‹ Manuel de phonétique et de morphologie historique du francaisChapitre 45 sur 127 · La liquide r · texte numérisé non relu

La liquide r

INITIALE INTERVOCALIQUE FINALE APPUYANTE

ripa corona mar(e) ornare

rive couronne mer orner

Sur l'amuïssement du r final dans les mots tels que chanter, berger, voy. §§ i5o, note, et 162.

87. Le r double (par exemple dans terra, terre) semble s'être conservé double dans la prononciation jusqu'au xvne siècle.

A noter la chute de r appuyant devant s, dès le latin populaire, dans : dorso, dos ; sursum, sus. On avait perdu le sentiment de la parenté de ces mots

1 A l'origine, on avait z aprvs l mouillé, s ailleurs (§ 12^).

avec vertere, sans quoi r se serait sans doute maintenu comme dans la préposition versus, vers.

88. Exceptions. On a g *devant r initial de *ranucula, français grenouille, probablement par harmonie imitative. Le r intervocalique s'est changé exceptionnellement en ze dans l'une des formes issues de cathedra, chaière, puis chaire et chaise. On constate une assimilation de rà /dansaltare, altel, autel, et une dissimilation produisant le môme changement de r en I dans peregrino, pèlerin.

Notons encore le déplacement du r d'un groupe conjoint, allant former un autre groupe avec une consonne d'une syllabe voisine : temprer (de temperarè) devenant tremper. La fréquence dans la langue des groupes conjoints terminés par r a fait qu'un r non étymologique s'est introduit souvent après une consonne initiale ou appuyée, particulièrement quand il y a un autre r dans le mot : perdice, perdris ; thesauro, trésor.

89. On peut dire que les consonnes initiales se maintiennent sans changement, si l'on tient compte de l'évolution des palatales et de Vu consonne signalée dans le tableau des consonnes, $§ 65 et suivants.

DENTALES

t, d, s : terra, à.ono, salvo /erre don jauf

Page 1