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NOBLESSE ÉQUESTRE

Aristocratie d’argent sous la République, l’ordre équestre devient de pins en plus, sous l’Empire, une aristocratie administrative et gouvernante. Septime Sévère,

pas de jouer un très grand rôle dans l’État; c’est parmi eux qu’on choisit, jusqu’au troisième siècle, les commandants des légions et les gouverneurs des provinces. « L’importance qu’avait à Rome la plus liante des fonctions équestres, celle de préfet du prétoire, était bien loin d'obtenir la considération réservée à la moindre des magistratures sénatoriales. Le seul souverain issu de la carrière équestre fut Macrin. L’ordre équestre était tenu à la même distance de l’ordre sénatorial que les traitants de l’ancien régime de la noblesse d’épée. » (Desjardins.) Pour le jeune noble de famille sénatoriale qui entrait dans la carrière des honneurs, la filière est celle-ci : Vigintivirat (18 ans), milices équestres (avec le titre de tribunus militum honores petilurus ou tribunus laticlavius), questure, Sénat, édilité ou tribunat du peuple, préture, commandement d'une légion, consulat, proconsulat; ajoutez les mimera et curatelles, comme on les voit dans le cursus de Pline le Jeune (Duruy, Hist. Rom., t. Y, p. 250). — Voici quelques cursus honorum depersonnages célèbres, connus par des inscriptions. Pline le Jeune : Decemvir stlitibus judicandis, tribun militaire de la légion III* Gallica, sévir des chevaliers romains (commandant d’une des six turmae équestres à la revue annuelle), questeur, tribun du peuple, préteur (93), préfet aerarii militaris (pendant 3 ans), préfet aerarii Saturni (98), consul (100), augure, curateur du Tribe, des quais et cloaques, légat propréteur en Bithynie (112). Dans Corne, sa patrie, Pline fut flamen divi Tili Augusti. — On sait par ses lettres et une inscription (Orelli, 1172) que cet homme de bien, après avoir donné à Côme une bibliothèque valant un million, et 100 000 sesterces pour l’entretenir, plus le tiers du traitement du professeur de rhétorique à Côme et 500 C00 sesterces pour élever des enfants de condition libre, lui légua encore de quoi établir des thermes et une rente annuelle de 112 000 sesterces pour fournir des aliments à 100 affranchis du testateur, et, après eux, pour servir un repas annuel à toute la plebes. [Ces donations sont communes sous l’Empire ; testaments de Dasumius, de Flavius Synthrophus, etc. Cf. l’Index, s. v. Véléia] . — Cursus d’Hadrien : Xvir sllit. judic., préfet pour les fériés latines, sévir des chevaliers, tribun, secrétaire du Sénat, questeur de l’Empereur, tribun du peuple, préteur, légat de la légion 1* Minerv., légat propréteur de l’Empereur en Pannonie, sodalis augustal, Vllvir épulon, consul. (G. I. L., III, n» 550.) — Cursus d’Agricola: tribun militaire, questeur de la province d’Asie, tribun, préteur, commandant de la 20° légion en Bretagne, gouverneur d’Aquitaine, consul, légat consulaire. — Dans un très beau travail (Rev. archéol. 1873), Desjardins a reconstitué comme il suit le cursus d’un Suetrius Sabinus, légat de Pannonie : Xvir stlit. jud.\ sévir, quaestor, tribunus plebis, praetor, legatus prov. Africae, curator reipublicae Ocriculanorum (Otricoli en Otnbrie), curator viae Latinae, juridicus per Aemiliam et Liguriam , legatus legionis, cornes Augusti (aide de camp commandant un détachement, vexillaris), legatus Aug. propraetore prov. Raeliae, consul (en 214), pontifex, augur, judex ex delegatione cognilionvm Caesarianarum (assesseur de l’Empereur), praefectus alimentorum, eleclus ad corrigendum statum Italiae (délégation exceptionnelle?), legatus Augusti pro practore prov. Pannoniaa inf., proconsul provinciae Africae.

Dans la carrière équestre, la filière des fonctions est beaucoup moins connue, parce que les procurateurs dépendent de l’Empereur, qui peut leur faire sauter les degrés intermédiaires. On trouve à peine 2 inscr. de procurateurs dont le cursus soit exactement le même. Cette carrière commençait aussi par le service militaire ( très militiae equestres, à savoir praefectura cohortis, alae, tribunatus legionis ; cf. Suétone, Claud., 25) ; les plus hautes curatelles étaient la préfecture de l’Égypte et la préfecture du prétoire. Le rang et la désignation des procurateurs dépendent des traitements qui leur sont affectés ; on distingue les 4 classes des trecenarii, ducenarii, centenarii et sexagenarii, touchant de 300 000 à 60 000 sesterces. Les procurateurs peuvent entrer au Sénat par adleclio inter praetorios, inter tribunicios , etc., et par faveur de l’Empereur. Plus tard (Vit. Hadriani, 8) ce fut l’usage de donner aux préfets du prétoire sortants le latus clavus, en les honorant d’une adlectio inter consulares. (Voy. des cursus équestres dans Orelli, 801, 3838, etc.; cf. Hirsehfeld, p. 250 sqq. et Friedlaender, t. I, p. 250 sqq.). — A partir du m° s., la partie militaire de la carrière administrative croît en importance ; mais, parce qu’il faut absolument un grand nombre d’administrateurs, que l’exclusion des affranchis des curatelles est

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