JEUX
Prométhée), on célébrait à Athènes1, aux Panathénées, le jeu appelé lampadépliorie. Par une nuit sans lune, les coureurs partaient de l’autel de Prométhée où ils avaient allumé chacun un flambeau : le prix était à celui qui, sans le laisser éteindre, arrivait le premier à l’Acropole.
Théâtre2 3. — 1 . Aux fêtes de Bacchus, le chœur, chantant le dithyrambe, dansait une ronde autour de l’autel du dieu, sur lequel on immolait un bouc(tragos). De ce chant naquit la tragédie, et de la tragédie, le drame, où, d’Eschyle à Euripide, l’élément religieux d’abord prépondérant s’effaça peu à peu devant l’intérêt humain. Thespis, à côté du chœur, ne fit paraître qu'un seul acteur : Eschyle en introduisit deux, et Sophocle trois sur la scène5. En même temps, la partie lyrique perdit son importance pour n’étre plus, dans Euripide, qu’un prétexte à des hors-d’œuvres brillants. L’origine de la comédie est la même ; mais de vieilles farces populaires lui avaient servi de modèles, et, à la différence delà tragédie, elle fleurit aussi hors d’Athènes, à Mégare et chez les Doriens de Sicile4.
2. La scène était dressée sur des tréteaux peu élevés; les acteurs (tous hommes) portaient des masques, représentations traditionnelles des personnages en scène et servant à renforcer la voix; ils étaient chaussés de cothurnes , brodequins à semelles très épaisses, qui augmentaient leur stature, chose indispensable dans un vaste théâtre comme celui de Bacchus, où 50 000 spectateurs prenaient place. Les représentations se donnaient en plein jour; les gradins formaient un demi-cercle autour de la scène, et, dans l’intervalle, se trouvait l’orchestre, réservé aux évolutions du chœur autour de la thymèle , autel de Bacchus situé au centre du demi-cercle5. Les décorations étaient simples et ne visaient pas à faire illusion; mais l’art des machinistes était déjà très avancé, puisqu’ils pouvaient faire descendre, par la route des oiseaux , le chœur des Océanides dans le Prométhée.
5. Des concours dramatiques annuels étaient institués à Athènes aux fêtes de Bacchus, aux Lénéennes et aux grandes Dionysies. L’archonte éponyme choisissait, parmi les compétiteurs, trois poètes auxquels il donnait un chœur , c'està-dire la libre disposition d’une troupe habillée et entretenue par un chorègc. Depuis le milieu du cinquième siècle, on n’exigea plus de chaque auteur une