Sur le masculin il, voy
2. Le latin populaire avait des variantes du suffixe -ïtto, avec les voyelles toniques a et Ô, de là les suffixes français -ot (vieillot) et -at (louvat, petit loup, forme méridionale). — L'è du suffixe -et, devenu atone dans les dérivés en -ier, s'est labialisé en e : lunète, lunetier, puis lunetier. De même, à -el se rattache -elet avec e labial, cervelle, d'où cervelet. Les suffixes composés -etier, -elet, ainsi constitués, ont servi à former directement d'autres mots cf. § 7, a, n. 1) : papetier sur papier, cafetier sur café, ijouttelette sur goutte, etc. Dans les suffixes surcomposés -eter'w . -elerie, on voit reparaître l'è ouvert de- et et -el : mousqueter'w (prononcé mousquelerie), chapellerie, etc.
3. Sur la valeur de c -4- i intervocalique, voy. §§ 71 et io4, b, i°.
a, e, o entravés. — $ 15, III. 20
lesse). M/ssatico, message ;vjrtule, vertu ; panc(u)lo, pareil (ci-dessus, I, Hem.) '.
Exceptions : L'è, issu d'è semi-Ionique entravé, s'est labialisé dans jeter Ç*jëltare), leçon (lëctioue), celui (*eccïllui), où il était devenu libre, ainsi que dans la prononciation du démonstratif cet par e labial, ordinaire au xvne siècle, fréquente encore aujourd'hui, et du masculin ce devant consonne (§ i5, III, except.).
Mrme tonique, l'è s'est labialisé entre deux consonnes labiales dans vïduo, vïdua : vef, vève, puis veuf, veuve.
Maestre, où l'on a un è issu de l'è tonique entravé de magïstro, s'est contracté anciennement en maistre, maître (§ 4a, c).
L'è semi-tonique de sïlvatico est devenu a devant / : salvage, sauvage, cf. § i5, I, exe. de l'è, et Note compl.
Remarque. Les voyelles fermées libres se sont modifiées tardivement, à la différence des voyelles ouvertes (voy. $ i5, I, Rem.), mais il est probable que la pénultième atone dcflêbïle n'est tombée qu'après la diphtongaison de IV, car cette voyelle tonique a été traitée comme libre (fr. Jeible, foible, faible), alors que Va de eu Jpab(J)le s'est conservé, comme entravé, dans coupable. Cf. trïphy qui donne le vieux français trèble.
III. L'i) (ô, u) tonique ou semi-tonique entravé est devenue, et sans doute aussi Yô semi-tonique entravé (sur ô tonique en l rave, voy. ci-dessus, I).
Exemples pour Yô (ô, u) :
Côrte, court, cour ; *cdrtense, courtois ; *totto, tout; tôrnat, tôrnare : tourne, tourner ;
i Dans oueille,df ovieula, l'è a forme diphtongue avec Vou, d'où devenu ensuite wa comme dans la diphtongue ai (§ 22) ; ainsi !>Vxpliqncnt la prononciation et l'orthographe actuelles ouaillc
de-sùbtus, dessous ; swbv^nire, souvenir ; dùb(i)tat, dwb(i)tare, doute, douter; pzillic^no, poucin, poussin (sur pwcelle, voy. § i3); *fenùc(u)lo, fenouil (cidessus I, Rem. ).
Exemples pour Yô (o) semi-tonique :
*fôrmice, fourmis, fourmi; porcello, pourceau (mais on a : côrbicula, corbeille, et bon nombre d'autres mots comme le proclitique nôstro, nostre, où Yô semi-tonique est conservé et que l'on explique soit par une analogie avec un mot apparenté où Yo est tonique, soit par une réaction savante. L'adverbe préfixe/on", fôris, auno dans hors, forban, forfaire, et un ou dans fourbu, fourvoyer)1.
Exceptions: Par dissimilation,dsemi- tonique entravé est devenu e dans : *submonëre, semondre ; sûccussa, secousse; succurrit, secourt; *subdiurnare, séjourner (ultérieurement séjourner). Cf. § 19, 6.
L'o du proclitique illos (entravé devant un mot commençant par une consonne, libre devant un mot à initiale voca- Hque) est devenu exceptionnellement é dans l'article et le pronom les, — prononcé lés par é au lieu du même e labial que dans le, sans doute sous l'influence analogique du génitif des (§ 54) et de cez, plus tard ces, venant régulièrement de eccistos (de même que, à l'inverse, cet devant consonne est devenu ce, sans doute par analogie avec lé). Au xvne siècle on a prononcé le-z, au lieu de lè-z, devant voyelle ; faut-il y voir la prononciation primitive qui se serait conservée partiellement à côté de la prononciation analogique ? Ce que nous disons pour les s'applique à mes, tes, ses, à l'origine mos, tos, sos, des proclitiques mèos, iuos, suos, avec l'accent secondaire sur la seconde syllabe (§ 5).
1. Le verbe couillir, de *colligirc, a modelé en partie sa conjugaison sur celle de vouloir, douloir, d'où l'ancien radical tonique cueil-, devenu radical unique. Cf. toutefois note 1 du § ao3, b.
a, e. 0 SEMI-TONIQUES LIBRES. §18. 25
LES VOYELLES tf, 6, 0, SEMI-TONIQUES LIBRES
16. Les semi-toniques libres sont traitées comme celles qui sont entravées, — a persistant, ô et b devenant ou, — à l'exception de Ve ouvert ou fermé qui devient e labial (sur Télision possible, voy. § l\i, b).