‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 132 sur 185 · ACTION DES IRRITANTS SUR LES NÏJIFS · texte numérisé non relu

ACTION DES IRRITANTS SUR LES NÏJIFS

CffAPITRE IL

»e l^IrritabUlté émm aerfe»

L'irritabilité , ceUe propriété des corps organisés , dont j'ai fidt connaitre V ' lois dans les Prolégomènes, appartient aussi aux nerb. En effet, les propriétésdei^j Ber£s« tant générales que particulières, ne se déploient partout qu*à la suite d'eid- ' tatiops. Mais la physiologie ne se propose pas uniquement de rechercher les M '| de cette propriété générale, seul problème dont, malheureusement, Brown et sa ; successeurs se sont occupés; elle examine encore les facultés ou forces spéciales ([ri^ peuvent être excitées. Les réactifs ne donnent lieu, dans les opérations chimiqaH, ; qu'à des produits, à des combinaisons, à des décompositions : appliqués anx coifi -{ organisés, et en particulier aux nerfs, ils ne déterminent, quelque Yariésqsîk'* puissent être, que des manifestations et des modifications de force déjà existaota. On yerra que toutes les influences qui s*exercent sûr les nerfs mettent en jen knr ' irritabilité, ou changent cette irritabilité elle-même. Dans le premier cas, ehl''^ agissent toutes de la même manière, quelque diverses qu'elles puissent être, et kl ' causes les plus diversifiées amènent le même effet, parce que ce sur quoi efei'^ s'exercent ne possède qu'une seule et même faculté irritable, et parce qoeki' choses les plus différentes les unes des autres ne remplissent pas d'autre rûe qK celui d'excitants, par rapport à cette faculté.

ACTION DBS IBBITANTS SUH LES RBIFS.

Les irritations, tant intérieures et organiques qu^extérieures et inorgankjoes, c'est-à-dire chimiques, mécaniques, caustiques, électriques, galvaniques, qonii eUes agissent sur des parties et des n^iis sensibles, donnent lieu à des sensatioos, aussi longtemps que la communication entre les nerfs et Taxe cérébro-rachidiel demeure intacte. Toutes se comportent en cela de la même manière. Modéréo, elles ne produisent que des phénomènes de sensation ; plus intenses, elles opèretf des changements dans la faculté sensitive. Quelle que soit celle qui agit sur des nerft de muscles ou sur des muscles eux-mêmes , elle détermine une contraction ds organes musculaires dans lesquels le nerf irrité se répand; et cet effet a lico toirl aussi bien lorsque le nerf auquel on applique l'excitant tient au cerveau oo ih moelle épinière, que quand il en a été séparé. Les nerfs ont donc, en vertu delev irritaUlité, le pouvoir d'exciter des contractions dans les muscles auxquels ils se rendent ; ils le conservent tant que ceux-ci vivent, ou, après leur mort, tant (fK dure leur irritabilité propre. Pour que les muscles se contractent sous rinfloeoff d'une irritation appliquée aux nerfs , il est nécessaire que la portion de cen-d qu'on irrite soit intacte jusqu'aux organes musculaires, quand bien même sa coomunication avec le cerveau ou la moelle épinière aurait été détruite. D'an antre côté, toute irritation qui s'exerce sur un nerf entier ou mutilé produit une setsation, tant que la portion de nerf sur laquelle elle agit demeure en relatiofi ^ la moelle épmière ou le cerveau.

AGXKMf m» nBlTANTS 5UR LBS NEIPSt 5W

IrritatioiM mècanlqiies»

rsqa'on irrite mécaniquement, soit les extrémités ou les branches d*nn nerf, on tronc raccourci, la sensation a lieu aussi longtemps que ce nerf demeure )mmunication ayec la moelle épinière et le cerveau. Dans les nerfs du tronc, rritations ne donnent lieu qu'à des sensations tactiles, à de la douleur, à h nion d*un choc ; tandis que, dans les nerfs optiques et la rétine, eUes n*occalent point de douleur, suivant les observations de Magendie , mais seulement iensatlon de lumière, effet que chacun sait avoir lieu toutes les fois que FœH

à être comprimé ou à recevoir un coup. Les irritations mécaniques qui !at sur les nerfs auditifs, comme les osciUations des milieux conducteurs du H les ébranlements de la tête ou de Torpille, lorsqu'on voyage pendant longi en voiture, produisent la sensation du son; mais ces neiîs ne paraissent pas celle de la douleur.

