes, 18 17 (ail.) ; Gerhard, Culte des Hermès, 1814 (ail.). Cf. les ouvrages généraux, et les livres de mythologie cités plus loin, particulièrement celui de Maury.