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COLLECTIONS DE TEXTES

La Revue critique *, YAcademy ou le Centralblatt peuvent suffire pour faire connaître le mouvement philologique en général.

Collections de textes, traductions. — Les auteurs grecs ont été réunis par Didot, avec des trad. latines, parfois faites sur un texte autre que le grec en regard (Thucydide), ou obscures (Démosthène de Vœmel), ou inintelligibles (Eschyle d’Ahrens). Il faudrait une bonne fois renoncer à ces trad. latines, qui permettent d’imprimer et de traduire ce qu’on ne comprend pas, en rendant obscurum per obscurius. Nous attendons une collection d’auteurs grecs comme le Dion Cassius grec-français de Gros (Didot). — Les trad. françaises d’Homère par Giguet, de Thucydide par Zévort, de Démosthène par Dareste, méritent les plus grands éloges. La dernière édition du Sophocle-Artaud est assez exacte, et l’Eschyle de Pierron plaisait à Victor Cousin, par sa saveur Eschyléenne.

Les écrivains byzantins traduits, très librement, mais en bon langage, par le président Cousin, ont été réunis (gr.-lat.) dans la Byzantine du Louvre et, plus complètement, dans la Byzantine de Bonn, « honte durable de la philologie allemande », avec des trad. latines souvent misérables. On les trouve, ainsi que tous les écrivains ecclésiastiques latins et grecs, dans la Patrologie de Migne, immense recueil fait par un travailleur intrépide, qui eut la douleur, son œuvre presque achevée, de voir un incendie dévorer ses collections (1868). La plupart des 500 vol. de Migne sont des réimpressions, assez incorrectes parfois, mais bien moins qu’on ne l’a dit : les trad. latines sont celles des anciens éditeurs, et quand ces éditeurs sont les bénédictins (édit, de saint Basile, saint Chrysos tome), on ne s’étonnera pas de les trouver admirables.

Pour traduire un texte ou pour le citer, il faut avoir recours à la collection de textes grecs et latins sans notes publiés par Teubner ; la plupart sont excellents. L'ancienne collect. C. Tauehnilz, du même genre, est bien moins bonne. — Weidmann, à Berlin, et Bell, à Londres, publient deux collections annotées de classiques latins et grecs.

Deux collections complètes des auteurs latins, avec commentaires en latin, ont été publiées en France : la première ad usum Delphini , très bien réimprimée à Londres, 1821, 178 vol.; la seconde, entreprise par Lemaire, sur les conseils de Louis XVIll, et dont on n’a pas assez reconnu les grands mérites (154 vol.). Il existe deux autres collect. avec trad. françaises en regard, la première, dite Collect. Panckoucke, 174 vol. la plupart très médiocres (excepté Lucilius, Horace, Ausone, et quelques vol. de Cicéron et de Tacite) ; la seconde dite Collect. Nisard, 25 vol. d’un prix plus accessible, et bien supérieure à la précédente. — Le Salluste de Moncourt, le Tacite de Burnouf, le Lucrèce de Crouslé, sont des spécimens de traduction fidèle et élégante. Mais ces modèles ont été très peu imités. Il serait à souhaiter qu’au lieu de retraduire Horace, et surtout de le mettre en vers, les latinistes employassent leurs loisirs à faire passer dans notre langue beaucoup d’écrivains de la littérature chrétienne (saint Paulin, Fortunat, etc.,) plus dignes qu’on ne pense de cet hommage qui leur reste encore dû.

1. Elle publie sur la couverture des analyses des périodiques étrangers.

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