ADMINISTRATION IMPÉRIALE
épigraphiques et littéraires, que l’on ne peut reproduire ici1.
Histoire de l’administration impériale. — Après César, qui avait prétendu tout faire par lui-même, Auguste eut l’idée d’un empire constitutionnel, appuyé sur l’Empereur d’une part, sur le Sénat de l’autre 2. Mais l’incapacité du Sénat, l’isolement 3 ou les empiètements des Empereurs, amenèrent une désorganisation générale à laquelle Pallas et Narcisse mirent fin en faisant passer l’administration aux mains des fonctionnaires impériaux, les procurateurs dans les provinces, les affranchis à Rome4. Hadrien comprit la nécessité d’un personnel de fonctionnaires plus zélés que les sénateurs, moins serviles que les affranchis : il les prit dans l’ordre équestre, qui remplit alors toutes les fonctions8, comme les sénateurs les
1. Recherches sur l'Histoire de l'administration romaine, t. I, 1876, surtout les p. 282-299 (analyse etcrilique judicieuse par Bloch, Revue historique, nov. 1879). Hirschfeld doit donner dans le Corpus de Berlin les inscr. de la Gaule. — Voy. encore Friedlaender, Mœurs rom. sous l'Empire, dans l’excellente trad. de Vogel, 1863, t. I.
2. Mommsen {le Principat, 2° partie du 2“ vol. du Manuel de Mommsen-Marquardt) appelle ce dualisme gouvernemental une dyarchie. C’est malgré lui et sur les instances répétées du peuple qu’ Auguste entra dans la voie de la centralisation administrative, en remplaçant les officiers sénatoriaux par ses curateurs. (Hirschfeld, p. 285.) La République avait affermé Yorbis Romanus, c’est-à-dire qu’elle l’avait livré au pillage : l’Empire administra, et créa une carrière administrative. — Auguste fixa un cens sénatorial d’un million de sesterces et réduisit l’àge légal à vingt-cinq ans. Le Sénat se réunit régulièrement aux calendes et aux ides ( senatus legitimus ) et peut être convoqué extraordinairement ( indictus .) L’Empereur fait le plus souvent lire sa relatio par un questeur. Lui-même se considère seulement comme le premier du Sénat et partage avec lui le droit régalien de battre monnaie. Si le Sénat perd le gouvernement des provinces impériales et la décision de la paix, il reçoit une partie delà juridiction criminelle et du pouvoir législatif. — De même queCaïus Gracchus est le créateur de l’ordre équestre, Auguste est le créateur de l’ordre sénatorial, qui devient sous l’Empire une haute noblesse héréditaire, comme la pairie anglaise. Auguste permit aux fils des sénateurs de porter la tunique laticlave, d’assister aux séances du Sénat, d’entrer immédiatement au service avec le rang de tribuni militum ou praefecti equitum. Les membres des familles sénatoriales ne purent s’unir par mariage à des affranchis : les sénateurs {clarissimi), leurs femmes ( clarissimae ) et leurs enfants firent partie de Y or do senatorius, qui se répandit en province par l’admission de provinciaux au Sénat (Willems, p. 119; Marquardt, III, 2, 277).
3. Tibère à Caprée. Tibère, comme Auguste, essaya d’abord loyalement d’associer le Sénat à son pouvoir. (Tac., Ann., 5, 53. Voy. Hirschfeld, p. 283.)
4. Comme la carrière des honneurs ( cursus honorum) est fermée aux affranchis, ils ne peuvent jamais usurper l’autorité qui s’attache au rang. Ce sont des chefs de services et des sécrétaires particuliers, dont la puissance peut être immense, mais à qui les honores sont interdits. — Il y eut une première rénovation de la noblesse sous Yespasien. Le nombre des gentes était tombé à 200, par suite des complots et des guerres; Vespasicn, censeur en 75 avec Titus, éleva au palriciat 1000 familles italiennes ou provinciales. Parmi les nouveaux patriciens se trouvaient Agricola (de la Narbonaise) et Trajan (d’Espagne). Cette jeune aristocratie, formée par la vie municipale, apporta au Sénat quelque vitalité, et rendit possible le siècle des Antonins.
5. Munera. A l’origine de l’Empire, il n’y a pas de chancellerie ; l'Empereur a recours à ses libertini, qui se rendent nécessaires par leur habileté pratique, comme le célèbre affranchi Etruscus dont parle Stace (Silv., 3, 3), qui servit dix Empereurs et mourut octogénaire sous Domitien. Pendanttoutlepremier siècle de l’Empire, les affranchis sont titulaires des trois plus hautes procurations, a rationibus, a libellis, ab epistolis. — Hadrien, qui organisa le premier un service central, nstituades bureaux ( officia , scrinia) dont les chefs ( magistri , principes) prirent une grande importance.