La liquide
INITIALE INTERVOCALIQUE FINALE APPUYANTE
/ecto va/ere ta/(e), me/s., alba
lit valoir tel, miel aube
82. Sauf dans balneo (bain), où il était tombé dès le latin populaire, / appuyant s'est d'abord maintenu : albe. Au xue siècle, il a subi (sauf après z, où il disparaît) une vocalisation en u : aube. Cf. §S 53-56. Antérieurement à cette vocalisation, / redoublé s'était réduit à / simple : ï//a, èle (que nous écrivons elle, § (jçj)1 ; et / était tombé, dans les formes contractées
i. C'est après cette réduction à / simple qu'il s'est produit un
de l'article, devant 5 de flexion : dels, des ; els, es ; als, as, § 53.
Malgré, mot composé, est devenu régulièrement maugré, d'où maugréer. Notre actuel malgré a été pris dans la locution « bon gré, mal gré », où mal, opposé à bon, a conservé son individualité. — Quel que ne s'est soudé en quelque qu'après la vocalisation de / appuyant dans les autres mots ; la prononciation quéque a été un raffinement de beau langage au xvne siècle.
83. Nous n'avons pas donné d'exemple pour / appuyé, parce qu'on ne rencontre de liquides vraiment appuyées par la consonne qui précède que dans les groupes romans (v. §§ iii-ii5). Les groupes cl, gl, pi, bl, forment ce que nous appelons des groupes « conjoints », que nous examinons en même temps que les consonnes isolées, §§ go et 97.
84. La consonne dite / mouillé provient des groupes intervocaliques cl, gl (voy. §§ 109, 112) ou de / accompagné de e ou i en hiatus (Jilia, fille). A noter qu'en français / mouillé s'est réduit de nos jours à un simple ye, il n'y reste plus de le ; on trouve trace de cette prononciation dès le xvne siècle. La graphie par deux / provient sans doute de mots comme bullientem, où / était redoublé en latin.
Les mots tels que seuil (solio), œil, etc., qui avaient régulièrement un / mouillé après eu, ont entraîné le changement de prononciation des mots linceul (* lin-
l redoublé dans *spalla(§ 112), espalle, devenu dès lors épaule au xiie siècle.
teolo), chevreul, aujourd'hui chevreuil, (capreolo), etc., qui originairement avaient / non mouillé ; l'influence s'est exercée d'autant plus facilement que les cas en s de tous ces mots étaient devenus1 identiques ; l'orthographe n'a pas été modifiée pour linceul ,
85. Le / initial ou intervocalique s'est changé par dissimilation: en n dans *libello, livel, nivel, niveau; * colucula, quenouille; — en r dans *lusciniolo, rossignol; ululare, *urulare, hurler (avec aspiration initiale par harmonie imitative ou sous une influence germanique).
Sur / final, voy §§ i5o-i6o; 161, b ; i63 : sur / dans les groupes romans, §§ H2-ii5.,