LA MAISON ROMAINE
Les Esclaves’. — Le mot servus rappelle que l’esclave fut d’abord un prisonnier de guerre2, comme celui de mancipium indique le rapport qui lie l’esclave au maître en tant que res mancipi, c.-à-d. utile pour l’exploitation agricole. Famulus et familiaris attestent la place, de plus en plus importante, que l’esclave romain occupe dans la famille. — Les esclaves sont des hommes, mais non pas des personnes; ils n’ont ni droits ni même noms à eux; la puissance du maître est absolue jusque sous l’Empire. Le maître est responsable du dommage causé par l’esclave, mais il peut le livrer comme indemnité. — Les riches Romains possédaient plusieurs milliers d’esclaves, dressés à toutes les occupations, l’enseignement, la musique, l’agriculture, l’industrie, la comptabilité, etc. L’impossibilité où se trouvait en conséquence l’ouvrier resté libre de soutenir la concurrence d’esclaves logés et nourris par un maître est une des grandes causes de l’irrémédiable abjeclion où tomba, bien avant l’Empire, la plèbe romaine, condamnée à l’oisiveté et à la misère.
La Maison romaine. — La maison romaine comprend les parties suivantes :
1° Le Vestibule3. Dans les grandes maisons, il s’élève au-dessus de la rue sur un soubassement de plusieurs marches; il est décoré d’armes, de statues, de quadriges, etc. C’est là que les clients attendaient le patron pour la salutation du matin.
2° La Porte d’entrée [ostium, janua, c.-à-d. celle qui admet la lumière).
3° L’Atrium4. De la porte d’entrée on arrivait, par une petite cour où se tenait le chien de garde et où le portier avait sa loge, à ['atrium, partie essentielle delà vieille maison romaine; la lumière y descendait par une ouverture dans le toit ( compluvium ). Là se rassemblait la famille, là étaient le foyer, la caisse, et autrefois le lit du père de famille. La fumée sortait par l’ouverture supérieure du toit, à travers laquelle la pluie tombait dans Y impluvium, d’où on la distribuait ensuite dans le reste de la maison. Jusqu’au ive siècle avant on voyait à l’entrée de l’atrium le lar ou tutela de la maison.
Dans les maisons des nobles, les images occupaient les ailes de l’atrium.
taient pas; mais, dès la fui de !a République, les anciens noms éliminés par l’adoption persistent dans le langage ordinaire, et, sous l’Empire, dans les titres ofliciels. Ainsi Pline le Jeune, avant d’ètre adopté par le Naturaliste, s’appelait P. Caecilius L. f. Ouf. Secundus : après l’adoption, il s’appela C. Plinius L. f. Ouf. Caecilius Secundus, abandonnant ainsi son prénom et plaçant son ancien gentilicium parmi ses cognomina. — A partir des Flaviens, on accumule les noms de ses père, oncles, parents adoptifs, etc., ce qui donne des noms interminables, comme celui d’un personnage cité C. I. L., II, 1282, 1283 : il/. Cutius M. f. Gai. Priscus Messius Rusticus Aemilius Papus Arrius Proculus Julius Celsus. Tandis que le système des noms républicains, dit Mommsen, permet, avec ses règles sévères, d'établir la généalogie delà plupart des grandes familles de la République, il semble qu’on doive renoncer à faire un pareil travail pour l’époque impériale.
1. Voy., plus haut, les détails complémentaires sur les esclaves et l’affranchissement.
2. Ilovelacque {la Linguistique, p. 18) rapproche servus du zend haurvô, gardien.