Sur la mouillure de l à l'infinitif, voy. § 2o
FUTUR ET CONDITIONNEL. § 196 g. 2O0,
devant r, la langue a pu hésiter entre w et v (cf. àurone et avril), d'où d'une part awra, puis ora, écrits aura, d'autre part aura, qui a succombé ; ara, plus rare, paraît dialectal. Aura pourrait aussi être une forme refaite, d'après devra.
f. — Pour la première conjugaison, Ye de la désinence -era a généralement disparu de la prononciation après une voyelle; on prononce payera ou paîra (§ 58, II, n.), mais on ne fait jamais entendre Ye à* emploiera, priera, etc. Envoiera était la seule forme correcte auxvir et au xvme siècle, on condamnait enverra qui est ou une reformation grossière d'après verra, ou une transformation de l'ancien envwèra par absorption de w comme dans les cas signalés sj 23, 6, exe. En vieux français durera était devenu « durra », livrera « liverra », donera « donra » et « dorra », c'est-àdire i° que les deux r se réunissaient quand le radical se terminait par cette consonne, 2° que le n final du radical, après chute de Ye, s'assimilait au r de la flexion. Mais tous ces futurs ont été refaits par analogie et ont retrouvé leur forme première. Le verbe laisser passait pour avoir deux futurs: laissera, et lairra encore employé par Corneille; en réalité lairra ou laira était le futur d'un verbe laire, de même signification et d'origine inconnue (on trouve laier pour l'infinitif, mais l'indicatif présent était « il lait »).
g. — La forme régulière du futur d'estre était estra (cidessus, a), mais pour ce seul verbe on a conservé pendant quelque temps le futur simple latin, ërit, sous la forme iert (erl dans l'emploi proclitique). Une troisième forme, celle qui a prévalu, sera, est plus difficile à expliquer; on a dû la tirer de sont d'après l'analogie déferont1 à côté de font.
i. Sur Ye déferont, voy. § 3o, exe.