‹ Manuel de philosophie ancienne (volume 3)Chapitre 4 sur 39 · X AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

X AVERTISSEMENT

dans le temps. Mais ce travail est surtout utile à celui qui croit que la doctrine vraie explique toutes les pensées conçues par les hommes. Le lecteur ne se plaindra donc pas de rencontrer un système au fond de tous mes jugements ; l'ordre, la clarté, Futilité même d'une histoire dépendent d'ailleure de l'adoption de quelque système, dût-il être réprouvé, et pourvu qu'il ne soit pas trop exclusif. Or, ici , l'on peut dire que le système est composé pour l'histoire bien plus encore que l'histoire n'est arrangée pour le système.

On voit que le plan de ce livre me permettait d'écrire à mon choix une exposition très-étendue, et, s'il se pouvait, complète, des doctrines philosophiques des anciens, ou un résumé assez succinct de chacune d'elles. Je ne me sentais ni la force ni l'érudition nécessaires pour entreprendre le premier ouvrage , qui remplirait une vie entière : le second ne m'aurait pas satisfait moi-même. J'ai donc voulu étudier, puis faire connaître les principales de ces doctrines, dépouillées de toutes formes banales. Je suis remonté jusqu'aux sources ; je me suis autant que possible attaché aux expressions littérales des philosophes, même des plus anciens, et j'ai traduit textuellement les passages les plus importants que l'érudition moderne a mis en lumière. A l'histoire de la philosophie, j'ai joint l'histoire des méthodes particulières et des sciences en ce qu'elles présentent d'essentiel , et plus d'une fois il m'est arrivé de voir sous un aspect nouveau des principes que les philosophes sans science ou les savants sans philosophie ont confondus ou méconnus. Enfin j'ai cru devoir exposer dans une introduction comment je comprenais l'origine , la marche et le mélange des idées dans l'humanité , et les raisons

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qui me portaient à classer, à limiter comme je Tai fait et les doctrines et cette antiquité même que je devais étu* dier.

J'ai eu soin d'indiquer mes source» avec toute la précision possible , et non sans les avoir vérifiées moimême , au moins sauf d'assez rares exceptions ; j'ai employé les meilleures éditions des principaux compilateurs anciens , et j'ai fetit aussi .un fréquent usage des tex<* tes grecs , si heureusement travaillés et si corrects , publiés par MM. Rittcr et Preller (1) et par M. Brandis (^j, surtout en ce qui concerne les fragments des plus anciens philosophes. Le premier de ces deux ouvrages , et le seul aussi dont je connaisse le texte , m'a fourni d'excellentes indications ; c'est un livre utile , très-savant et très-bien fait , mais sans philosophie. On comprend , du reste, que l'esprit et le plan de mon travail aient dû me rendre les travaux antérieurs à peu près inutiles pour tout ce qui ne regarde pas la pure érudition. Je n'ai presque jamais choisi, comparé, rapproché les textes que par moi-même. On me saura gré , je l'espère , de les avoir fournis si nombreux que la plupart de mes pages ressemblent à des centons composés avec les pensées des anciens ; de m'êtré tenu beaucoup plus près qu'on n a jamais fait de la rigueur abstraite de ces pensées, ou d'en avoir fidèlement reproduit les formes et la couleur. Mais il y avait là de grandes difficultés à surmonter, et je prie qu'on m'accorde de l'indulgence.

Je dois des remerciments à l'un de mes anciens cama-

(1) Historia philosophise grseco-romanœ ex fontium locis contexta. Hamburgi,

(2) Manuel d'histoire de la philosophie greeque-fomaine, %. I, Berlin, 1835, aH.

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