LABIALES 0, U
u cons. , (v)
Nous n'avons pas fait entrer dans ce tableau la consonne /;, qui était devenue muette en latin1, ni Yx, qui
1 . C'est par réaction savante que nous écrivons les mots tels que/ifurr(hora), homme (homine) avec une h, à côté de on (homo), avoir (habere), etc. qui ont conservé la bonne orthographe française. Sur les mots commençant par hui, et qui n'avaient pas d'/i en latin, v. £ 33, n. i . L*A aspirée est d'origine germanique et d'ailleurs elle n'existf plus on français ; il n'est resté qu'un effet de l'ancienne aspiration : l'absence de liaison de la vovelle qui suit
se décompose en c* -f- s. Le % latin se prononçait Jy (d mouillé) en latin populaire ; le son que nous figurons par ~ dans notre tableau est le s sonore, dit doux, du français (Dans les textes français antérieurs au xme siècle, % représente le son V, § 9/4, n. i). Nous figurons par c* et g* les consonnes ke, écrite en latin c, k, q\ et gue ; c7 et gy sont des consonnes mouillées (voy. § 69).
L'z consonne et Vu consonne (prononcé m) du latin sont appelés semi-voyelles dans les diphtongues françaises telles que zV, wa (oi). La production de ces sons est appelée vocalisation ou consonnification suivant qu'on part d'une consonne ou d'une voyelle antérieure ; ainsi on dit que le second i de papilione est consonnifié dans papilyone et que le c de facto est vocalisé dans fayto.
65 bis. On a souvent exprimé le regret qu'un même mot représentât à la fois une lettre et un son. Mais il est facile d'éviter cet inconvénient pour les noms des consonnes, puisque chaque consonne a maintenant deux noms, le nom ancien et le nom nouveau, par exemple en' et ne, vé et ve. Le nom ancien désignera pour nous la lettre, et le nom nouveau le son ; nous dirons par exemple que le s (le se)y suivi d'une autre consonne, s'est effacé, et que Vs (Vesse), dans ce cas, a disparu de l'orthographe beaucoup plus tard.
avec la consonne du mot précédent. Les mots d'origine latine (comme haut, 1. alto), qui ont une h dite aspirée, la doivent à une influence germanique ou à une sorte d'onomatopée.
1. Ces trois graphies correspondent à une légère différence de prononciation qui s'est développée ultérieurement : c devante, i; k devant a; q devant labiale.
Remarques sur les consonnes
qui n'appartiennent pas au latin classique,
et loi générale des consonnes.
66. Dès les premiers siècles de notre ère, le « u consonne » du latin, qui s'écrivait u ou v, comme Vu voyelle (prononcé ou) et qui se prononçait comme le w anglais, avait pris, quand il était initial, le son de notre vé, et ce son a continué à s'écrire u ou v, comme la voyelle française w, jusqu'au xviue siècle, où l'on a heureusement attribué l'un de ces signes à la voyelle, l'autre à la consonne.
67. Le « i consonne », écrit i ou /, prononcé en latin classique comme notre y initial devant voyelle, a pris, quand il était initial, sans cesser de s'écrire ad libitum i ou/, une valeur que l'on peut figurer, — en donnant à la lettre / la valeur de notre //, — par dj (d'abord d?, djy), et qui aboutit, au xme siècle, à notre je, si bien que le même signe (avec sa double forme, longue et courte), tout en représentant aussi la voyelle /, a eu successivement dans le même mot les valeurs consonnantiques suivantes : y, d\ djy, d/, /; le mot latin écrit iurat ou jurât, (yurat), a abouti au français jure par l'intermédiaire de dhirat, djyure, djurc Le ye initial a disparu (ou s'est fondu avec la voyelle suivante, §§ 25 et suiv.), et il ne reste que la chuintante qui s'était en quelque sorte préposée à lui.