GENÈSE DU CHRISTIANISME
souvent confondus avec les autres divinités tutélaires, paraissent toutefois plus étroitement unis aux choses et aux lieux1, aux femmes depuis le moment de leur naissance, etc.2. — Les lares, analogues aux héros grecs5, et qui sont publics ou domestiques, paraissent èlre les mânes des ancêtres élevés au rang de héros et attachés à la maison4. — Les mânes5, esprits des morts considérés comme divinités protectrices de la famille0, et par suite presque identiques aux lares, habitaient sous terre et sortaient trois fois par an, lorsque l’on ouvrait sur le comitium à Rome une fosse appelée mundus"1 . D’après saint Augustin8, le nom de mânes est une désignation générale pour les esprits, les lares désignant les bons et les lémures ou larves les mauvais. — Les pénates 9 sont les dieux du foyer, qui président à l’approvisionnement 10.
3° Les héros, sémones, indigètes. — Les sémonesli sont dos dieux moyens 12 : on comptait parmi eux Priape, llippona, Vertumnus, Pan, Faunus, Fatua, Silvain, Pomone, Flore, Pilumnus, Robigus, Laverna, Yacuna, etc. ; les nymphes, les divinités des fleuves, etc. Le Semo par excellence ( Semo Sancus) 13 était une divinité sabine qui avait un temple surleQuirinal. — Les indigetes 14 désignent des dieux inférieurs de création récente, personnages fabuleux tels que Picus, Faunus, Janus, Enée, Evandre, etc., qui passaient pour avoir vécu dans le Latium. En leur qualité de héros nationaux et locaux15, ils ont quelque analogie avec les lares et les pénates.
4° Les dieux collectifs inférieurs de la nature, faunes, silvains, lymphes, virae (vires). Ils paraissent surtout au service des dieux supérieurs.
Génèse du christianisme 10. — Nous avons vu que le paganisme aryen
dans ces deux vers d’Ennius : « Juno, Vesta, Minerva, Ceres, Diana, Venus, Mars — Mercurius, Jovis, Neptunus, Vulcanus, Apollo. »
4. Serv., acl Georg., 1,302 : « Genius loci, vclrei, velhominis. >< Cf. adAen., 5, 95 : « Nullus enim locus sine genio est, qui per anguem plerumque ostenditur. » Ce serpent, personnification du génie local, est décrit par Virgile ( l . c.).
2. « Le génie, dit Ilartung, est un second moi intellectuel, qui accompagne le moi corporel. » Les femmes appelaient leur génie Junon. — Plus tard (Serv. ad Aen., 6, 43) on trouve la croyance à deux génies familiers, un bon et un mauvais. Les génies sont généralement représentés sous la forme de jeunes gens ailés. (Schômann, de Manibus, Laribus, Geniis, 1840.)
3. L’étrusque lar signifie ^w;.Voy. Hertzberg, Lares et Pénates, 1840; Fustel, Cité antique, p. 20.
4. Denys, 4, 2, traduit lar familiaris par 6 xa-c’ oîxt'av îjoo,-.
5. Varr., L. L., 6. 4 : « Bonum antiqui dicebant manum. » Même racine que (Aixaje; ?
6. Lois des Douze Tables : « Sos leto datos divos habento. » D’où la formule inscrite sur les tombeaux : D. M. S. (dis manibus sacrum).