ESSENCE DE COUGANISATION VIVANTE
péricurs et chez Thcmiine, où le défaut de symétrie porte sur les organes situés k^s lins derrière les autres, ainsi que sur les faces dorsale et ventrale. Chez beaucoup i*àniniaux, la symétrie latérale coexiste en partie avec la symétrie successive d'avant en arrière , comme dans les vertèbres chez ceux qui occupent le sommet de l*échelle. Abstraction faite de ce que la symétrie et le défaut de symétrie des corps inorganiques cristallisés portent toujours sur des surfaces planes et des lignes droites , ce qui est le contraire de ce qu*on voit chez les corps organisés^ il y a encore cette grande différence que les parties symétriques et non symétriques doK rristaux ont une composition simple, tandis que les parties qui se répètent syméiriquement chez les corps organiques sont composées elles-mêmes de tissus liétérogènes. Il ne nous est pas plus donné de connaître les causes d*où dépendent le?» divers types ée la symétrie organique, celles par exemple, qui déterminent dans le i^ormo même la situation desaxes pour la symétrie bilatérale, pour la symétrie d avant m arrière, pour la symétrie des côtés ventral et dorsal, clioz les animaux supérieurs, rfue de découvrir celles de la cristallisation symétrique. Du reste, dans l'organisme, le» organes ne sont jamais cristallins, et, quoique certaines graisses cristallisent à l'état de pureté, ce phénomène n'a lieu que quand elles sont soumises aux influences du dehors et soustraites à celle de la force vitale : il en est de même pour le sucre, l'urée, l'acide uiique. La plupart des humeurs et des matières organiques ne cristallisent même pas hors de l'organisme vivant (1).
Jusqu'ici, il n'a été question que du caractère particulier des corps organisés, qui fait qu'ils sont des touts organiques, composés d'organes hétérogènes, ayant la raison de leur existence dans le tout, pour me servir des expressions qu'employait Kant. liais la force organique du tout, qui est la condition de l'existence des parties, possède aussi la propriété de produire, avec la matière organique, les organes nécessaires à l'ensembla Quelques personnes ont cru que la vie ou l'activité des corps organiques était uniquement la conséquence de l'harmonie, en quelque sorte de l'engrenage des roues de la machine, et que la mort tenait h la destruction dc> cette harmonie. On ne peut nier cette harmonie, cet engrenage; car la respiration dans les poumons est la cause de l'action du cœur, et le mouvement du cceur porte à chaque instant au cerveau le sang modiûé par la respiration, ce qui met l'encé* phale à môme de vivifior tous les autres organes et de provocpier ainsi le^ mouvements respiratoires. Mais, ce qui donne Timpulsion à tous ces actes, cVst l'air atmosphérique dans la respiration. Toute lésion grave d'un de ces principaux ressorts du mécanisme du corps organique, le poumon, le cœur, le cerveau, fieui devenir une cause de mort, ce qui leur a fait donner le nom &atrîa mortis (2).
(1) Le canal vcnrtébral et la cavilé crAnlemie des grenouilles renferment, oulonr des parties centrales da système netreux, une couche de matière pultacée, Manche , qnl, d*iiprès KhrciH benc et Huschke, consiste en crislauK microscopiques et en carbonale calcique. Elircnberi^ a également décoaTcrl des cristaui microscopiques d*une matière organique dans le péritoine dps poissons et dans Tenduit brillant argenté de la choroïde de ces animaux. (Poooknoorpp's Anna* Um , t. XXVIIL ) Les olollthes contiennent aussi des cristaux.
(S) Sahrant ta Jnale remarque de Chossat (Recherchée etcp, §ur Vinanition, Paris, 48&S, p. iM), tes jphjrslologistes qui , arant et après Bichat, se sont livrés à Tétnde des causes de la ■Qrt t n*ost paiat épnlsé la question , en rapportant celle dernière au cerveau , au poumon et «i env. B» eÊÊttf mu n^cipllqne par là qu^un asseï petit nombre de cas de nk>n ; et dans la phtUMe fnhBonafrOf par exemple , on ne saurait dire qu'en général la mort arrive par asphyxie, pulaf^
La formation d'infusoires n'est pdnt une )>roduction |)rimitivc de matière orga« nique : eUe supposer déjà J'e\i$tenc« d*(>tre.s organiques, puisque aucune substance organique ne se développe jamais d*clle-merao, et que les vi^gétaux vivants (laraissent avoir ^uls la faculté de transformer des combinaisons binaires, comme l'eau et l'acide carbonique, en combinaisons ternaires organiques, en matière organique, tandis que les animaux vivent imiquemenl de matières organiques déjà formées, qu^ls n'ont pas le pouvoir d'eu cré(^ eux-mêmes avec des éléments ou des combinaisons binaires, et Vjue par conséquent leur existence suppose celle du règne végétal Quant à savoir comment les êtres organiques se sont produits primordialement, et comment la matière a acquis une force qui est absolument nécessaire à la formation et à la subsistance de la matière organique, mais qui, d'un autre côté, ne se manifeste non plus jamais c^ue dans les matières organiques, c^est une question qui dépasse les limites de l'expérience. On ne peut pas trancher le noeud en disant que la force organique est inhérente de toute éternité à la matière, comme si la force organique et la matière organique n'étaient (|ue des manières différentes d'envisager un si^ul et même objet ; car les phénomènes organiques ne sont réellement pit)pres qu'à une certaine combinaison des éléments, et la matière organique susceptible de vivre se résout elle-même en combinaisons inorganiques, dès que la cause des phénomènes organiques, c'est-à-dire la force vitale, vientà cesser. La solution du problème ap|)artient à la philosophie, et non à la physiologie empirique. Or, comuie la c/)nviction a des bases tout à fait différentes en philosophie et dans les sciences natun'lles, notre devoir ici est de ne pas quitter le domaine d'une expérience féc4)ndée par le raisonnement. Il faut donc nous contenter de savoir que les forces cpii font ^ ivre les corps organisés sont d'une nature particulière, et d'examiner quelles sont les propriétés qui les caracténsent
DK L'ORGAMSME ET DE LA VIE,
Kssence de rorganisalion yivante.
