Cf. § i63, et ci-dessous, d, note
2. Il n'y a pas d'adjectif terminé par une labiale muette ; quand / de jolif s'est amuï, on a cessé de l'écrire, et le féminin a été refait.
les liaisons. — § 166 à. 171
en dénasalisant la voyelle : bo-n enfant, « un ami » prononcé eu-n ami (au lieu de eun-n ami), et même u-n ami, prononciation archaïque, du temps où Vu n'était pas encore nasalisé. Bon-n enfant à côté de bo-n enfant, est semblable à savan-ment à côté de sava-ment, (§ 44).
A noter que, s'il y a un lien logique qui unit le nom de nombre au nom de l'objet dont il précise le nombre, comme l'adjectif au nom qualifié, ce lien manque entre deux nombres qu'on ajoute simplement l'un à l'autre, aussi ne lie-t-on pas la consonne finale dans cen(t) un, quatre cen(ts) un, etc.
d. — Les adverbes de temps et de lieu se placent ordinairement après le verbe auquel ils s'appliquent1. Mais les adverbes de manière et de quantité précèdent d'habitude l'adjectif ou le participe qu'ils « modifient » et avec lequel il est naturel qu'ils se lient : « il est bien-n installé, il a vivemen-t insisté, il est plu-s inquiet 2, il est trop étourdi, il a beaucou-p écrit, il est trè-s épris, il est for-t heureux, tou-t entier. »
Les prépositions étant toujours proclitiques, la liaison de leur consonne finale est de règle. Il faut cependant noter dans la langue populaire quelques hésita-
1. Dans « on est parfois injuste », il est naturel qu'on ne lie pas parfois à injuste, car cet adverbe ne s'applique pas à l'adjectif mais au verbe est, qui précède. De même : « ce sera bientô(t) achevé ».
I, Vu contraire, la liaison « il n'est plu-s inquiet, il n'a pa-s insisté » est factice, car la négation ne pas ou ne plus ne se rapporte pas au participe ou à l'adjectif qui suit, mais à l'auxiliaire ou au verbe « être » qu'elle encadre. Cf. « avez vou(s) entendu », § 166, b.
1 IKUAT. MANUEL DE PHONKT1QI I 12
I72 PHONETIQUE
tions qui s'expliquent, suivant les cas, soit par la fréquence de la position devant consonne, soit par l'analogie de l'emploi adverbial. Plusieurs prépositions sont en effet employées comme adverbes de temps ou de lieu, et dans cet emploi la consonne finale est en général complètement muette (£ i52). La liaison delà nasale ne s'omet jamais pour la préposition en (pour l'adverbe, § 166, U), et ne se fait jamais pour selon, qui est presque toujours placé devant consonne.
Les conjonctions, étant par définition des mots de liaison, doivent régulièrement se lier dans la prononciation devant voyelle, — et aussi le pronom conjonctif dont, — : « quan-t on veut (cf. § i^i) ; pauvre, mai- s honnête; celui don-t il a été question ». Bien entendu il en est autrement quand on marque une pause après la conjonction (§ 1 65, /). 11 ne saurait être question de la liaison du t de et, qui n'existe que dans la graphie, ayant normalement disparu de la prononciation de très bonne heure (§ i45, a).
167. Pour la raison indiquée § i65,/, la consonne finale se lie rarement aujourd'hui entre le nom et l'adjectif. Le caractère obligatoire de la liaison adjectif -\nom et le caractère exceptionnel de la liaison nom -fadjectif permettent de distinguer quel est l'adjectif et quel est le nom quand deux mots se suivent qui peuvent jouer l'un et l'autre le rôle d'adjectif ou le rôle de nom : « un savan(t) aveugle » est un savant qui est aveugle, « un savan-f aveugle » est un aveugle qui est savant ; « un méchan-t' original » est un original qui est méchant, « un mèchan(f) original » est un méchant