Platon, Ué^Hfue, liv. VI et «t. VIL
que les yéritée que nous avons établies sont à Fabri de toutes les objections, et sans refuser & eeux qui les proposent de bonne foi d'engager avec eux un sérieux débat, sachons bien qu'ils ne peu* vent nous prouver tout au plus qu'une chose, c'est que la curio^ site de l'esprit humain n'a d'égale que sa faiblesse.
Les objections les plus considérables contre la divine provi* dence se tirent de l'existence du mal. Or, on distingue trois sortes de maux : le mal métaphysique ou d'imperfection , le mal moral ou de péché, le mal physique ou de souffrance^ Nous allons les parcourir successivement.
Mal métaphysique» — L'imperfection est la loi de ce monde; tonte créature est comme un mélange de force et d'impuissance, d'être et de néant« Des plus humbles degrés de l'échelle, montez aux plus élevés, vous trouverez partout des limitations. La beauté la plus parfaite a ses taches, l'esprit le plus lumineux ses obscu* rites, la volonté la plus forte ses défhillances. Réunissez en un même homme tous les dons, la santé et la vigueur du corps, l'éclat de l'imagination, la hauteur du génie, la puissance du caractère, cet homme merveilleux sera toujours un homme, c'est-à-Klire une créature misérable et bornée, sujette à mille be-» soins et finalement à la mort. De là, ces plaintes qui s'élèvent contre la divinité : Pourquoi ne pas avoir fait le monde meilleur? pourquoi, par exemple, ne pas avoir donné à l'homme un degré supérieur d'intelligence, une faculté d'aimer plus riche et plus ample, une puissance plus étendue sur les êtres de la nature?
Cette objection ne peut embarrasser sérieusement un esprit capable de quelque réflexion. Il suffit, en effet, pour la dissiper, de cette remarque trè»-simple que l'imperfection des créatures est une suite nécessaire de leur essence. L'incréé seul est parfait. Qui dit être créé, dit un être qui n'existe point par soi-même, qui par conséquent peut être ou n'être pas, être ceci ou être cela, commencer et finir, s'élever ou déchoir ; voilà l'imperfection; voilà