‹ Manuel de philosophieChapitre 116 sur 129 · Cinquième méditation · texte numérisé non relu

Cinquième méditation

tinctement aperçu qu'il était vrai Ml ne 8'agit plus que de tirer parti de ces prémisses.

Voici d'abord comment Descartes conclut l'existence de Dieu, de l'existence de sa propre pensée '. Je suis , dit-il , et je suis pensant. Je prends pour certain que j'ai en moi certaines pensées ; mais il me reste à savoir si ces pensées représentent des objets réellement existants, ou si elles ne sont que des chi* mères. Parmi ces idées que j'ai en moi, il en est que je conçois par cela seul que je pense (idées innées) ; d'autres (idées adventices) paraissent se former en moi à l'occasion des objets qui se rencontrent ; d'autres enfln (idées factices) sont volontairement produites par moi-même \ Arrêtons-nous d'abord k l'idée de Dieu, qui est assurément une idée innée, et de toutes la plus importante. De cette seule idée qu'il trouve en lui, Descartes tire, par trois démonstrations différentes, la réalité même de Dieu \

— !• J'ai en moi l'idée de Dieu. Par le nom de Dieu, j'entends une substance infinie, éternelle, immuable, indépendante, touteconnaissante et toute -puissante. Or cette idée ne peut tirer son origine de moi-même qui ne suis qu'une substance finie et qui n*ai pas même la perfection en puissance. L'être objectif d'une idée ne peut être produit que par un être formel : et il y a pour le moins autant de réalité dans la cause que dans son effet'.

— 2*» Je suis et j'ai l'idée de Dieu, donc je ne suis pas l'auteur de mon être ; car je me serais donné toutes les perfections dont j'ai en moi quelque idée, m*étant déjà donné de toutes les choses la plus difficile à acquérir, qui est à savoir, la substance. Si Ton suppose que j'ai toujours été ce que je suis maintenant, cela ne

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