CEN MES D’ÉCRIT U
faites du quatrième au milieu du sixième siècle, c’est-à-dire à une époque où le paganisme mourant, mais soutenu par une aristocratie lettrée et fière de ses traditions, livrait au christianisme vainqueur un dernier combat, derrière son rempart le plus puissant, la littérature profane.
Écritures grecques. — Il y a quatre sortes d’écritures grecques : la capitale, Yonciale, la cursive et la minuscule.
Capitale. — C’est l’écriture des inscriptions, des monnaies, des titres et des lettres initiales dans les manuscrits.
Onciale1. — C’est l’écriture de nos plus anciens manuscrits : elle se rapproche de la capitale moderne. Les esprits et les accents sont généralement omis2 * : Yiôta n’est pas souscrit , mais ascrit (en bas, à droite de la lettre5).
Cursive. — Au début assez semblable à l’onciale, elle s’en éloigne de plus en plus. On la trouve usitée dans des manuscrits du deuxième siècle avant Jésus- Christ, jusqu’au septième siècle de notre ère. Le Louvre possède les plus anciens de ces documents, provenant de l’Egypte.
Minuscule. — C’est l'écriture dominante depuis le neuvième siècle. Elle ressemble à l’écriture des éditions grecques du quinzième et du seizième siècle, mais elle admet encore plus de ligatures surtout depuis le treizième 4.
Écritures latines. — On en distingue quatre principales : la capitale , Yonciale , la cursive, la minuscule.
Capitale. — C’est l’écriture des monnaies. Un poème sur Aclium (de Rabirius?), trouvé à Herculanum, est en capitale. Le Prudence de Paris (vie s.), les Virgiles de Florence (v° s.) et du Vatican, appartiennent à cette classe. La capitale reparaît dans quelques manuscrits carlovingiens5.
Onciale. — Elle se développa de bonne heure ’a côté de la capitale. On la reconnaît aux formes rondes des caractères , notamment de l’U. Elle dura jusqu’au neuvième siècle et atteignit sa perfection au quatrième siècle, date du palimpseste de Tite Livc à Vérone.
Cursive. — C’est l’écriture des inscriptions populaires tracées sur les murs dePompéi6. En se transformant avec le temps7, elle donna naissance à plusieurs
1. Les mots unciales lillerae (mot à mot, hautes d’un pouce) paraissent pour la première fois dans saint Jérôme: c’est peut-être une mauvaise lecture de initiales litterae qui adonné à la paléographie ce terme bizarre. — Il reste quelques papyrus en onciale de l’époque alexandrine, notamment le XXIVe livre de Y Iliade découvert à Éléphantine; un fragment d’Alcman, trouvé entre les jambes d’une momie et édité par Egger, 1855; et les papyrus d’Ilerculanum, dont 11 vol. (en très grande partie inintelligibles) ont paru, 1793-1855. Notre cabinet des médailles possède des tablettes de cire trouvées sur une momie contenant des comptes écrits en onciale.