DE LA MÉCANIQUE DU PRINCIPE NERVEUX
is mots de mécanique du principe nerveux ont ici le même sens que ceux de inique de la lumière en physique, c'est-à-dire que j'entends par là Tensemble ois suivant lesquelles la propagation de l'effet a lieu dans les nerfs , ou , en très termes, la théorie des mouvements du principe nerveux. On ignore ensi , quand les nerfs agissent, une matière impondérable les parcourt avec uiie culable \itesse, alors même qu'après leur section elle vient à y être dégagée une irritation quelconque, ou si l'action du principe nerveux ne consiste qu'en oscillation d'un principe impondérable déjà existant dans les nerfs, et que le eau ou une irritation quelconque fait vibrer. Ce proMème n'est pas plus snsible d'une solution déûnitive ici qu'à l'égard de la lumière , par rapport à elle les physiciens ne savent point non plus laquelle des deux théories, celle émanation ou celle de l'émission , est exacte. Mais la solution est aussi peu ïssaire pour l'étude des phénomènes du principe nerveux que pour celle de la action , de la réflexion, etc. , de la lumière. Nous aurons d'ailleurs occasion de nir plus loin sur le problème lui-même.
orsquc l'on compare entre elles les diverses parties du système nerveux « on
que les unes jouent le rôle de conducteurs et les autres celui de moteurs du
ipe nerveux. Les conducteurs sont les nerfs; les moteurs sont les organes
aux. Cependant les nerfs ne se montrent pas simples conducteurs. Quand on
téparés du cerveau, ils sont pendant quelque temps moteurs et conducteurs
)is, puisque les irritations qu'on y applique les excitent à faire mouvoir les
s. Mais, peu à peu, ils perdent cette double faculté d'être moteurs aussi
>e conducteurs du principe nerveux. Si on se les représente comme conduc-
a propagation de l'action du principe nerveux peut , comme cette action
ne, être conçue de deux manières : ou le fluide nerveux impondérable est
à travers le conducteur suivant une certaine direction , et sous la forme
nt, ou Toscillation de ce fluide n'est excitée que dans les fibres nerveuses»
té de Faction nerveuse est la vitesse avec laquelle le fluide impondérable
conduit soit du cerveau à la périphérie , soit des parties périphériques
I, ou celle avec laquelle une oscillation partie soit du cerveau, soit d'un
onque du nerf, se propage jusqu'à l'extrémité périphérique de celui-ci,
m. Peu importe également, pour l'étude de la rapidité de l'action ner-
elie de ces deux hypothèses se rapproche le plus de la vérité.
les expériences qui ont été faites pour mesurer la rapidité de cette
!)ose sur une base expérimentale solide. Haller attribuait au fluide ner-
esse de neuf mille pieds par minute; Sauvages la portait à trente-deux
cents pieds par seconde, et un autre à cinquanre-sept mille six cents
626 MÉCANIQUE Oli PRINCIPE NËAVEUX.
millions de pieds (1). A Tépoquc où l'on croyait encore à l'identité de Fageni éhftriqne et de Tagent neneox , on calculait la vitesse du second d'après celle du p^^ mier. Nous n'aurons probablement jamais les moyens d'évaluer la rapidité (k Faction nerveuse , parce qu'il nous manque , pour établir des comparaisons, ces distances immenses à l'aide desquelles nous pouvons calculer la vitesse* de U himière, cpii , en ceci , a de l'analogie avec elle (2). Tout récemment raiteniioo s'est fixée sur la différence qui existe entre les obser> ations de très petites fractioos du temps ou de l'espace faites simultanément par plusieurs astronomes , à l'aide des sens de l'ouïe et de la vue, et d'après laquelle quelques personnes ont regard»^ çooime une cbose probable qqe la rapidité de l'action nerveuse varie suivant les rtgioDs du système nerveux , ou même selon les individus. Les détails de ces reloarques ppt été comnmniqués à l'assemblée générale des naturalistes, à Heiddl^Eg, par Treviranus et par iNicolaï , directeur de l'Observatoire de Mannheim. Ik spnt trop importants pour que je ne les consigne pas ici en entier.
