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ORDRE IONIQUE

Ionique1. — 1. L’ionique a une hase ronde sans plinthe2. La base ionique dite attique se compose de deux tores ou renflements séparés par une moulure en creux ( scotie ). La hauteur normale est de neuf diamètres (Erechthéion).

2. Le chapiteau contient le trait caractéristique de l’ordre, la volute , où Vi- Iruve voit l’image de deux boucles de cheveux encadrant la coiffure d’une femme dont la tête serait représentée par le chapiteau3. Entre le fût et l’abaque, le coussinet est orné c\e palmettes, tresses, oves et perles. Les cannelures sont plus nombreuses et plus profondes que dans le dorique. L’architrave, pour éviter la lourdeur, est divisée en trois faces , dont la plus haute est surmontée d’une moulure en talon , sculptée en fleurons et feuilles d’eau. La frise n’a ni triglyphes ni métopes.

5. La corniche est composée d’un larmier et d’une cymaise avec oves.

4. La corruption de l’ordre ionique4 5 commença dès l’époque classique, et donna peut-être naissance au corinthien 8.

Corinthien6. — 1. La colonne corinthienne a dix diamètres de haut, une base attique (ronde sans plinthe), des cannelures terminées en feuilles d’eau; le chapiteau se compose de deux rangs de quatre feuilles7. L’abaque est orné d’une palmette ou fleuron au milieu de son échancrure. L’architrave a trois bandes, la frise est très légère, et la corniche porte des denticules rappelant les chevrons.

2. Le corinthien a été le triomphe de l’architecture romaine, qui a poussé jusqu’aux derniers raffinements l’ornementation des colonnes8.

1. On croit que l’ordre ionique est d’origine asiatique : la colonne proto-ionique se rencontre dans les ruines du palais de Persépolis (colonne de 13 diamètres de haut).

2. La base est asiatique, ainsi que les volutes. En Inde, elle est quelquefois plus haute que le lût. (Blanc.)

3. Selon d’autres, les volutes rappellent les cornes de bélier suspendues aux cippes funéraires, les copeaux de bois enlevés en équarrissant le poteau primitif, etc.

4. Les Grecs d’Asie commirent la faute de donner à l’ordre ionique des proportions colossales (temples d’Éphèse, de Cybèle à Sardes, Heraeum de Samos). Ils posèrent les colonnes sur une plinthe carrée, qu’adoptèrent les Romains et Vignole. La base de Vitruve repose sur un socle carré et se compose de deux scoties séparées par deux astragales : la scotie supérieure est surmontée d’un gros tore, de manière que le faible porte le fort, disposition déraisonnable qui se retrouve dans les colonnes de Phil. Delorme au Louvre. (Ch. Blanc.)

5. Dans le temple d’Apollon Épicurios, à Bassae près de Phigalie, Ictinus sculpta des chapiteaux ioniques avec trois volutes sur les faces libres. C’était le premier pas vers le corinthien, le modèle des chapiteaux ioniques à quatre volutes de Pompéi, et du chapiteau moderne à quatre volutes de Michel-Ange et Scamozzi. (Blanc, pass.)

6. Selon Vitruve, l’ordre corinthien fut inventé en 440 par Callimaque, sculpteur de Corinthe. Les Egyptiens avaient déjà imité sur le calice de leurs colonnes la végétation du lotus et du palmier. L’ordre corinthien fut appliqué pour la première fois à Athènes dans le monument choragique de Lysicrate, construit en 335. Dans la Tour des Vents, qui est postérieure, les colonnes corinthiennes sont employées sans base. Il faut remarquer que les Romains ont les premiers donné de grandes dimensions au corinthien, ce qui, à parler rigoureusement, est un contre- sens, les délicatesses du travail échappant au spectateur éloigné.

7. Les premières sont lisses comme des feuilles d’eau, les secondes ressemblent à des feuilles d’acanthe alternant avec des fleurs à corolle étoilée. Au-dessus du deuxième rang des feuilles, le cratère du chapiteau avec volutes, hélices, caulicoles.

8. Sous l’Empire, on donna des plinthes aux colonnes, faute de goût dont les Athéniens étaient incapables. A la feuille d’acanthe sauvage, on substitua l 'acantlms mollis, la feuille

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