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CONCILES PROVINCIAUX

du culte d’Auguste 1 était confié à un grand prêtre élu chaque année par la province, entouré de prêtres inférieurs élus comme lui par les diverses cités ; le jour de la fête du temple d’Auguste, il prenait la parole au nom de la province entière. Puis, la fête terminée, le grand prêtre et les prêtres des cités se réunissaient dans un Concile , qui, après avoir réglé les comptes de la fête, discutait s’il y avait lieu d’accorder un éloge ou d’infliger un blâme au gouverneur et aux fonctionnaires impériaux 2. Un provincial disait, selon Tacite 5, qu’il dépendait de lui que son gouverneur reçût ou non des actions de grâces. D’autres fois, des membres de ces assemblées étaient députés vers l’Empereur pour lui porter des doléances, dont il était tenu grand compte 4. Constantin, Gratien et Valentinien favorisèrent les assemblées provinciales, qui rendaient plus facile la surveillance des gouverneurs; la poste impériale fut même mise à leur disposition s. Elles ne disparurent qu’avec l’empire d’Occident 6.

code Justinien, 1, 40, 3.) — L’Empire ne supprima nulle part, sauf à Rome, les comices populaires. Avant Auguste, la République était à Rome et le despotisme dans les provinces ; après lui, le despotisme est au centre, et les provinces sont organisées comme de petites républiques à l’intérieur de la grande monarchie. Cette bienveillance de l’Empire pour les provinces est la compensation d’une longue infériorité. Ce n’est qu’avec l’Espagnol Trojan, montant sur le trône impérial, qu’a cessé le mépris des Romains à l’égard des provinciaux. Cicéron disait ( pro Font., 12) : « Cum infimo cive romano quisquam amplissimus Galliae comparandus est? » Cf. Juv., 3, 81. (Friedlaender, Mœurs romaines, I, 187, sqq.)

1. Voy. Bernard, le Temple d’Auguste et la nationalité gauloise-, Boissieu, / nscr. antiques de Lyon. Les 3 provinces des Gaules avaient élevé un temple près de Lyon, servi au jour solennel par 60 prêtres, représentant les 60 cités de la Gaule. Les prêtres magistrats formaient le concilium Galliarum.

2. Le fameux Monument de Thorigny, à Saint-Lô (cf. Renier, Mém. de la Soc. des Antiquaires, XXII), porte une lettre gravée en 238 qu’un ancien gouverneur de Gaule écrit à l’un de ses successeurs : il y parle d’un certain Solemnis, de Vieux près de Caën, député comme prêtre au temple de Rome et d’Auguste, qui avait défendu dans V Assemblée des Gaules le gouverneur d’alors, accusé par quelques membres : sur quoi l’assemblée avait décidé qu’il ne serait pas mis en accusation. — Des conciles de ce genre se trouvent en Grèce, en Espagne, en Helvétie.

3. Ann., 13, 21. Cf. Ammien, 28,6. Le Digeste (30, titre 8) contient plusieurs rescrits adressés à ces assemblées, dont il ne faudrait pourtant pas surfaire l’importance.

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