‹ Manuel de philosophie moderneChapitre 3 sur 86 · PREFACE. VII · texte numérisé non relu

PREFACE. VII

On rencontrera dans la conclusion dogmatique de ce livre tin grand mot, éclectisme^ sur lequel on dispute beaucoup aujourd'hui, et sur lequel on s*entend très-peu. Il faut direjen deux mots comment il s'y trouve compris : il y a d'abord, ou du moins il peut y avoir une méthode vraie^ car il est impossible déjuger sans tdmettrè un principe ^ de comparer sans poser un critérium^ etHe raisonner sans partir d'un système logi' 9ue.Cela posé, il ne faut pas songer à soumettre la méthode à l'épreuve d'un éclectisme quelconque, puisque l'examen ne saurait avoir lieu qu'à la condition qu'une autre méthode serait implicitement reconnue, laquelle alors il faudrait poser pour Traie. Donc s'il existe un moyen de savoir, il existe aussi une méthode inébranlable, et si Ton connaît bien la portée de ce mot, on verra qu'il embrasse la philosophie même, dans son origine et dans les lois qui la déterminent nécessairement. D aprës cela il n*y aurait pas lieu à éclectisme, dans un traité de philosophie. Mais ici paraît l'histoire qui nous apporte les contradictions perpétuelles des philosophes, et il semble impossible, aujourd'hui plus que jamais, de séparer la science de son histoire. Que faire alors? Si Ton dit que de chaque système la partie négative est la plus raisonnable, on arrive à nier ou tout principe en lui-même, ou toute méthode qui peut servir à développer un principe, et, dans les deux ca», il faut renoncer à la philosophie. Aussi l'auteur même d'une pareille proposition ne songera jamais à l'appliquer rigoureusement ni à la suivre partout. Une autre tendance se fait jour, que Ton pourrait énoncer ainsi : reconnaître comme la plus raisonnable la partie positive de chaque système. De là vient la nécessité d'un choix ; mais le choix, comme on la vu, suppose et principe, et critérium,et méthode. Donc, enfin, le problème se pose comme il suit : déterminer et prouver la méthode, si elle existe, ensuite y faire entrer tout ce qu'à son aide on pourra trouver de positif dans chaque doctrine.

£t la partie positive de chaque^ doctrine est plus étendue peut-être qu'on ne le cûoit communément. Le tort des systè-

Page 1