BU PROCÉDÉ DU DOCTEUR GALL
J^ai déjà dît, dansTintrodurtion, et je répète que, dans le principe, le docteur Gall ne cher*chait des signes extérieurs que dans la forme générale de la tête pour les facultés intellectuelles, dans le sens des écoles philosophiques, telles que Tattention ^ la mémoire, le jugement et rimngination ; mais que peu à peu sil conçut ridée qu'il fallait chercher des signes extérieurs dans des endroits limités de la tête , de même que la mémoire des mots était indiquée seult»ment par les yeux saillans. Il apprit bientôt que la mémoire est différente , et il chercha alors des signes extérieurs pour des mé-
moires particulières, toiles que la mémoire des faits, des mots , des lieux , des personnes, des tons y âc.En outre , quelques individus connus poor leur caractère et auxquels il trouvait des parties de la tête extrêmement développées, lui firent naître Ticlée de chercher aussi dans la tête des signes pour les facultés morales.
Les facultés spéciales de Tâme étant incon-nues ou contestées , il fut naturel de comparer les actions des hommes, les grands talens et les caractères déterminés avec leur organisation cérébrale. Or, si Gall trouvait une partie de la tête très-saillante, il con-çut Tidée que la partie cérébrale qui formait cette élévation ou protubérance était Forgane du talent ou du caractère prononcé. D'un autre côté , si des fonctions énergiques sont affectées à des organes très-développés, les organes peu développés doivent être accompagnés de fonctions faibles. Ainsi Gall confirmait ses observations par une marche positive et négative.
Cette manière de procéder a donné occasion à deux inconvéniens : à Tidée des protubérances, et à la nomenclature défectueuse que Gall a introduite, c^est-à-dire de nommer les organes d'après les talens, les caractères et les actions qui résutlent des diverses combinaisons des fa-»
ctiliés parmi lesquelles une est prédominante» Ainsi, il faut se rappeler que les protubérances tie la tête résultent d'un développement prédo^ minant de telle ou telle partie cérébrale, tandis que les parties voisines sont moindres^ mais que c'est le volume de chaque partie cérébrale qui doit fixer notre altenlion ; car le volume des organes est une des conditions dont leur énergie dépend. C'est celle qu'on saisit le plus facilement, et qui suffit pour déterm'mer la nature de leurs fonctions. En se bornant à un seul et môme individu et en ne cherchant que la nature des fonctions cérébrales, on trouvera que les fonctions prédominantes, quelle que soit leur espèce, sont toujours accompagnées du développement marqué d'une partie du cerveau. Il faut pourtant faire observer qu'il ne suffit pas de considérer la longueur des organes, mais aussi leur largeur. Mais si l'on cherche les différens degrés d'activité avec lesquels les parties cérébrales agissent, le volume ne suffit pas. De même qu'on ne peut pas mesurer la force musculaire, et les fonctions des cinq sens d'après le volume des organes respectifs dans différens animaux, pas même dans divers individus de la même espèce ; de même on ne pcul pas dire que les dispositions affectives et inlel-
Icctuellei soient f roporlionnées au développement des parties cérébrales dans différentes es* pèces d'animaux, et dans divers individus de la même espèce. Pour évaluer les différens degrés d^activité des organes, il faut considérer leur tempérament ou constitution organique, même leur exercice et l'influence mutuelle des facultés spéciales. Ici je ne parle que du moyen de découvrir la nature des fonctions cérébrales.