EFFETS DE L HIATUS. § 42 C
vidïsti, veïs, vis1 ; — *c£tatico, eage, âge ; — m/nus crtdente, mescheant, méchant ; cadentia, cheance, chance (cf. ralemptione, reançon, rançon, où l'hiatus est entre deux semi-toniques).
Toutefois, devant les flexions du participe présent, de l'imparfait, des deux premières personnes plur. du présent, qui tendent naturellement à se détacher du radical2, Ye radical s'est maintenu, avec palatalisation en é dans séant (et séance), échéant (et échéance, tandis que cheance a donné régulièrement chance), mécréant (et créance), ou avec intercalation d'un ye, dans seyant, asseyons, asseyait (postérieurement à l'époque où ei était ailleurs devenu oï), ou avec transformation analogique, dans assoyons d'après assoir, voyant d'après voir et il voit, croyant (et croyance) d'après croire et il croit.
c L'a semi-tonique (même non précédé de chuintante) s'efface aussi i° devant un autre a (baaille, bâille ; gaagne, gagne), 2° après labialisation, devant g, 3° sans doute aussi après labialisation, devant ô (latin classique à, û) ; dans ce dernier cas, la labialisation est généralement moins ancienne, ce qui explique qu'elle ne se manifeste pas dans l'orthographe.
i. Toutefois reine, reine, ci-dessous c, note. Mais cf. d'autre part -atirio, -et.s\ -is, § 7, a, 2°.
a. L'exception ne s'étend pas aux flexions du prétérit -if, -us, etc., parce que plusieurs formes de prétérit avaient déjà l'accent sur la même syllabe à toutes les personnes, ni à la flexion participiale -u, soumise à l'analogie du prétérit, ni à la flexion -oir de 1 infinitif, d'autres verbes (en -ère) ayant l'accent sur la première syllabe à l'infinitif.
54 PHOHÉTIQUE
Exemples : m^turo, madur, meiir, mûr ; *pl#culo, ploii, pieu, plu ; *habuto, où, eu, u ; *<7gurio, oûr, etir, ur Qjeur par fausse étymologie) ; — S^côna, Saône, Sône ; *tfgusto, aoust, oût ; s^tùllo, saoul, prononcé sou ; ptfvôre, peor, peur. Dans avitnculo, aunculo, oncle, et dans hac hora, ha hora, aura, or (§ i4), la contraction remonte au latin populaire. — Dans ptfvône, *t#bône, il y a eu contraction en a nasal: paon, taon, prononcés pan, tan.
Lorsque Va semi-tonique est suivi de i, ê, ié, ei, il y a eu généralement contraction en ai, prononcé successivement ay, ey, è : m^gistro, maestre, maistre; ivzdice, raïs, rai dans raifort', fagina, faîne, faîne1 ; cathedra, chaière, chaire ; c^tena, chaeine, chaîne. — Toutefois le suffixe -if s'est maintenu distinct de la racine dans n#tivo, naïf, et de même la flexion -ir dans *mv#dire, envaïr 2, * tradire, traïr (à côté du mot d'emprunt traître, devenu régulièrement traître)*.
d. Devant les flexions de la ire conjugaison, Va semitonique se maintient, tantôt tel quel, avec intercalation
i. On a de même regina, reine, reine, qui s'oppose à vidisti, veïs, vis, ci-dessus 6. On trouve aussi la forme roine, influencée par le masculin roi.
2. Dans envahir, trahir, Yh de l'orthographe actuelle n'a pas d'autre valeur qu'un tréma sur Yi, on n'écrit pas nahif.
3. Le latin traditor, accentué sur Yi sous l'influence du verbe tradir, de *tradire, est entré dans la langue alors que le groupe tr avait déjà subi son évolution en dr dans les mots tels que vitro, devenu védre ; c'est pourquoi ce groupe s'est maintenu dans traître.
EFFETS DE l'hïVTUS. S 42, C 55
d'un ye ou d'un v, dans *b^tare, baer, bayer (aussi béer, d'où béant, d'après il bée), *imbl#tare, emblaer, emblaver1 ; tantôt en formant avec le ye intercalé le son èy, *d/sblatare, déblayer ; tantôt, ce qui est plus extraordinaire, en se labialisant en o, n#tare, vieux français noer'. Même changement en o dans natale, noel, et dans p^tëlla, poêle (aujourd'hui avec contraction en wà). Dans *pnztëllus, pradels, praels, et dans *fltfgëllus, flaels s, au moment de la diphtongaison régulière de Yè en en, Y a semi-tonique a formé diphtongue avec le premier élément de la diphtongue ea (cf. maestre, maistre, ci-dessus c), d'où praiaus, préaus, ctflaiaus, fléaus. Nous avons vu, ci-dessus /;, que devant le même suffixe -el, Ye labial s'efface.
e. L'0, ou, semi-tonique, s'efface devant les sons labiaux u, ou, o'in : *potuto, pou, peu, pu ; c^cûlla, cooule, coule ; cctôneo, cooing, coing. Toutefois la flexion -oir s'est maintenue distincte de Y ou du radical, dans *potere, pooir 4, pouvoir, avec intercala tion d'un v par analogie avec mouvoir (latin moveré) ; devant les flexions du même verbe qui commencent par a, é, le maintien de You du radical est normal comme dans louer, de tacare et de laudare, nouer, de nodare, vouer, de *v0tare,/0//er,dejc>care, allouant, noue^, voua, jouant,
i. Comparez le v de parevis (§ 7, a, 20, note) et de pouvoir (ci-dessous e .
2. Comme on a aussi « il noe, noue », il est probable que le latin populaire disait naulare (influence de nmila ?)
3. Le 7 parait avoir disparu, comme dans mar/istro, sans dégager de ye, ou du moins sans que le ye ait agi (§ gG, c).
f\. Tandis que vèoir est devenu voir (ci-dessus, 6).
etc., dans rouable, barre à remuer, de rwtabulo (on a aussi une forme contractée récente râblé). De même, Y ou semi-tonique en hiatus se maintient dans : ouicula, oueille, ouaille ; scrofella, escrouelle1, cf. § 96, a.
Nous avons vu, § 3, b, que co initial en hiatus s'est assimilé à qu, dont il ne reste que le son palatal q; de même que quart a produit car, coagulât et *coacticat ont produit caille et cache, où il ne reste plus trace de Yo semi-tonique en hiatus.
Devant le suffixe -1er, Yo semi-tonique en hiatus se maintient, sans passer à ou, puis devient oi (wa) : locario, loyer, *nwcario, noyer, fôcario, foyer. Dans boyau, anciennement bodel, boel, de batello, et noyau, anciennement nodel, noel, de *nodello, le ye provient du premier élément de la diphtongue ea produite par è ouvert devant / vocalisé aux cas en s (cf. préau, cidessus d). *Jocale a donné jouél (par é fermé, § 21) comme jocante a produit jouant ; la forme joyau provient d'un changement de suffixe, comme aussi noyau si on le fait venir de nwcale au lieu de ncdello.
Action des consonnes nasales.