Chacun est-il juge compétent de la moralité des lois
Certainement non. Car tout 1 ; monde n'a pas les lumières nécessaires. Au contraire, ici chacun doit se défier de l'esprit privé et se régler sur la conduite des hommes éclairés et vertueux, et ne pas perdre de vue l'utilité générale.
136. Quelle autre condition est encore requise pour qu'une loi oblige ?
Il faut qu'elle soit connue des sujets et, par conséquent, promulguée.
137. Quel est le sentiment qui facilite généralement Texécution des lois ?
C'est le vrai patriotisme, ou l'amour sincère de la patrie et de ses institutions :
sentiment, par conséquent, qu'il est utile de développer dans la jeunesse.
Vous n'examinerous pas ici comment une loi cesse d'être obligatoire, pour quelqu'un en particulier ou pour tous en général.
Nous ne dirons donc rien des privilèges, des coutumes, des dispenses, de la dérogation ni de l'abrogation des lois.
D'ailleurs ces matières se rapportent plutôt au droit qu'à la morale.
138. Les Etats indépendants ont-ils des devoirs réciproques comme les particuliers entre eux ?
Certainement. Car les Etats sont composés d'hommes et la dignité humaine doit être respectée partout. Ces devoirs des Etats entre eux sont en partie le fondement, en partie la conséquence du Droit des gens.
139. Donnez-nous une idée sommaire de ces devoirs et de ces droits des gens.
Les Etats sont indépendants les uns des autres : ils ont le droit et le devoir de se défendre, comme les particuliers, contre un injuste agresseur. De là le droit de guerre et ses limites tracées par la morale.
140. Quel est le but le plus élevé, le plus sublime, que la raison propose aux Etats entre eux ?
C'est de réunir tous leurs efforts pour maintenir une paix perpétuelle et une véritable amitié entre toutes les nations.
141. Quel est le devoir général que la raison prescrit aux individus envers tous les Etats ?
C'est d'étendre l'amour du prochain à tout le genre humain, et, en conséquence, de faire des efforts raisonnables pour répandre la justice, la vertu et le bonheur entre tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux. C'est là ce qu'on peut appeler le véritable Cosmopolitisme.
No XVI.