SIGLES, PONCTUATION
sortes d'écritures de meme famille, dites cursive lombarde , wisigolhique , mérovingienne. L’écriture irlandaise, transportée plus tard à Würzbourg, Fulda, Luxcuil et Bobbio, s’est développée de l’onciale parallèlement à la cursive.
Minuscule. — Elle se forma vers la fin du huitième siècle dansl’école d’Àlcuiu à Saint-Martin de Tours et atteignit sa perfection au douzième siècle. Très régulière , avec peu d’abréviations, elle a servi de modèle aux premiers fondeurs de caractères en Italie.
Sigles, signes de correction, exponction, etc. — 1. Les sigles (pour sigilla , dimin. de signa), fréquents surtout dans les manuscrits ecclésiastiques, sont la grande difficulté de la lecture. Un M initial peut signifier jusqu’à 90 mots différents1. Les abréviations sont plus rares dans les très anciens manuscrits2.
2. Les notes tironiennes servaient à transcrire des livres entiers ; on les trouve surtout avant le dixième siècle, époque à laquelle les abréviations proprement dites se multiplient dans l’écriture ordinaire5.
5. La noncluation est très capricieuse. Les copistes s’en déchargeaient sur les correcteurs, qui la négligeaient souvent. Au sixième siècle, on commença à séparer les mots et à placer les points suivant les règles d’Aristophane de Byzance4. On trouve la virgule, le point, le triangle de points; le point a souvent la valeur de la virgule, et inversement.
4. Quand le copiste ne pouvait plus effacer avec l’éponge, il barrait le mot à supprimer ou plaçait deux points en dessous ou au-dessus. Deux points perpendiculaires marquent qu’un mot omis est renvoyé à la marge ou en interligne. La diplé (<) signale un passage remarquable8. L'obèle (petite pique) est un signe de critique indiquant une interpolation, un passage réprouvé6. — On nomme réclame un mot qu’on voit au bas d’une page et qu’on réitère au commencement delà page suivante pour faire connaître l’ordre des feuilles, et signature une lettre ou un chiffre que l’on mot au bas du verso du dernier
l 'écriture mixte ou dcmi-onciale. — L’écriture gothique ou scolastique paraît au xni' siècle. Elle est facile à lire, et se reconnaît à ses formes anguleuses.
1. Wailly, Élém. paléogr. lat., I, p. 415. — X signifie Christus même dans les manuscrits latins. En général, un petit trait tient lieu des lettres supprimées.
2. Dans le Virgile-Médicis (ve s.) on trouve déjà Q pour que, etc. Vov. Wattenbach, Chassant, et Wailly, qui donne environ 1500 sigles. Le Lexique diplomatique de Walter contient 220 planches d’abréviations. Beaucoup sont personnelles aux copistes.
3. Carpentier, Alphab. Tironianum. L’élude des lettres mnnogrammaliques, enclavées, etc., peut se faire dans Wailly, ib., t. IL, ou Silvestre, Paléographie.
4. Point en haut, point en bas, deux points. — Dans le fragment de Rabirius (Vol. lierait.), les mots sont séparés par des points comme dans les inscriptions. Même après le vr siècle, les mots, en général, ne sont pas séparés ( scriptio continua), ce qui rend le déchiffrement assez pénible.
5. De même, une ancre, ou .•. ou X ( //yr^-zô;) ou £2 (tôçaïoî). L’ancre renversée désigne un passage inconvenant.
6. La cruphia, demi-cercle avec un point au milieu, indique un passage obscur ou incompris. L’astérisque, dans les manuscrits de Platon, marque la conformité des dogmes: une l cursive en marge traversé par un .s en forme de croix, indique des choses qu’il faut prendre au sens mystique. — Toutes ces notions sont dues aux bénédictins, Traité de Diplomatique (un chef-d’œuvre).