DESTIN DES LIVRES
feuillet de chaque cahier pour indiquer l’ordre et s’assurer que les cahiers sont au complet1. Un cahier peut renfermer 12 feuillets, plus souvent 2 (binio), 5 ( lernio ), 4 ou 5 (; quaternio , quinio ). Dans l’antiquité, le grand format était réservé aux ouvrages d’histoire, le petit aux poésies et aux lettres.
Age des écritures. — Si le manuscrit (latin) est tout entier en capitale, il est antérieur au huitième siècle, et silesmots ne sont jamais séparés, auseptième siècle2. Les manuscrits en onciale sont généralement antérieurs au huitième siècle. La capitale parait dans les titres au huitième siècle. Les formes raides dénoncent une basse époque, où les scribes avaient déjà perdu l’habitude de l’onciale. La minuscule domine après le neuvième siècle : le grand nombre d’abréviations indique le onzième siècle3. Au quinzième siècle, la minuscule italienne est toute semblable aux caractères d’impression. Dans la cursive, la hardiesse et l’aisance des ligatures indiquent l’antiquité [cursive romaine). La cursive mérovingienne est pénible.
Le destin des livres. — Les manuscrits grecs et latins que nous possédons sont presque tous postérieurs à Père chrétienne et môme à la chute de l’empire d’Occident. La littérature grecque nous a été conservée par les Byzantins, à qui l’on néglige trop souvent de rendre justice. Pendant les siècles les plus sombres du moyen âge, Byzance apparaît comme un centre de culture intellectuelle où se transmettent les enseignements de l’époque gréco-romaine et le culte de l’ancienne littérature altique.Nos scholies, nos lexiques, dont beaucoup témoignent d’une réelle science, datent de la période byzantine. Malgré la corruption delà langue écrite et parlée, Thucydide et les Attiques trouvent jusqu’à la fin des imitateurs. Anne Comnène connaît Platon, Homère, Sapho, et recherche la manière de Xénophon. Des écrivains récents, Rambaud, Paparrigopoulo, Bikélas, ont fait d’intelligents efforts pour défendre contre des préjugés ignorants cette civilisation orientale si calomniée.
Quant à la littérature latine, on peut dire que c’est à Charlemagne que le monde doit de l’avoir conservée. La plupart de nos manuscrits, ou les archétypes de ces manuscrits, datent de l’époque carlovingienne, et ont été copiés sous l’influence de celle renaissance passagère, mais bienfaisante, à laquelle est attaché le nom d’Alcuin4 *.