GROUPES TERMINÉS PAR UNE NASALE
116. Le groupe roman et le groupe latin mn sont naturellement traités de même : somno, somme, et homme, homme. En réalité le m était simple en français (le redoublement de Ym indiquait la nasalisation de la voyelle précédente, § 78), et on écrit m simple dans lumière, de \uminana, semer, de sewi/zare, etc. De même : terme, de ter//zizzo, où le groupe mn est précédé d'une autre consonne, et charzz/e, de carraiwe. Dans *carphw, le p devenu médial de groupe s'est
Il£ PHONÉTIQUE
nasalisé en m au contact du n, de telle sorte que ce mot a donné la même forme française que carminé.
Le groupe roman dn aboutit aussi à m par l'intermédiaire de mn : consuetudiwe, coutume (Il y a eu probablement assimilation de -udine à -umine). Dans Rhodano, la pénultième atone n'a dû tomber qu'après le changement du à intervocalique en sifflante, § o5, d'où Rosne, Rône (écrit Rhône).
117. Dans Londino, ordine, le d, étant appuyé, a persisté au moment de la chute de l'atone et n s'est changé en r : Londres, ordre (cf., § n3, ce qui s'est produit pour / dans le même cas). Mais on peut concevoir également que la difficulté de prononciation soit résolue soit par la chute ou l'assimilation du dy quoique appuyé, soit par la chute de n, et en effet ordine a donné aussi le vieux français orne (dérivé ornière), et d'autre part hirundine a produit aronde.
118. On a encore le changement de n final de groupe en r, i° après une labiale appuyée, dans pampino, pampre, dans *timbano (classique tympano), timbre, et même après/ non appuyé dans cophino (peut-être *coffino), cofre, aujourd'hui écrit coffre (mais la labiale non appuyée disparaît régulièrement comme appuyante dans Stephano, Estiév(e)ne, Etienne, antephona, antiév(e)ne, antienne) ; 2° après un g* appuyé dans Lingones, Langrcs, et même après un c* non appuyé dans diacono, diacre, mot emprunté après l'époque de la chute du c intervocalique devant o. Dans organo, devenu d'abord org*ene. la nasale a disparu complètement, on a org*e, écrit orgue, au lieu de « orgre ».