‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 568 sur 591 · HERCULE ET CACUS · texte numérisé non relu

HERCULE ET CACUS

des éléments s’appellent Indra (l’air), Âgnis (le feu), Varunas (le ciel)1. Le jour (plus tard le soleil) se nomme Mitra, la terre Prilhivi. Toutes les divinités lumineuses, ou dêvas, ont pour mère Aditi (l’Infini, selon Max Mtiller), et sont en lutte avec les Asnras, ou démons des nuages. Les divinités de la tempête sont les Maruts, au nombre de 180. — On a proposé d’identifier Hermès et Saramêyas*, Athéna et Ahânâ*, Erinys et Saranyûs 4, Bellérophon et Vritrahân 5, les Centaures et les Gandharvas 6, etc.

Dans ce qui suit, je donne quelques exemples de mythes expliqués par la mythologie comparée ; le lecteur jugera où la science certaine finit, et où la fantaisie commence.

Hercule et Cacus. — Dans les Védas, Indra est le berger d’un troupeau de vaches célestes de couleur éclatante. Vritra, monstre à trois têtes, à forme de serpent7, attire à lui le troupeau et l’enferme dans son antre. Indra, s’apercevant de la fraude, poursuit le brigand, force l’entrée de la caverne, la frappe des coups répétés de la foudre, et ramène au ciel les vaches dont le lait tombe à flots sur la terre8. Tel est le drame védique de l’orage, et l’origine du mythe italique de Cacus rapporté par "Virgile. Aristote, cité par Aulu-Gelle, parle d’un vent nommé Caecias, qui a la propriété d’attirer à lui les nuages par une

que les Romains expliquaient par un événement supposé du règne de Romulus. — Héra, la Junon grecque, ne se rattache pas étymologiquement au latin liera , ni à éja, terre, ni à àr.j, mais au sanscrit svar , ciel.

1. C’est le grec oùçavôç. Hésiode dit de lui ( Théog ., 127) qu’il couvre tout, wâvxa xaMimi. Or, Varunas vient de var, couvrir. Dans les Védas, Varunas est surtout le firmament nocturne, opposé au jour, Mitra. — Bergaigne (R. C., XIII, 401) met en doute l’identification de Varunas et d’oûpa.d;.

2. Quand Indra s’aperçoit que les vaches célestes lui ont été dérobées, il envoie à leur recherche la chienne Sararnâ (le vent qui hurle dans la tempête). Saramd a deux petits^ les Saramêyau, dont l’un s’appelle Çabalas( le tacheté). Kuhn a reconnu dans le chien Saramcyas, qui découvre les retraites cachées, conduit les âmes aux enfers, préside au sommeil et guérit les maladies, le dieu grec Hermès. Quanta Çabalas, il se retrouve sousjle nom de Cerbère dans le royaume de Pluton. — Welcker avait déjà rapproché éçn.î[ç de et Kuhn voit dans Saramâ l’orage ; mais Max Muller veut y reconnaître l’Aurore.

5. La brûlante , dans les Védas, épithète de l’Aurore. (Max Miiller, Nouv. leç., Il, p. 252.)

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