Nouvelle académie, Scepticisiine
Tandis que les épicuriens et les stoïciens, désertant la véritable philosophie, avaient résolument transformé une scietice éminemment spéculative en une doctrine de morale pratique, l'école platonicienne s'était laissé envahir par une sorte d'indifférence sur les problèmes métaphysiques, qui ne provenait pas, comme chez les stoïciens ou les épicuriens, de mépris pour les questions, mais de défiance pour les méthodes. Le caractère dogmatique de la philosophie de Platon s'était effacé peu à peu, et l'on s'était attaché de préférence à cette partie de sa doctrine où, recon-
1. Le fondateur de Vépicuréisme est Ëpicure, né 337 ans ay. J.-G. Ses disciples n^ont rien fait d'important Le poëme De la Nature, de Lucrèce, est une exposition, en vers magnifiques, du triste système d'Epicure.
Le fondateur du stoïcisme est Zenon, 340 ans ay. J.'0< Après lui vient Clôanthe, dont l'hymne nous a été conservé ; puis Chrysippe.
Le stoïcisme passe à Home en se transformant. Les idées sur Dieu se modifient; la Providence apparaît, la négation du plaisir et de la douleur est moins obstinée* la morale s'adoucit. Sans admettre l'immortalité de l'&me , les stoïciens romains conviennent qu'elle survit au corps. On compte parmi les stoïciens de cette époque Sénèqoé, Epictète, Ârrien, Karc-Aurèle.
naissant lui-même que la démonstration est impossible, il se borne à chercher la vraisemblance , et semble plutôt proposer des doutes, et exprimer des espérances que construire un système. Lorsqu'il fkllut défendre l'académie contre les rudes attaques des stoïciens, la nécessité de discuter au lieu de dogmatiser ne flt qu'accroître la tendance qui existait déjà à considérer la philosophie bien moins comme un corps de doctrine que comme un exercice de l'esprit , propre à aiguiser les facultés , quelles que fussent d'ailleurs les solutions. Sous cette influence, l'école de Platon se modifia profondément, et devint la nouvelle académie. Arcésilas*, alors à la tête de l'école, ne se borna pas à réfuter les stoïciens, il fut amené à contester eti général l'existence d'un critérium de la vérité, et par conséquent, sans être précisément, et surtout sans vouloir être un sceptique, il mît l'école sur la voie du scepticisme. Carnéade, après lui, s'avança encore plus loin *. A la suite d'une polémique très-subtile et trèsvigoureuse contre Chrysippe, il en vint à nier la possibilité de prouver la réalité objective de la connaissance, et réduisit tout à des vraisemblances. La nouvelle académie ne fut plus dès lors qu'une école probabiliste. La morale seule fut sauvée, ou du moins on mit le devoir sous la sauvegarde d'un certain esprit de prudence et de convenance, et l'on en fit, à défaut des nobles principes de Platon, une sorte de sagesse vulgaire, que des esprits cultivés et honnêtes, comme l'étaient les platoniciens, ne pouvaient songer à abandonner. Ce n'était là toutefois qu'une situation équivoque qui pesa sur les successeurs de Carnéade, Philon de Larisse et Antiochus •. Ils essayèrent de se rattacher à la première académie, et d'atténuer le probabilisme de Carnéade; il en résulta une sorte de pacification des querelles
t. Arcésilas, né 318 on 316 ans av. J.-O.