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ENCRES, FORME DES MANUSCRITS

game du temps d’Eumène1. En cousant ensemble plusieurs peaux, on formait, même au moyen «âge, des rouleaux énormes : l’enquête contre les Templiers a 70 pieds de long. La blancheur, jointe à la finesse, indique un parchemin antérieur au douzième siècle. Les parchemins pourprés2 * 4 étaient fabriqués dès le temps de Pline : le secret s’en est perdu au neuvième siècle. — Le vélin n’est qu’un parchemin plus fin, préparé avec des peaux de veaux.

Le Papier de chiffe, introduit au treizième siècle, devient d’un usage courant au quatorzième. Le Papier de coton se montre dès le dixième.

Encres. L’encre pâle n’indique pas toujours un manuscrit ancien : les lettres de Voltaire sont jaunes, et l’encre de Pascal n’a pas changé. L’encre d’argent et l’encre d’or s’employaient souvent sur les vélins pourprés 5 6.

Instruments. Pour espacer les raies horizontales qui portent l’écriture, le scribe se sert d’un compas à l’aide duquel il perce dans le parchemin des trous qui fixent la position de la règle ; deux raies verticales marquent les extrémités des lignes. Les raies se traçaient avec le style, plus tard au crayon ou à l’encre, L'encrier*, le pupitre, le canif, la pierre à aiguiser, la boîte a poudre, Y éponge 5 (pour enlever l’encre encore humide) n’ont pas besoin d’être décrits.

On écrivit d’abord avec la canne ( calamus ) ou le roseau ( arundo , juncus)G. Les plumes d’oie, de paon, etc., remontent aux premiers siècles de notre ère 7.

Forme des manuscrits. — La forme la plus ancienne est le rouleau. L’écriture est divisée en colonnes parallèles aux longs côtés. Dans la colonne du titre ou à la fin du rouleau, on écrit le nombre des lignes8, sans doute pour servir à fixer le prix dû aux copistes. Les scribes postérieurs ont répété ces chiffres, ce qui est fort important pour découvrir les interpolations.

1. Pline raconte (15,70) que lorsque Eumène II, roi de Pergarae (197-159) formait sa bibliothèque en concurrence avec Ptolémée, celui-ci, par jalousie, défendit d’exporterie papyrus. Alors, selon Varron, le parchemin fut inventé; ce n’est pas exact, car l’habitude d’écrire sur des peaux d’animaux était ancienne en Perse et en Ionie (Ilérod., 5, 58). Cf. Peignot, llist. du Parchemin et du Vélin , 1812, et Géraud, les Livres dans l'antiquité , 1810. — Le parchemin avait sur le papyrus l’avantage de recevoir l’écriture des deux côtés. Par là, on pouvait réunir dans un seul tome (veu^o;, codex ) des ouvrages considérables. (Martial, 14, 90). Ces cahiers remplacèrent de bonne heure les anciens rouleaux.

2. Surtout en vogue à l’époque impériale. Capitolin raconte (Maxim., -4) que lorsque Maximin fut confié à son premier maître, une parente lui fit don d’un exemplaire d’Homère écrit en lettres d’or sur parchemin pourpré. On montre à Vienne une partie de la Genèse sur parchemin pourpré, en lettres grecques capitales d’or et d’argent, avec 48 images. I.e Codex argenteus (Upsal), contenant une partie de la traduction de l’Évangile par Ulphilas, est écrit de même en caractères d’argent sur parchemin pourpré, lia été relié en argent massif.

5. L’encre est généralement noire (;ju7.av, atramentum lihrarium) et d’une très bonne composition jusqu’au xnr siècle, où elle pâlit souvent. L’encre rouge (|*eXàviov xêxxivov, minium) servait d’abord pour l’ornementation des manuscrits et les initiales.

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