même, toutes les fois qu'on tiraille un nerf de muscle, qu'on le pic[ue, qu'on lo nd, ou qu'on le distend, le muscle se contracte, et avec tout autant de force pourrait le faire sous l'empire d'une irritation galvanique ou électrique. La porle nerf qui tient aux muscles conserve cette faculté, quelque peu de longueur n lui laisse. Mais il n'y a jamais de contractions lorsque l'irritation mécanique e sur Tautre bout du nerf coupé, sur celui qui tient à la moelle épinière et au eau.

es mouvements de muscles recevant des nerfs cérébraux et rachidiens, qui rèdent à une irritation mécanique de ces muscles ou de leurs nerfs, consistent [Dément en des convulsions qui durent aussi longtemps que l'irritation cou- 3 d'agir. Au contraire, dans les muscles dépendants du grand sympathique, ne à l'estomac, au canal intestinal, à la matrice, au canal cholédoque, à l'ure.à la vessie, les mouvements qui succèdent à une irritation mécanique de leurs isont non pas convulsifs, mais soutenus, et durent beaucoup plus longtemps cette irritation. Le cœur réagit aussi pendant un temps bien plus long que la e de l'irritation, et le rhythme de ses battements demeure longtemps éloigné pe normal, alors même que l'organe n'a été irrité que d'une manière passa-

G'est donc une pn^riété empiric[uement démontra des muscles soumis au grand sympathique , que la durée de la réaction l'emporte de beaucoup sur de l'irritation ; tandis que, dans les muscles de la vie animale, la réaction ne

pas plus que cette dernière , et cesse même fort souvent avant qu'elle soit te.

irsque les irritations mécanic[ues agissent avec une grande intensité, de manière y la substance délicate des fibres primitives, la faculté d'exciter des sensations Dmve abolie par là dans les nerfs, pourvu, toutefois, que le point lésé soit interaire entre celui sur lequel porte l'irritation et le cerveau. Un nerf musculaire également l'aptitude à provoquer des mouvements sous l'influence d'une irria quelconque, quand il vient à subir une compression ou une contusion entre Bscle et le point irrité, absolument comme s'il avait été cotipé. La faculté senides nerfs &t donc interrmnpue par toute destruction mécanique du cordon mt eiRre le cerveau et l'irritation, de même que leur ÛK^ulté motrice Test par

toute dostnictibn mécanique entre Tirritation et le muscle. La destruction mécaoip ne paralyse que localement le pouvoir des nerts; de sorte qu*un nerf consenek sentiment sur tous les autres points situés entre le cerveau et le siège de h e» ti|^pp, f(t q^*ft ^xpitp (tes iQouvemeoU quand Qi) Virrite ^o tout poim imenMjél ey^^-e ce siège et 1^ mq^le. I|lfû3, quapd QP tirailla ^p Iqps uo nerf mmcdaiir, lui arrive f réqpempi^nt <ie perdre son irritation daw tPftlc sa (oognmir, et Iç lui-piépic est fort souvent apSBi ^épopillé dq sa (acidté copUftçtjie, qwBe (p Tespèce 4*irntat|op qpi 4ésor(pai3 agisse sur lui.

Tcipp^raturc

Le froid et le chaud excitent aiissi des sensations et des contractioDS laires.

Lorsqu'on brûle un nerf musculaire ou le muscle lui-n^ême, celui-ci se c|| tracte. Ses contractions sont extrêmement vives quand on expose le nerf flamme d'une bougie. Une chaleur peu élevée, tel{e que celle d'un mom^^ fer échauffé, n'agit pas avec assez de force sur les nerfs des muscles pourgoe derniers entrent en contraction.

Le froid se comporte de la même manière. Le fait anciennement connoqi' muscle dans l'artère duquel on injecte de l'eau froide , est pris sur-le-chanip m contractions violentes, eh fournit la preuve. Des contractions onf lieu aussi qaai on verse de l'eau froide sur la surface d'un muscle. T^ médecine pratiquerai parti de ce phénomène : car on injecte de l'eau froide dans les vaisscauidQfb* centa encore adhérent, afin de remédier à l'atonie de la matrice et aux (K^rtes utérines, après l'accouchement L'iris se resserre également, par sympthic, (fsd on aspire de l'eau froide par le nez.

Dii reste, les hauts degrés de froid et de chaud , qu'ils agissent avec rapidité IJ seulement peu à peu, détruisent la force nerveuse, et amènent la mort réepeijj apparente. Lorsque l'abaissement et l'élévation de la tem])érature ont lieu n^ beaucoup de lenteur, ils i)euvent faire passer l'irritabilité à l'état latent, ccqi donne lieu au sommeil d'hiver et au sonimeil d'été, qu'on obsen'e chez certiï animaux.

