PRÉTORIENS
5. Depuis Caracalla, les auxiliaires sont citoyens romains ; leur nombre est égal à celui des légionnaires1 2 * 4. — Les cohortes prétoriennes forment la garde impériale à Rome, et la garnison des villes de l’Italie. On sait la part prépondérante que prit cette milice dans les révolutions de palais qui ébranlèrent l’Empire. — Des neuf cohortes prétoriennes au temps d'Auguste, trois se tenaient à Rome, et les six autres étaient répandues en Italie auprès des villes où l’Empereur séjournait (p. ex. à Àlbe). Elles étaient sous les ordres des préfets du prétoire-. Sous Tibère, Séjan leur construisit à Rome une caserne fortifiée entre la porte Viminale et celle de Tibur. Constantin les supprima.
4. Hadrien réorganisa la légion. Elle se composa non plus de cohortes égales, mais de iO cohortes dont la première comptait 10 centuries (1100 hommes) et les suivantes 5 (555 hommes). Chaque centurie fut divisée en 10 groupes ( contübernia , chambrées), chacun sous un dizenier ( decanus ). En même temps, Hadrien revint à l’ordonnance primitive en phalange, tandis que l’armement admettait de nouveaux éléments barbares3. Enfin, il rétablit la cavalerie des légions ; chaque légion eut 720 cavaliers, répartis en 22 iurmes de 51 hommes et 5 officiers, dont le premier s’appelait dêcurion , le deuxième duplicaire, et le troisième sesquiplicaire. Chaque turrne avait une bannière rouge ( vexillum ), dite guidon ou flammula.
5. Les Empereurs du Bas-Empire commirent la faute irréparable de négliger l’armée, où les Barbares devinrent prédominants. Le dernier des Romains, Stilicon, est un Vandale. — Constantin, pour réagir contre la domination des armées, avait relégué les chefs des soldats au dernier rang de sa noblesse nouvelle; c’était faire de l’armée un lieu de disgrâce; à cette époque, les désertions sont si fréquentes parmi la tourbe qui recrute les légions, qu’on doit marquer les soldats, comme des esclaves, d’un stigmate indélébile au bras ou à la jambe.
G. L’Empire avait vécu longtemps presque sans armée. Sauf en Italie, il n’y avait de troupes que sur les frontières, et là l’épigraphie nous montre des légions restant établies pendant plusieurs siècles, affermissant peu à peu autour d’elles l’influence romaine, et romanisant les pays limitrophes où les légionnaires se marient et font souche4. Dans les villes de l’intérieur, il n’v a qu’une
1. On distinguait, parmi les auxiliaires : l°Les vexilla veteranorum ou vexillarli, corps de 500 vétérans que l’on employait seulement dans la bataille; 2° Les cohortes II alicae civium Romanorum voluntariorum, ou cohortes ingenuorum civium Romanorum ; elles étaient au nombre de 32.
2. Hirschfeld a dressé la liste des préfets du prétoire d’Auguste à Dioclétien, Admin. rom., p. 219. On eu trouve tantôt un (sous Tibère), tantôt deux ou plus.
5. Les 3 premières cohortes ont, par soldat, deux espèces de pila : le spiculum, plus grand, et le verutum. Les 5 dernières cohortes avaient des lanceae (arme non romaine) ; de même les longues épées, dites spathae, furent empruntées par les légions aux auxiliaires. Au lieu du casque, ils portèrent des chapeaux pannoniens, pilei. Les enseignes des cohortes, ou clracones, étaient portées par les draconarii. Le drapeau de la centurie est 1 e s ignum, celui de la légion s’appelle aquila. Les imaginarii portent les images de l’Empereur.— D’après Leheau ( Mém . sur la légion) et d’autres, dont le sentiment semble contredit par Tacite, 1, 34, et Ammien, 21, 13, 9, les manipules n’existaient plus sous l’Empire comme division de la légion. Leurs drapeaux s’appelaient vexilla.