‹ Manuel de philosophieChapitre 17 sur 129 · CARACTÈRES PROPRES ET ATTRIBUTS DE LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

CARACTÈRES PROPRES ET ATTRIBUTS DE LA VOLONTÉ

1 . Je veux mouvoir mon bras ; il se meut. Dans ce fait bien simple, il faut pourtant distinguer deux éléments : d'une part, le mouvement du bras, qui est l'effet; d'autre part, la résolution volontaire, qui est la cause. L'un s'accomplit dans l'étendue ; il est une modification de mon corps ; c'est par la vue, c'est par le toucher des objets que l'organe rencontre en se mouvant, que je l'aperçois et que je le mesure; ou si, même dans l'obscurité et dans le vide de l'air, je continue d'en être informé, c'est par une sensation spéciale, résultant de l'état de tension de mes muscles, et que j'ai, par induction, associée au mouvement de l'organe; c'est, comme on dit, par le sentiment de l'effort. L'autre élément du même fait, la résolution, est au contraire tout interne et purement psychologique ; c'est la conscience seule qui en témoigne, et qui en apprécie l'énergie, le sens, la durée. L'action extérieure suit la résolution et en provient, mais elle ne la constitue pas. La résolution aurait pu être prise, sans que Faction suivit, si le bras, par exemple, eût été frappé de paralysie ou fixé par des chaînes ; elle demeurerait cependant entière, et n'y perdrait que la dénomination purement extrinsèque d'efficace. Or, c'est le fait seul de la résolution, circonscrit dans le cercle de la conscience, qu'il s'agit d'étudier ici.

Cette résolution, je l'ai prise, sachant que je pouvais ne pas la prendre; je la continue, sachant que je pourrais l'interrompre.

Page 1