‹ Manuel de philosophieChapitre 117 sur 129 · Troisième et siocième méditations · texte numérisé non relu

Troisième et siocième méditations

3. Voy. la Réponse à Leroy et la Réponse à la dixième objection de Hobbes.

4. Voy. ci-dessus, dans la Thôodic6e, une exposition complète de la démonstration de Texistence de Dieu par Descartes; et cf. l'Introduction aux OEutres philosophiques de Descartes, par M. Jules Simon, édition de 1844, p. 14 a 24.

5. Voici le sens de ces mots : réalité formelle, réalité objectlTO, réalité éminente, que l'on trouve fréquemment dans Descartes:

Un Être est formellement ce qu'il est; une idée est objectivement ce qu'elle représente. Avoir la réalité éminente d'une qualité, c'est posséder une qualité supérieure, et qui implique l'autre.

me dispense pas d'avoir une cause, car la durée d'une substance n'est que la répétition non interrompue de l'acte par lequel elle est produite. Recourir à mes parents ou à quelque autre cause moins parfaite que Dieu, ce n'est rien expliquer, car d'abord cette cause n'aura pas autant de réalité que son effet, et de plus on pourra démontrer qu'elle n'existe point par elle-même; et comme il s'agit d'une cause actuelle et conservatrice, il ne peut y avoir de progrès à l'infini. Enfin, . plusieurs causes n'ont pas concouru à ma formation et ajouté chacune l'idée de quelque perfection à la notion que j'ai de la perfection que je lui attribue; car l'unité et la simplicité est le principal caractère de la perfection de Dieu. Ainsi donc de cela seul que j'existe, et que l'idée de Dieu est en moi, l'existence de Dieu est démontrée ^ — 3** L'idée ou l'essence de Dieu implique l'existence; donc il y a identité entre concevoir l'idée de Dieu et concevoir clairement que Dieu est. Il n'y a pas moins de répugnance de concevoir un Dieu, c'est-à-dire un être souverainement parfait, auquel manque l'existence, c'est-à-dire auquel manque quelque perfection, que de concevoir une montagne sans vallée*.

Les autres applications de la méthode de Descartes ont moins d'importance. Il admettait la réalité du monde matériel, mais non pas directement sur la foi de nos facultés perceptives, car, disait*il, un esprit malin pourrait me tromper, et produire en moi ces illusions. Il l'admettait comme une conséquence de la véracité de Dieu, qui ne peut nous avoir créés pour être le jouet d'une illusion perpétuelle. Il pensait que le monde ne persiste pas par sa propre force, mais que Dieu lui communique incessamment l'être, de sorte que la création est continue; il se trompait par conséquent sur la nature de la substance, et expliquait tous les mouvements par des lois mécaniques; de là, cette phrase célèbre : « De la matière et du mouvement, et je ferai le monde '• » De là aussi, les erreurs de ses successeurs sur

1. Principes y 20et21.^Voy. la Religion naturelle par M. Jules Simon, I'* partie, cbap. 1*'.

Page 1