Les corps organisés ne diffèrent pas seulement des corps inoi'ganiques par la manière dont sont arrangés les éléments qui les constituent ; l'activité continuelle qui se déploie dans la matière organique vivante jouit aussi d'un |)ouvoir créateur soumis aux lois d'un plan raisonné, de riiarmonie, car les parties sont disposées de telle sorte qu'elles répondent au but (ni vue duquel le tout existe, et c'est là pré- GÎsément ce qui distingue l'organisme. Kant dit que la cause du mode d'existence dans chaque partie d'un corps vivant est contenue dans le tout, tandis que, dans les masses mortes, chaque partie la iwrte en elle-même. D'après ce caractère, on conçoit pourquoi une partie isolée du tout organique cesse (le vivre la plupart du temps, pourquoi le coips organique est un individu, un tout indivisible. Eu tantque les parties sont des membres hétérogènes d'un tout, le tronc ne peut pas non plus subsister après la perte d'une partie intégrante du tout.
Ge n'est que quand des animaux ou des végétaux très simples possèdent une certaine somme de parties homogènes, ou quand les membres homogènes appartenant à un tout se prolongent dans chaque portiim de celui-ci, que le tout peut être divisé, et que les segments séparés, qui contiennent encore les membres hétérogènes du tout, mais en moindre nombre, peuvent continuer de vivre. Les
KssENCK i>K i/or<;amsatio\ vivantk. 17
meaiix qu'on détache d*un arbre deviennent de nouveaux individus lorsqu'on les firlie en terre. Les diverses f)arties dos végétaux ont tant de ressemblanco entre clk*s, qu'elles peuvent se transformer k*s unes dans les antres , par exemple , les branches eu racines, Icsétaniim^ en pétales (1). Quehfues animaux simples, comme les polypes, sont dans le même cas. Ijcs deux moitiés d'un jK>ly|)e qu'où a coupé en deux continuent de croître chacune à part, ainsi que le prouvent les expériences de Trembley, de Roescl et autres. Il en est également ainsi de quelques vers, par exemple des Naîdes, chez lesquels les mêmes parties hétén^gènes, à peu pri*s, des portions^ de l'intestin, des nerfs, des vaisseaux sanguins , se prolongent dans les divers segments du corps. On a vu ces animaux se multiplier par scission ; mais si on les divisait de telle manière que les tronçons ne continssent pas chacun les parties caractéristiques du tout, la vie ne pourrait plus subsister en eux. f îhez les animaux supérieurs et chez l'homme, il y a certains organes, c'est-à-dire des membres du tout différents sous le point de vue de la qualité, qui ne peuvent être enlevés sans que la vie s'éteigne, sans que l'idée du tout soit eiïari!>e, et ces organes sont simples ou uniques , comme le cerveau et la nK)elle épinière, le cœur, les poumons, le canal intestinal, etc. D'autres parties, au contraire, qui n'entrent pas dans l'idée du tout comme membres absolument nécessaires, ou qui sont mnhipies, peuvent être retranchées. D'un autre côté , cependant , nulle partie de ces animaux ne saurait survivre à la séparation, parce qu'aucune ne conserve les membres intégrants qui caractérisent le tout L'œuf seul, le genne même, remplit cette condition, parce que la force organique n'a point encore formel les parties intégrantes du tout : aussi, lorsqu'il vient à se séparer, se développe-t-il en un nouveau tout. Il y a donc, dans l'organisme, l'unité du tout qui plane au-dessus de la multiplicité des membres et qui la domine.