La destruction purement locale de la puissance nerveuse par le froid et h chàM détermine les mêmes phénomènes que celle qui dépend de causes mécaniques froid artificiel très intense anéantit, aussi bien que la chaleur, la faculté de et celle de se mouvoir dans les parties qui en reçoivent l'impression. Mais autres points des nerfs conservent leur irritabilité, et le nerf musculaire dailj a brûlé le bout éprouve des convulsions lorsqu'on l'irrite entre le point brûlé muscle. • ' .1

IrrjtatJQas cbîmiqijGS.

Toutes l^s irri(atioqs phimiq^es agissent si|r Ijs pouvoir ^efptif ^ Jfgfjjkl que cpi)]^-d dcinpprpnt eq rappqrt avep le c^ryean et 1^ iHQcil^^ épi|#rp. {4^' prqvflcjnpi^t des pppyi}i§jpiiç qqand qp Ifis qppliqpfi m 'e? ficrf?: ft»|WWf i ffeicflfs, at| CHutrairp, \^^ mm «HP '^s îjcjjfps gf Ip? gpls wét#(i«ft IIÏ!

rjfe 3gl!»«fi| far jes muscles ewx-jij^?ijej. ï^ |f j(}es raiftf r^Hf, Vapiflç 8H}f«rjgHP|

?«HÎIH? » r Ml SSPS #5* fc ea^ ïpig c^ fé^ptifs , H j'éjjjf 4e fftpc(îi|fr^l|ft«, truisenl sur-le-champ Tp feçultt^s des ijpFfe , gu^m rgs^t^f jpc?pjftlc§ ^'^tf g ités par d'autres irritants aerrièrc le point avec lequel on les a mis en rapport, Eidis que les nerfs conservent leur pouvoir moteur entre le muscle et le point HUl» Pijr rapflt ^IfflJRHe. Tm^ CÇ5 lïïpïfips ^ptr^^qt |i(^ h p|jj|if witfcur« ; W^fS' »H M^n^ ^»* «lHf?ct, ils ç^cjtppï ^cs c9nvH}^pïjg ; j'alçqftj q$t ce)))} |i 4è(f?rfn|pf |«l Rjp5 ftibjçs de toutp^ L^ ajcalis. w Pï<tf?H'¥? ?PWP^Hi«P live^^t ^i cpi}ynlsiong Ips p||}s yipleptfiç 4p§ qp>» ^s i|ppliqi|e % )f§ jjf rfc, et lî» bf^Hf^HB ^^ P^^ '^"^^ Ils »?isse»u v^iiç fil}|s ^'jqfpp^ifé fme |e g9)vaw3if)g JIHP amèjS Piliff }}^ plaqHfiS- f»i vu , çoRime r^Vêît d^jf q^ryé nupibqi4( , |^lîç§Uon de 1^ pflfafse cfjfl?ti||Wc sur uii nerf faire nq|trp 4<î8 cqnvujsjpqs spijl^ùes dap« tops les îppsfleç (^^ij recevaiept de lui dps «rapc^fiÇ. t^e frçmbleqaepf a ÎF* SW»??}?? I cipgimiife secpp^cs sous les ye^x ^p fjqmJjoHt, qwi a fficoppi» Balf pient ^flp ^es conyujsiQi)^ sur\ jcnucut alors n^ôfne qu'QR ;» pf éftj^blfip^ent fiflfï* fesnerjs d'me oit4ç plusieurs ligatures (|); 4||]^ pe (9^, les ligafyrç^ spHept

fig. 74.

1^1)^. |.C8 sçulc§ siil^stanccs qui, suivant luj, produiscpt cet effet, cjuand on Icç Mifluc §Hr ie^ péris, sont la potasse, la soude, Fammoniaque, le chlofurc de t^^, |>cide apsénieMX, )p {artr^tç d'iiptimoii)e et de potasse. Les irritants 4étcr-

r^] Vtriucke ueM die gcreizie MuskeUund Ncrvenfaur, Poscn, 1797, t. II, p. 868. ^) La figuré 74 représeule, d-après Becquerd , un appareil servant à prouver que les oouéltfM^qim QUI accQippagnent les ré^pUniis cUj|p|q}iei soift f^ple» à provoquer d^ coii|r|ç-

'muette dû même inélai e est mise en coiilact avec le inuscle <{.' La première languette va f Ans un vase /contenant de racidc azotique 1res étendu , et Tautre dans un Verre g cbnane diiaolution également fort étendue de potasse caustique. Lonqu*oa bit communiquer ^ Vitft cotgnble nar le moyeii d'unç n^he de cotQn ))umeclée, de fortes convulsions ont * *^^»\W|a férmètarc àe la cj|j\nç. ^' ' ' ' i^oie rfiçr rarf.)

Page 1