ROME SOUS LES ROIS
ROME SOUS LES ROIS JUSQü’a SERVIES 1 .
1. Tribus. — D’après les légendes, la populalion primitive de Rome était triple : elle comprenait les trois tribus 2 des Ramnes (Ramnenses, Ramneles )5, des Tities ( Titienses , Tatienses ) et des Lnceres ( Lucerenses ) 4.
2. Curies. — Chaque tribu comprend 10 curies s, ayant leur unité
quités politiques (par- Mommsen), ont paru en 1875, 3 volumes; Willems, Droit public romain, 1872; Dupond, Magistratures romaines sous la République, 1877 (résumé de Lange, Becker, Willems, etc.). — Consulter aussi Y Histoire romaine et les Recherches romaines (Forscliungen) de Mommsen, ainsi que les différents articles de Rein dans Pauly. — Sur le caractère général des Romains, on peut voir Saint-Évremond, Balzac, Bossuet, Montesquieu, Mommsen; lire surtout deux belles pages de Fustel de Coulanges (Polybe, p. 82, et Instit. polit, de l'anc. France, p. 73): « Savoir obéir et savoir commander furent les deux vertus qui rendirent le peuple romain incomparable, et qui le firent le maître des autres peuples. » De ces deux vertus naît la science du gouvernement, que Rome a appliquée la première, et qu’elle a enseignée au monde moderne. Quant au désintéressement des anciens Romains, à leur amour de la pauvreté, etc., ce sont des fables que toute leur histoire dément, et dont la déclamation seule s’accommode.
1. Willems, p. 15 sqq. Ce livre devrait être partout; c’est un modèle de clarté, d’exactitude et de saine critique.
2. Dites tribus génétiques, par opposition aux tribus locales créées par Servius.
3. On a beaucoup discuté sur l’étymologie des mots Roma, Romulus, Ramnes. Les Anciens expliquaient Roma par le grec pw|v/), force (Plut., Romul., 1), opinion qu’adopte Niebuhr. Les érudits latins (cf. Servius, ad Aen., 1, 277) pensaient que la ville, avant Évandre, s’était appelée Valentia, nom que les Grecs auraient traduit par 'Pwjj.v[. La critique contemporaine est entrée dans une voie nouvelle. Fdrstemann et Corssen ont reconnu dans Roma la racine sru, qui se trouve sous la forme ru dans ru-men (cf., pour la formation, sta-men, fla-men, ag-men), où la longueur de I’m indique une forme primitive roumen. Or Servius (ad Aen. 8, 63) nous apprend que l’ancien nom du Tibre était Rumon ( quasi ripas ruminons et exedens), forme dérivée d’un primitif Roumon, où l’on retrouve la racine ru allongée. Ainsi Rumon signifierait fluens,e t sa formation serait analogue à celle du nom de fleuve 2tp'j-[au>v. Rouma devenue Roma signifie la ville du fleuve, comme la ville de 2Tpü[r») en Thrace. Romulus, que la fable locale montrait rejeté par les flots du Tibre, n’est pas le fondateur de Rouie, msisYenfant de la ville du fleuve. En Italie, comme partout, beaucoup de villes ont dû leur nom à leur situation près des fleuves ou des marais : ainsi Interamnae, Antemnae, sont formées à’amnis, Aquinum d 'aqua; Varia d’un vieux mot correspondant au sanscrit vâri (eau). Cf. Corssen, Prononciation et vocalisme, I, p. 279, II, p. 89. — D’après quelques témoignages anciens, Rome aurait eu, dans les livres sacrés, un nom mystérieux et ineffable, xov (Pline, 4, 65; Servius, ad Aen., 1, 297). Selon Varron, un tribun du peuple ayant osé prononcer ce nom fut enlevé par le sénat et mis à mort (Servius, l. c.). Niebuhr a conjecturé Quirium; quelques grammairiens anciens "Eçw;, traduction d'amor, anagramme de Roma.
Les Ramnes sont l’élément latin, les Tities sont Sabins, les Lnceres Étrusques selon les Anciens, Latins selon Mommsen (de hic= splendidi). Ces trois éléments primitifs se retrouvent partout dans l’ancienne Rome : Varron (L. L., 5, 91) explique turma par terima: « Quod ter déni équités ex tribus tribubus fiebant. »
4. L’ensemble de la population se nommait Quiriles. [Etymologie hypothétique : la ville Sabine de Cures (Vairon, L. L., 6, 68) ; le sabin quiris = hasta ; la ville de Curium, sur le Quirinal (Niebuhr); la ville étrusque de Caere; le mot quilia = culina, d’où Quirites — Quilini, commensaux (llartung) ; Tott et Becker dérivent Quiriles de Curia, division politique, et traduisent le mot par « partagés en tribus. »]
5. Co-viria = réunion de guerriers? D’autres dérivent ce mot du sabin quiris, lance, que