D'après les faits qui viennent d'être rapportés, on voit que les corps organiques ne sont pas absolument indivisibles. Loin de là , ils sont toujours divisibles , avec conservation de leurs forces , lorsque les segments séparés gardent encore en suffisante proportion les membres du tout qui diffèrent les uns des autres eu égard à leur qualité, et même il s'effectue une véritable scission dans la génération des animaux et des végétaux supérieurs. Les corps inorganiques , au contraire , sont divisibles dans un sens bien phis étendu, sans que les parties perdent h's propriétés chimiques du tout : on peut, suivant une expression consacrée», les diviser à l'infmi, c'est-à-dirt*, d'apri^ la doctrine atomistique, jus<|n*aux atomes primitifs, que leur petitesse soustrait à nos sens, et, dans les corps qui, sous le point de vue chimique, méritent le nom de composés, jusqu'aux atomes produits par la réunion de divers atomes constituants , lesquels sont égak>ment inacc(*ssibles à nos sens. Cependant, parmi k^ corps inoi*ganiques, il s'en trouve aussi, les cristaux, qu'on ne saurait diviser jusqu'aux partkules |)rimitives sans qu'ils perdent de leurs propriétés. I^es cristaux ne se laissent diviser aisément que dans certaines directHms» et les parties qu'on obtient ainsi diffèrent fréquemment du tout pour la forme, ce qui a porté quelques minéralogistes (2) à considérer les cristaux comme des individus qui doivent leur existence à la continuité d'action de la force qui les a pro-
fl) CoeniB, Metœmorpkoaen der PfanzeH,
fi) Camp. M(Mi«, GmjHlritf âêr Minéralogie^ 1. 1, piMcf , p. 8.
duits, et qui périssent quand des influences chimiques extérieures on des influence!: mécaniques viennent à remporter sur leur force de cristallisation, sur leur dureté, lofais, quand bien mênie on voudrait considérer en ce sens les cristaux comme des individus, il n*en resterait pas moins cette grande différence, que les molécules sont homogènes dans tout le cristal, et que celui-^i est divisible au moins en agrégations homogènes de mdécules, tandis que les corps organiques sont composés de parties différentes d*un tout, c*e8t-à-4ire de tissus possédant des propriétés spérialos. Or tout corps inorganique est un agrégat de substances diverses m^ée^ ensemble, auquel il manque la relation, entre ces parties, nécessaire pour la subsistance? du tout
De ce que les corps organiques sont composés de membres hétérogènes d*an tout diaprés la loi de Tharmonie, il s*ensuit aussi la nécessité d*une différence prononcée entre la configuration extérieure et intérieure de ces corps et de leors organes et celle des corps inorganiques. Non seulement nous admirons, dans tout le règne animal, Texpression de forces prédominantes, comme, dans le cristal, le résultat d*une certaine force en une combinaison binaire ; mais encore la forme des animaux et des organes témoigne que tout est disposé d*une manière rationnelle pour le jeu des forces, qu*il y a harmonie prééublie entre l'organisation et les facultés, afm d'arriver au but pour lequel s'exercent ces facultés du tout, comme le prouve chaque partie, par exemple, l'œil , l'appareil auditif, etc. Dans les cristaux, au contraire, on n'aperçoit aucune trace d'harmonie entre la configuration et l'activité du tout, parce que le cristal, pris dans son ensemble, n'est point nn tout harmonique composé de tissus hétérogènes , mais qu'il a été produit par une agrégation d'éléments ou de nM)lécules homc^ènes soumises aux mêmes lois de l'agrégation cristalline. C'est pourquoi aussi les cristaux ne croissent que par des additions extérieures aux parties qui ont été formées les pronières, tandis que Torganisation diverse des parties unies ensemble dans le corps organique est simoltanéc la plupart du temps , de sorte que l'accroissement de ce corps part presque toujours simuhanément de toutes les particules actives de sa substance, et qoe l'augmentation de sa masse ne s'effectue pas, comme dans les corps inorganiques, |)ar simple apposition à l'extérieur.
La seule chose qu'on puisse comparer dans les corps organiques et inorganiques est la manière dont la symétrie se trouve réalisée dans les uns et les autres. Les cristaux ont des faces, des arêtes, des angles, symétriques et non symétriques. Les animaux aussi ont des parties s)'métriques et d'autres non symétriques, et les lois de la œnfiguratiou organique, tant symétrique que dépourvue de symétrie, mootrvui d(*s modifications semblables. Nous distinguons par exemple : l** un type symétri(iuo radié chez les radiaires, où des parties homogènes se groupent autour d'un rentre commun, et où la symétrie ne manque que dans les côtés antérieur et postérieur de l'organisation rayonnante ; 2** la symétrie des parties homogènes sor un type ramcux, comme cliez les végétaux, où les feuilles et les fleurs sont les parties symétriques qui se répètent, et cliez les polypes, où l'animal est la partie symétrique implantée sur le polypier rameux ; 3** la symétrie sériale dans la soe^ cession des parties symétriques d'avant en arrière chez les vers, où il n'y a de parties non symétriques que le ventre et le dos; d" enfin la symétrie bilatérale dans la ré|)étition de |>arti(»s semblables des deux cotés du cor|)s, chez les anioiaw ^t-