‹ Manuel de phonétique et de morphologie historique du francaisChapitre 15 sur 127 · Devenu ensuite « je vais », cf. § 0.2, rxr · texte numérisé non relu

Devenu ensuite « je vais », cf. § 0.2, rxr

semi-toniques, ni pour b (ô) tonique, quand ils sont entravés.

Parte et *partit, p^rtiri : part, partir ; *sapyam, sapyatis : sache, sachiez ; nav(i)gat, n#v(i)gare : nage, nager ; carne : char, conservé dans « charcuitier » ! ; sacco : sac ; ad proclitique devant consonne : à (cf. § 1 7).

Exceptions : ar -f- cons. est devenu er dans : asparago, asparge, asperge ; sarcophago, sarqueu, serqueu, cercueil2 ; armenio, ermin, d'où ermine(§ 37), écrit hermine sans aucune raison. Cf. ci-dessous les exceptions pour Yè.

ylrticûlo a donné orteil sous une influence celtique.

Les formes masculines les, mes, etc. (ci-dessous, III, exe.) se sont substituées aux formes las, mas, etc., que donnaient régulièrement illas, meas, etc. proclitiques; il y a eu sans doute analogie avec cez, plus tard ces, qui était des deux genres, cf. § 7, a, 4°.

Sur a prononcé a après syncope d'un s, voy. § 57

Perdit : pert (écrit à tort perd, § 201) ; ntéreede, merci ; sëptem : set (écrit à tort sept, § io3) ; bëlla, bêle (écrit auj. belle, § 99) ; *bëcco, bec.

Exceptions : Par un phénomène inverse de celui qui s'est produit pour ar -f- cons. devenant er- (ci-dessus, exceptions de l'a), èr a pu devenir ar: mercatu, marché, (à côté de mercede, merci); préfixe per-, par- ; monte-Mërcuri, Monmarcre (ensuite Montmartre, § 90). On a aussi le changement de èl en al dans él(e)mosyna, almosne, aumosne, cf. ci-dessous, II, exe, et § 18, exe.

I. Et devenu chair, peut-être par analogie avec chère, au sens de nourriture ; ce substantif chère vient de kara, tête, et « faire bonne chère » a signifié : faire bonne mine, bon accueil.

•2. On devrait écrire sercueil. Sur la substition de -euil à -eu, voy. § 147, a.

a, e, o entraves. — § 15, I. 21

L'è de semaine (scptimana), devenu libre, s'est labialisé dans semaine.

L'è semi-tonique de pécher (peccare) s'est fermé, pêcher, sous l'influence de Yé fermé tonique qui suit.

Dans quelques mots Yè Ionique, quoique entravé, s'est diphtongue en iè: tertio, tiers.

Sur è prononcé ê après syncope d'un s, voy. § 07.

Forte, fort ; *prôpyo, proche ; *ôsso, os ; nôstro, le nostre; côllo, col; flôcco, floc. (Sur Yô semi-tonique, voy. plus loin, III).

Exception : cueille, correspondant à côlligit, est de formation analogique, cf. ci-dessous, III, note.

Sur ù prononcé d après syncope d'un s, voy. § 57.

Remarque. On remarquera que nous n'avons pas donné d'exemples d'entrave romane pour èet à toniques (1. classique £ et 0). C'est que les voyelles ouvertes toniques avaient subi leur diphtongaison comme voyelles libres, avant la chute des pénultièmes atones qui a constitué les entraves ; ainsi à côté du suffixe -ab(i)le ou de stab(u)la, où l'entrave romane a maintenu Ya, on a ëbùlo, ièble \ *môbïle, mueble, meuble ; à côté du suffixe -atico donnant -âge, avec conservation de Va (:< \?>f\), ou a *sëdico, siège ; à côté de maie sap(f)do, maussade, on a tëpido, tiède. De même, è et b sont traités comme libres dans: mëlius, mieuz ; *vëculo, vieil ; fôlia, fueille, feuille ; ôculo, ueil, œil, tandis que les groupes / -f- y et cl ont maintenu a et

1. Ecrit hicblc pour éviter la lecture jcblc à l'époque où le caractère i pouvait avoir la valeur de notre t ou celle de notre j. Cf. huit pour uit, Jj 33.

l'J PHONETIQUE

ou dans paille, maille, fenouil (ci-dessous, III) et contrarié la diphtongaison de é tonique en ci, oi, dans solïc(u)Jo, soleil (è -f- 1 mouillé), consïlio, conseil, cidessous, II.

II. LV entravé (ë, ï) est d'abord resté plus ou moins fermé ; car, dans nos plus anciens textes, il n'assone pas avec ïè entravé provenant d'ë, mais il s'est ouvert de bonne heure, et, à partir du milieu du xne siècle, il n'y a plus de différence entre ces deux voyelles entravées ; toutefois, avant l'assimila tion, Yê ouvert primitif s'était diphtongue en ea devant / suivi d'une autre consonne : comparez nouvèls (novëllos) donnant nouveaus et chevéls (capïllos) donnant cheveus.

Exemples de é (è, ï) entravé, tonique ou semitonique, devenu è : sëpia, sèche (écrit parfois seiche sans raison) ; dëb(i)ta, dette ; *qutfdrës(i)mo, caresme; ïlla, èle (écrit elle, § 99)1 ; mïttit, met ; sïcco, sec ; vïr(i)de, vert. Suffixe -ïtto -ïtta : -et, -ète ; suffixe -ïllo, -ïlla : -el, -èle2. Suffixe gréco-latin -ïssa : -esse (abbesse) ; suffixe -*ïttia ou *ïcia (pour -itia)0: -èce, -esse (mol-

Page 1