Seconde édit., augm., à Leips., 6 vol. in
514 QISTOIRË DE LA PpiLOSOPHIE.
agréable. Il faut recoarir à Brucker plutôt pour l'histoire extérieure que pour rintelligence des systèmes ; car il n'a en ce genre ni critique ni étendue de vues. L'ordre qu'il a adopté est défectueux et incommode ; il ne mesure pas à leur importance réelle la place qu'il donne aux différentes écoles, et dans son ardeur de ne rien omettre, confondant les doctrines religieuses et les doctrines philosophiques, il s'égare dans des questions qui ne sont pas de son sujet, et consacre même uq chapitre à la philosophie antédiluvienne.
L'Esprit de la philosophie spictUative^ depuis Thaïes jusqu'à Berkeley ^ par Tiedemann*, se distingue du grand ouvrage de Brucker par une érudition sinon plus étendue, au moins plus circonspecte et plus sévère, par une séparation rigoureuse de la théologie et de la psychologie, que Brucker tendait à confondre ; par une intelligence plus complète des liens qui unissent le développement philosophique à la marche générale de l'esprit humain ; par une clarté plus réelle dans la classification et l'exposition des systèmes ; enfin par un sentiment plus profond de la perfectibilité de l'esprit humain, et de cette loi du progrès qui régit toute l'histoire. On peut reprocher à Tiedemann d'avoir exagéré la crainte de copfondre la théologie avec la philosophie, au point d'abandonner absolument tous les systèmes de l'Inde à l'histoire des religions ; d'avoir rejeté un certain nombre d'ouvrages .authentiques, dans la crainte de s'appuyer, comme on l'avait fait trop souvent avant lui, sur des témoignages apocryphes; enfin de n'avoir eu que ce genre d'impartialité qui consiste à rendre compte strictement des divisions et des données principales d'un système, sans s'efforcer d'en reproduire les intentions et l'esprit. Tiedemann appartient à l'école de Locke, et c'est à la triste et stérile philosophie de cette école qu'il ne cesse de rapporter tous les systèmes antérieurs.
II Histoire de la philosophie^ de Tennemann a, dans un degré supérieur, tous les mérites de l'ouvrage de Tiedemann ; elle a