MONARCHIE ADMINISTRATIVE
né en Afrique, créature des légions de province1, poursuit la même politique; les revenus des provinces sénatoriales sont attribués au fisc, les privilèges de l’ordre équestre encore accrus 2. Alexandre Sévère réagit, gouverne avec le Sénat, choisit même dans son sein le préfet du prétoire ; mais, après lui, les sénateurs sont exclus des hautes fonctions, et l’Empire, menacé par les Barbares, sent le besoin d’une forte organisation du pouvoir impérial, qui ne laisse le gouvernement qu’à ses agents directs. En résumé, affaiblissement des magistratures, accroissement continuel de l’importance des fonctionnaires, tel est le double caractère de la révolution pacitique où l’ancien droit politique de Rome a succombé3.
Administration du Bas-Empire4. — Avec Dioclétien, le haut Empire finit; le règne de la bureaucratie commence3. Il n’est pas dans
un principe de gouvernement depuis Claude, enfin que les officiers ayant longtemps servi ne peuvent sans injustice être préposés aux curatelles inférieures, Hadrien est obligé de scinder la carrière administrative en 2 branches, civile et militaire. (Hirschfeld, p. 233.) — A côté des deux carrières sénatoriale et équestre, on peut en distinguer une 3*, celle des fonctionnaires impériaux subalternes, attachés à la chancellerie et au fisc, presque toujours, depuis Hadrien, des affranchis — les tabullarii, ayant à leur tête le praepositus tabullariorum ou princeps tabullarius, les dispensatores ou caissiers, etc. Depuis Septime Sévère, les inscr. relatives à ces subalternes font défaut ; les bureaux s’organisent militairement et se remplissent de vieux soldats. Dioclétien fixa le premier la hiérarchie des fonctionnaires, les uns statuti, les autres surnuméraires et aspirants ; les officiers du palais furent strictement distincts de ceux de l’administration.
1. Le 1" ordre appartient exclusivement à la capitale de l’Empire: l’ordre équestre est le 1er ordre hors de Rome. Une ordonnance de Trajan (Pline, Epist., 6, 19), enjoint aux candidats briguant des charges curules d’employer 1 de leur fortune à des achats de terres en Italie.
2. La monarchie militaire commence avec Septime Sévère. (Dion, Epit., 76, 15.) Tandis qu’anciennement le service militaire n’est qu’une préface à la carrière civile, les curatelles, depuis Sévère, ne sont plus qu’une récompense pour les anciens officiers militaires. Gallien ira plus loin encore, en écartant les sénateurs de tous les commandements et en remettant le pouvoir militaire aux mains des chevaliers (Hirschfeld, p. 251.). — Depuis Sévère, le cursus des procurateurs commence par le centurionat, puis le primipilat et la praefeciura legionis. Après le tribunal, on reçoit le nouveau titre militaire a militiis. (Renier, Mélanges d'Épi graphie, p. 235.)
3. Le côté honteux de l’administration impériale est la condition faite au 5“ ordre, Yordo plebeius , composé des tenuiores, humiliores, par opposition aux honesliores. La société romaine est toujours restée une ploutocratie. Quand le droit de cité eut été donné à l’Empire et que le pérégrin disparut, le pauvre le remplaça; c’est au pauvre que sont réservés les supplices des verges, de la croix, des bêtes, dont le citoyen était autrefois indemne et dont on ne menaçait que l’étranger. Dans cette Rome où les déclamaleurs ont tant loué l’amour de la pauvreté, celui qui n’a rien n’est rien : cela est vrai sous Servius comme sous Dioclétien; seulement, sous l’Empire, la condition du prolétaire le rapproche de l’esclavage. [Voy. un mémoire de Duruy sur la distinction, dans les Pandectes, des honestiores et des humiliores, Acad, inscr., 13nov. 1874. Pourunmême crime, nousapprend le Digeste (48, 18, 1), Yhumilior est condamné aux travaux forcés, le décurion, qui est honestior, temporairement éloigné de sa curie. Le séditieux humilior est mis en croix ; il est déporté dans une île, s’il est honestior. Le bûcher est réservé aux esclaves, aux liberi plebeii et humiles personae. (Dig. , 48, 19, 28.) — Le mémoire de Duruy est réimprimé, Jlist. des Romains, t. V, p. 487; tout ce volume est de l’intérêt le plus élevé.]
4. Naudet, Changements de V administration de l’Empire romain de Dioclétien à Julien , 1817 (toujours utile).
5. Eu même temps, le cérémonial asiatique est introduit à la cour (adoration, etc.).