‹ Manuel de phonétique et de morphologie historique du francaisChapitre 28 sur 127 · SUR LA VOYELLE SEMI-TONIQUE · texte numérisé non relu

SUR LA VOYELLE SEMI-TONIQUE

42. a. De même que l'atone post-tonique forme diphtongue avec la voyelle tonique qui la précède, l'atone protonique peut former diphtongue avec la voyelle semi-tonique qui la précède : *fr/goroso, donnant friuroSi fruit eus (puis frileus* par dissimilation) est tout à fait semblable à tegula donnant tuile, «^pud » proclitique donnant ody ot, 0, est semblable à sapuit donnant sot. (La dentale finale de od est tombée en raison de l'emploi proclitique devant consonne).

I. L'accent était reste sur la pénultième de judaeo après le changement de la diphtongue ae en è.

a. Après le groupe fr. ni s'est réduit à i, comme ié à é après br dans brief, bref.

02 PHONETIQUE

Dans di-detnanche (die dominica), di est proclitique ; Thiatus avec e labial, après la chute du d intervocalique, s'est résolu par une contraction : dimanche.

Dans aetnant (^damante), praerie (*prataria), Va semi-tonique joint à Ye labial atone aboutit à la diphtongue ai. (Cf. maestre, maître, ci-dessous, c).

b. Mais le cas de beaucoup le plus fréquent est celui de Thiatus entre la voyelle semi-tonique et la voyelle tonique qui suit.

Quand la voyelle semi-tonique est e labial, provenant soit de a après chuintante, soit de e ou z, elle s'efface ordinairement 1 : *c#dere, chadeir, cheoir, choir ; vzdere, vedeir, veoir, voir ; s^dere, sedeir, seoir, prononcé soir ; — *v/duto, veù, vu ; cmhito, creù, cru; *kguto, leiï, lu; sgcuro, seiir, sûr; *debuto, deuut, deû, dû ; d^buisti, deûs, dus ; d^buisset, deùst, dust, dût ; — vztello, veel, veau, prononcé vô* ; *szgëllo, seel, seau, écrit sceau3 et prononcé sô ; —

i. On la trouve changée en i dans quelques mots où elle était suivie de voyelles issues de ï ou de ô latins : laetïtia, leesse, liesse (peut-être influencé par l'adjectif lié, de laeto); leone, leon, lion; paeonia, peoine, pivoine (avec intercalation d'un v comme dans parevis, cf. § 7, a, 2°, note).

2. Nous verrons que devant le même suffixe -ello, l'a ne s'efface pas, ci-dessous d.

3. La palatale et la dentale intervocaliques tombant également, * sigello et * sitcllo devaient produire la même forme, seau. Il ne faut pas croire qu'en écrivant sceau, sceller, on ait eu l'idée déraisonnable de représenter par un c le g latin (qui occupe une autre place dans le mot) ; mais seel, jadis prononcé se-el, a été lu par erreur seel lorsque le mot a été réduit à une seule syllabe ; la confusion du c et de l'e est fréquente.

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