MORALE GÉNÉRALE
Du déyeloppémonl de la difl^nl^é d® l'homme en tant qa'il est doué d'inlelli^enee.
30. Que doit connaître l'homme pour accomplir les devoirs qui lui sont imposés par sa qualité d'être intelligent ?
Avant de répondre î\ cette question, il est utile de se rappeler que toute la philosophie morale ayant sa source dans le sentiment intime de la conscience, il suffit pour se convaincre des vérités que nous allons exposer, que chacun écoule attentivement cette voix intérieure de la raison, qui est la voix de Dieu en nous.
En conséquence nous ne ferons, pour aînsi dire, qu'énumérer les devoirs que la morale impose à l'homme, et pour les démontrer nous renverrons sans cesse au témoignage intime de la conscience.
Que chacun donc se demande ici :
Que dois -je connaître?
II est évident que le premier objet qui m'intéresse le plus, et qu'il m'importe le plus de connaître, c'est moi-même^ c'est ma propre nature humaine et ma fin dernière.
Connais-toi toi-même (vvwGt dsaurov) était la première maxime des plus sages philosophes de l'antiquité, et c'est encore le premier devoir que la raison nous impose.
Et supposé que la connaissance de ma dernière fin soit possible (soit au moyen du raisonnement, soit au moyen de la foi à une révélation surnaturelle, bien constatée), mon premier devoir sera de rechercher, et d'employer les moyens nécessaires tant naturek que surnaturels non-seulement pour connaître mais encore pour atteindre ma fin.
La connaissance de moi-même, comme
être intelligent, exige aussi la recherche du. principe ou de la cause de mon existence, ou de Id connaissance de Dieu.
Quiconque n'a pas acquis ou recherché à acquérir une connaissance positive, et une ferme conviction, touchant ces objets qui intéressent souverainement tous les hommes, ne peut éprouver aucune tranquillité intellectuelle , aucune satisfaction intérieure; son état ne diffère guère de celui d'une brute, ce qui est pour l'homme la plus triste dégradation (1).
Il est encore évident que pour bien connaître ses devoirs, l'homme doit cultiver ses facultés de connaitre, c'est-à-dire, ses facultés intuitives, sa mémoire, son entendement et sa raison.