DIEUX ET DÉESSES
s’esl enrichi et altéré au contact des races étrangères1. Sur le sol même de la Grèce, l’Aryen a trouvé les vieilles divinités pélasgiques, auxquelles il a dù créer une place à côté des siennes. La grande invasion des dieux de l’Asie en Grèce ne date que du quatrième siècle; mais elle s’est annoncée de très bonne heure, et l’âge d’or du polythéisme grec est l’époque d’Homère. La mythologie d’IIésiode est déjà savante : l’esprit d’ahstraclion a construit des généalogies, tracé des cadres fixes et rempli par des noms nouveaux les vides laissés par le silence de la tradition2 3.
Dieux et déesses5. — 1. Zeus-Jupiter (rac. div, briller) n’est pas seulement la plus puissante des forces naturelles : il est le principe d’ordre et d’équité dans le monde. Son plus ancien sanctuaire est Dodone. — 2. IIéra (Junon), dont le nom dérive du sanscrit svar, ciel. — 3. IIéphaistos (Vulcain), dérivé tantôt de oâo, cpaivto, tantôt de <xtztiù. — 4. Athéné (Ahânâ, Minerve) a pour demeure l’Acropole d’Athènes : il y avait deux traditions sur sa naissance. Les uns la faisaient naître de l'Océan, d’où le culte particulier dont elle était l’objet sur le bord des fleuves et des lacs, comme à l’ancienne Alalcomène, sur le lac Copaïs. La deuxième légende, qui la fait naître de Jupiter, est racontée dans Hésiode et surtout dans l’hymne homérique à Minerve. — 5. Apollon (forme archaïque ’AttX&Ov, en Thessalie) est le dieu de la lumière et diffère de Hélios (rac. us , brûler), le dieu du soleil, avec lequel il s’est bientôt confondu4. ’AiréXXwv est probablement synonyme de ’AXe^txajcoç (à7rsXXw=:à7vêip^w). Ooïêoç se rattache à la racine de <pw?, lumière. Les Romains reçurent cette divinité des Grecs, et le premier temple d’Apollon ne fut élevé à Rome qu’en 430 (Lite Live, 4, 25, 29). — 6. Poséidon (Neptune) est identique au sanscrit idaspati = le maître des eaux. — 7. Déméter (Gérés) est la Terre-Mère = pi p-nirvip : elle appartient au culte pélasgique. — 8. Artémis (Diane), d’un caractère lunaire à l’origine; le nom ne semble pas aryen5. — 9. Arès, dérivé de ar, atteindre (?), parent du
1. On considère le Panthéon grec, tel qu’il est connu des mythologues, comme la réunion des différents cultes particuliers aux tribus helléniques. Mars est le dieu thrace, Apollon est dorien, Hermès est arcadien, Junon argienne. — Voy. Alex. Bertrand, les Dieux protecteurs dans l'Iliade , 1858. Le système unitaire de l’Olympe s’est peut-être formé sous l’influence de l’amphictyonie de Delphes. (Otfr. Müller.)
2. Homère 11e connaît que deux Titans, Japet et Cronos, et ne les nomme qu’une fois (II., 14, 278); Hésiode en connaît douze. Les Cyclopes ne sont pour Homère qu’un peuple de géants pasteurs, sans rapports avec Vulcain. Mnémosyne, la Victoire (INiké) , Némésis, la Pudeur, divinités d’un caractère un peu vague, n’existent pas pour Homère ou ne sont encore que des abstractions. 11 11e sait pas les noms des Heures, des Grâces, des Moires, des Parques, etc. Voy. Naegelsbach, Théologie homérique , 2* éd., 1861 (ail.).
3. 11 y a douze grands dieux et déesses, mais on n’est pas d’accord sur leurs noms. L’autel Borghèse, dont l’original peut remonter aux guerres médiques, les représente groupés par couples comme il suit : Jupiter et Junon, Neptune et Gérés, Apollon et Artémis, Vulcain et Minerve, Mars et Vénus, Hermès et Ilestia.
4. Suivant Otfr. Muller; on a soutenu depuis que la nature primitive d’Apollon était solaire. En ce cas, Lycurgue (),ux-Fsçyo.;), héros lumineux, serait à Apollon ce que Zoroastre esta Ormuzd, c’est-à-dire un doublet. — Latone enfante Apollon près d’un palmier (<po ïvi£); mais ce mot signifie aussi rouge , ainsi que la teinte purpurine dont le ciel sc colore à l’Orient. (?) Lejeune dieu s’avance sur les rochers comme la lumière du soleil levant sur les cimes, etc.
5. Je crois, avec Donaldson ( Varronianus , p. 59-63), qu’on peut l’expliquer par le scy-
thique. = ’Aptiixitaia, la Vénus scythique selon Hérodote, 4, 59 ; or tami doit signi-