PHILOSOPHIE GÉNÉRALE
1. Nous Tavons vu, Descartes avait déjà réuni en une seule doctrine toutes les parties des mathématiques, il avait traité, d'une manière nouvelle, plus d'une question de physique, et cependant il n'avait pris aucun parti louchant les difficultés qui ont coutume d'être disputées entre les doctes ni commencé à chercher les fondements d'aucune philosophie plus certaine que la vulgaire (1). Cependant le bruit courait que cet homme qui avait fait, si jeune, de belles découvertes, qui ne cachait ni son mépris pour les idées communes en science, ni les preuves qu il avait assemblées contre elles, qui enfin menait, dans le monde et dans les camps, la vie d*un sage, devait posséder une philosophie nouvelle ; il la possédait en effet renfermée dans sa méthode, et il ne fallait plus qu'un effort du génie pour Ten faire sortir. Dans le fond, sa philosophie n'est d'abord qu^une déduction vaste de la méthode ; mais une fois que ses lois principales sont posées, elle reconnaît un nouveau point de départ, qui est Dieu ; et alors elle embrasse et justifie cette méthode, dont elle découle, par un admirable cercle vicieux qui est le fond même de la philosophie cartésienne et de notre esprit.
Mais venons au fait :