‹ Manuel de philosophieChapitre 7 sur 129 · CARACTÈRES DE LA SEKSIBILITÉ · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DE LA SEKSIBILITÉ

ProTÎdence qni Teof par la sensibilité nous conduire à notre Gn n'a eneore accompli, pour ainsi dire, que la moitié de sa tâclie. Il faut encore qu'elle aide la rolonté, qu'elle nous adoucisse la fatigue de l'effort, ou même au besoin l'épargne tout à fait à notre paresse. Elle 7 a pourvu par les propriétés stimulantes qu'elle a attachées à la joie et à la douleur, et qui forment comme un second caractère essentiel de la fonction que je décris. Le plaisir et la peine émeu/ventj comme on dit. Ce n'est pas là une simple métaphore ; c'est l'expression exacte d'un fait trèsréel et très-connu. En effet, chaque espèce de peines et de plaisirs engendre l'action, et détermine dans les membres et dans les organes ou, selon le besoin, dans l'esprit, des opérations et des moutements rapides et sûrs qui vont d'eux-mêmes au but. Quelquefois , ce n'est qu'un simple commencement et comme un enlratnement à l'action ; il faut que la volonté suive et s'en mêle ; souvent ce sont des actes si prompts et si violents que toute la puissance de la volonté ne suffirait pas à les contenir. L'objet agréable nous attire à soi , l'objet nuisible nous repousse et nous écarte. Le malaise du besoin fait entrer en jeu tous les ressorts actifs de notre constitution, et, le mouvement commencé, le plaisir l'entretient , la satiété l'arrête. Il n'y a pas une modification du plaisir ou de la peine qui ne soit douée de cette vertu active et efficace qui est, en conséquence, une propriété inhérente à la sensibilité et on des caractères constitutifs de cette fonction. De là, outre les noms de sentiments ou de passions, par lesquels on désigne le caractère affectif de cet ordre de phénomènes, les noms de penchants, d'insfInctSy de tendances primitives, A'inelinaHons ^ d'oppétitft, de mobiles par lesquels on désigne leur côté actif.

Faat*il , eormne on l'a fait souvent , séparer ces deux choses , le sentiment et l'instinct, et faire de nos penchants une classe de faits humains, de nos affections une autre? Nous ne le pensons pas; en effet, l'insttnct n'est jamais autre chose qu'une activité déterminée , entretenue , arrêtée par la peine ou le plaisir, et , d*autre part, il n'y a pas de sensations ou de sentiments sous l'influence desquels cette activité que l'on qualifie d'instinctive ne se

mette en exercice. Ce ne sont donc là , sous des noms différents, que les faces diverses d'un même phénomène complexe , que les moments successifs, mais inséparables, de la manifestation d'une faculté unique de notre nature. D'un autre c6té, il ne faut pas non plus , par un abus semblable de l'abstraction , regarder ce que nous appelons les tendances primitives de la nature humaine comme une classe à part de phénomènes ou de principes, comme quelque chose de spécial, ayant une existence propre et indépendante des autres facultés de notre nature. Nos facultés tendent naturellement à leurs objets; elles y tendent, c'est-à-dire elles agissent, se fixent, se concentrent pour les obtenir; voilà le fait dans sa simplicité. Les philosophes, et avant eux le vulgaire, ont remarqué et généralisé ce fait, et concluant, ici comme toujours, de l'action à une puissance d'agir, ils ont donné à cette puissance de tendre, le nom de tendance ou de penchant. Qu'est-ce donc qu'une tendance? c'est une faculté tendant à un objet, ou plutôt c'est cette faculté considérée comme capable d'y tendre ; c'est par exemple le corps humain tendant vers la nourriture , l'intelligence vers la vérité. Faire de la tendance quelque chose de distinct, c'est réaliser une abstraction.

Ces réflexions n'empêchent pas que l'activité de nos facultés n'existe virtuellement en elles, avant que les occasions ne la mettent en jeu et ne la forcent à se manifester. En ce sens, il est vrai de dire qu'il y a en nous des penchants innés comme il y a des idées innées. Et nous ne nions pas davantage que le mot de penchants ne désigne un mode d'action original et sui generis du développement des facultés humaines. Le plaisir et la peine déterminent toujours cette action, et ils l'accompagnent invariablement aussi, mais ils ne la constituent pas; ils en sont l'occasion, non la cause; et ils résultent souvent eux-mêmes de cette action, comme un effet , suivant qu'elle est favorisée ou contrariée par les circonstances. Effets ou causes de la peine et du plaisir, nos mouvements instinctifs sont trop étroitement unis à ce phénomène pour qu'on puisse légitimement en retirer la description à l'étude de la sensibilité.

L'activité de l'instinct est en elle-même fatale. C'est sous l'em-

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