‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 96 sur 591 · ORDRE DORIQUE · texte numérisé non relu

ORDRE DORIQUE

les (leux autres italiens1. Ils impriment un caractère particulier à toutes les parties de la construction, mais surtout à la colonne, et, dans la colonne, au chapiteau2.

Dorique. — 1. L’ordre dorique, trouvé par hasard, selon Vitruve, par Dorus, constructeur du temple d’Argos, est le plus ancien des trois ordres grecs3 4 *. La colonne dorique n’a pas de base : elle est conique, renflée, à cannelures, avec échine évasée ( cuvette ) et, sur l’échine, une dalle carrée, dite tailloir ou abaque. En Grèce, elle a moins de six diamètres de haut.

2. La partie supportée par la colonne (entre la colonne et le fronton) s’appelle entablement et comprend trois parties : l’ architrave*, la frise et la corniche. Le larmier est un plafond faisant saillie au-dessus de la frise, à la partie inférieure de la corniche. Dans la frise dorique, le bout des solives que rappelle la pierre est accusé par une table saillante, portant trois entailles en biseau ou (jlijphes, nommées triglyphes. Les intervalles entre les triglyphes restaient anciennement vides8 : ce sont les métopes , bouchées plus tard par une dalle, qui, lisse encore dans les temples de Paestum, porta plus tard des figures. La frise est séparée de l’architrave par une moulure plate, dite ténia, avec six petits cônes rappelant les chevilles (?) nommés gouttes 6.

5. La corniche dorique se compose de trois parties : la mutule , perpendiculaire aux triglyphes; le larmier et la cymaise, moulure qui termine la corniche7.

1. Chipiez, Hist. crit. des origines des ordres grecs , 1876. Trois théories étaient en présence : 1° Une cabane en bois primitive, dont les parties se seraient développées progressivement (Vitruve, la Renaissance, Quatremère). 2° L’art grec dérive des nécessités de la construction de la pierre (Viollet-le-Duc, Klenze). 3° L’art grec est d’origine orientale (Champollion cite les colonnes proto-doriques de Beni-Hassan; Longpérier, les monuments d’Assyrie; Perrot, ceux d’Asie Mineure et l’art lydo-phrygien). — Enfin, Chipiez offre une quatrième théorie. Il remarque que l’architecture métallique, avec supports en métaux, se rencontre dès les plus anciens temps de l’Égypte (tombeaux de Saqqarah). L’emploi primitif du métal explique seul la sveltesse des colonnes et la longueur des architraves. La colonne ne dérive pas du pilier, mais est faite à l’imitation des supports en bois couronnés de têtes de métal. Le système primitif d’architecture, métallique et ligneux, a donné naissance à l’architecture de pierre. Quant aux éléments des ordres grecs, ils sont venus indirectement d’Égypte, de Chaldée et d’Assyrie (R. C., t. XX, p. 374.).

2. Il faut distinguer plusieurs périodes dans le développement de chaque ordre : en général, après la période classique, on voit le diamètre des colonnes diminuer, leur chapiteau se charger d’ornements et la distinction des différents ordres tendre à s’effacer, ce qui se produit surtout à l’époque romaine. Les Grecs n’ont pas connu le style composite, qui, à proprement parler, est plutôt la négation du style.

3. On en trouve le germe déjà développé en Égypte (tombeaux des Beni-Hassan).

4. Pierre horizontale en plate-bande, primitivement la maîtresse-poutre,

3. C’est par ces métopes primitives qu’Oresle et Pylade, dans Y Iphigénie en Tauride d’Euripide, se proposent d’entrer dans le temple de Diane.

6. La métope figure un carré que les Athéniens firent un peu plus haut que large pour qu’il produisît, par la perspective, l’impression d’un carré parfait.

7. Ce modèle du dorique n’a été connu que tard des modernes : sur la foi de Vitruve (qui semble n avoir pas vu le Partbénon) et de Vignole, qui altéra encore le modèle romain, on

s en taisait une idée fort différente. Dans le dorique romain, la colonne s’augmente d’une base que Ion peut faire reposer sur une plinthe carrée (p. ex. au Colisée], et la hauteur de 1 architrave est réduite à un demi-diamètre.

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