‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 549 sur 591 · CÉRÉMONIES FUNÈBRES · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIES FUNÈBRES

y convoquait le peuple par un crieur : telles étaient celles des grands personnages et des serviteurs de l’Etat, dont le trésor faisait souvent les frais. Les funérailles particulières étaient dites funus tacitum. Le mot sepultura désigne l’acte d’ensevelir, justa les solennités funéraires, et exsequiae le convoi et la pompe funèbre.

4. Le mort était porté au bûcher sur un lit funéraire ( lectica ), ou dans un cercueil (sandapila, area), par quatre mercenaires nommés vespillones L’ancien usage était de célébrer les funérailles pendant la nuit pour ne pas rencontrer de magistrats ou de prêtres que la vue du mort souillerait1 2 3. Plus tard, on ensevelit aussi en plein jour, mais on continua de se servir de torches. Des joueurs de flûte, des trompettes, des pleureuses ( praeficae ), les affranchis du mort, les images de ses ancêtres, s’il était noble, précédaient ou suivaient le convoi. La loi des XII Tables limita à dix le nombre des joueurs de flûte, restreignit le luxe des funérailles et les démonstrations de la douleur5; mais ces prescriptions furent mal observées. Les premiers jeux de gladiateurs furent donnés par les fils de Decimus Brutus pour apaiser les mânes de leur père (264) : ces spectacles cruels, venus d’Etrurie, passèrent dans les mœurs.

5. Les XII Tables défendaient d’ensevelir dans l’intérieur de la ville ; on plaçait les tombeaux sur les routes, afin que les mânes ne fussent pas isolés après la mort et pussent recevoir les bonnes paroles des passants, dont les épitaphes appelaient l’attention ( siste , viator ; aspice , viator). Les puticulae étaient une sorte de fosse commune située sur le champ Esquilin, où l’on enterrait les pauvres et les esclaves4 : Mécène fit assainir ces lieux et les transforma en jardins5. On appelait bustum, par opposition à Yustrinum ou terrain public, une place vide, située dans l’enceinte de la tombe, où l’on brûlait les morts d’une même famille.

6. Le bûcher ( roegus , pyra) s’élevait en forme d’autel6 à 60 pieds de distance de tout édifice7 8 : on y plaçait le corps et le lit, on ouvrait les yeux du morts, et les parents allumaient le bûcher avec une torche en détournant les yeux ( aversi ). On brûlait avec le mort ses vêtements et ses insignes, des parfums, de l’huile, des mets ( (lapes )9, parfois ses animaux favoris. Les gladiateurs, victimes substituées aux prisonniers et aux esclaves qu’on immolait autrefois, s’appelaient bustuarii 10 11.

7. Les ossements et les cendres étaient recueillies dans une urne, faite de terre, d’airain, d’argent ou d’or, et déposés ( compositi ) dans le tombeau1'*.

Page 1