‹ MANUEL DE PHILOSOPHIE MORALEChapitre 11 sur 52 · La raison nous dicte-t-elle des devoirs, envers Dieu · texte numérisé non relu

La raison nous dicte-t-elle des devoirs, envers Dieu

Certainement : dès que la raison a reconnu Texistence d'un Dieu infiniment sage, infiniment puissant, infiniment bon, et qu'elle a considéré sérieusement ces divines perfections, tant en elles-mêmes que par rapport à l'homme, il est naturel que les sentiments religieux jaillissent de cette

fûense considération, et s'expriment par des actes d adoration, de respect, de reconnaissance, d'amour, de confiance, de résignation et de ferventes prières. La raison approuve ces sentiments, et impose à l'homme le devoir de les conserver et de les exprimer et de tenir, dans tontes les circonstances de la vie, une conduite qui puisse être agréable à Dieu.

Cest encore la raison qui impose à rhomroe Tobligation de croire à la parole de Dieu, ou à la révélation divine, aussitôt

qu'il est bien constaté que c'est Dieu qui a parlé.

Tels sont les principaux devoirs envers Dieu, dictés par la raison, attestés par la conscience, et qui constituent la philosophie de la Religion.

La morale et la philosophie de la Religion ont donc aussi la même source, et font successivement partie de la philosophie pratique.

Mais ces deux sciences diffèrent par rapport à Tohjet auquel les actions commandées par leurs principes réciproques se rapportent, et par rapport aux motifs pour lesquels ces actions se font.

L'objet de la philosophie morale, c'est rhorarae. L'objet de la philosophie religieuse, c'est Dieu.

Les actions prescrites par la philosophie morale ont pour motif Vestime et V amour de la dignité humaine pour elle-même.

Les actions exigées par la philosophie religieuse ont pour motif Vamour de Dieu,

Les premières de ces actions sont dites simplement morales; celles-ci théologicomorales ou religieuses.

Au reste, rien n'empêche que la même action ne soit, sous un rapport, purement morale, et sous un autre rapport théologicomorale ou religieuse, suivant la nature du motif qui l'anime ; ce qui est facile à concevoir.

No m.

Sources comparées de la philosophie

morale.

Page 1