« Une très grande partie des observations astronomiques consiste à observer » sar une pendule à secondes le moment auquel un astre, en vertu de rappireotr n rotation journalière de la sphère céleste autour de son axe, passe devant les fik » du microinètre d'i^n télescope fixé en place. Le chemin que l'astre parcourt, a » iii^e ÇQconde entière, dans le télescope , est tellement considérable , sarloiit « lorsque ce dernier grossit beaucoup, que le moment de son passage ao-deian » des fils du micromètre peut être indiqué, non pas seulement par demi-secoadf. » 0|i {KU* tiers de seconde, mais même par dixième de seconde, pour peu qQ*« n ait l'habitude et que l'état de l'atmosphère soit favorable. Deux sens, la met j » l'ouïe, agissent simultanément dans ces sortes d'observations. Pendant qu'fl | » suit de Toeil la marche de l'astre dans le télescope, l'oreille remarque les cfaoa | » indiquant chaque seconde à la pendule voisine. Pour arriver à une appréciatif ! A aussi exacte que celle qui vient d'être indiquée du passage réel de l'astre deiat ; ^ les fils du micromètre, on remarque, et la distapce qui, à un certain choc if » seconde, le sépare encore des fils lorsqu'il est au moment de les traverser, d » celle qu'au choc suivant il laisse entre eux et lui après les avoir franchis El : » comparant l'étendue de ces deux distances de chaque côté, on peut indiqaff ,
(1) Hallbr, t IV, p. 372.
(2) On n*a pas jusquMci démontré d*ana1ogîe entre la vitesfïc du fluide nerreai et celle èb lumière ou de l*électricité. Qu'on expose son doigt à Inaction d*une roue dentée qui bit iMi^ folulions par seconde, on ressent encore une impression isolée du choc de chaque dent, érurtr qu*en évaluant à deux pieds et demi la distance entre le cerveau et le bout du doigt, oq m^ une vitesse de propagation de 250 pieds par seconde. D'aprC's Tacuilé du son produit par IcMl âe certains diptères, on calcule que ces insectes peuvent étendre et fléchir leurs ailes 8,0M !■ par seconde , ce qui , en admettant deux lignes de distance entre les muscles et le centre wveux, d*où part la volition, donne une vitesse d'environ Hi pieds par seconde. Aonn U> jusqu^ici , n'autoriserait à en admettre chez l'homme une semblable, qui , cependant, tfi '^ rieure à celle que supposait Elaller (150 pieds par seconde); car, par exemple, Valeolio cite* habile pianiste qui pouvait étendre et fléchir le doigt indicateur 330 Tois par minute, d'oiifi prenant la môme distance que précédemment, il ne ressortirait qu'une vitesse de iraïuuiji* de 10 -pieds par seconde. Or, d'après les tables de Scholz, le son parcourt dans Pair, à VC, 1022 pieds par seconde, et le centre de la terre, dans sa révolution autour du soleil. 9tf^ Dans le même espace de temps , la lumière parcourt 70000 lieuesi , et la vtteme de Téledridlélr long d*un lit de cuivre est plus grande encore. (iYof# dm trtl]
MÉc!AN1QUK D!i PRINCIPE NERVEUX. 627
» avec une grande précision le vrai moment du lissage de l'astre au-devant du B fil, OU la fraction de seconde durant laquelle ce passage s*est opéré. Déjà depuis » quelques années, le célèbre directeur de l'observatoire de (Copenhague, Bcssel , » remarquait qu il indiquait le moment de Tappulsion d^une étoile aux fds du » télescope d'une manière sensiblement différente de celle de son co-observateur. Il j» redoubla donc d'attention à cet égard , et une série d'obsenations fut entreprise » pour approfondir la chose. Le résultat fut que Bessel indiquait toujours d'autres » moments que celui qui observait en même temps que lui , et que la différence » était tantôt plus, tantôt moins considérable, tandis que les résuhats de chaque 9 observateur se trouvaient en harmonie parfaite. .Moi aussi , dit Nicolaï , j'ai eu ■ deux fois l'occasion de faire des recherches h ce sujet. Au printemps de 1827, : n j*eas le plaisir de recevoir la visite du directeur de l'Observatoire de Mcolajef , ^ » Knorre. Nous proGtâmes de son séjour à Mannheim pour faire ensemble des N observations. £n com|)arant minutieusement nos résultats, il se trouva que » Roorre indiquait les vrais moments de toute une demi-seconde plus tard que
• moL J'ai répété naguère cette intéressante expérience avec Glausen, habile > astronome et mathématicien du Danemarck ; il indiquait les moments plus tard » qae moi d'un tiers de seconde. La différence est plus grande eucore avec d'au- » très observateurs. D'ailleurs, elle a été tant de fois constatée, qu'on ne saurait
• douter du fait (1). »
^iicolaî prétend que ce phénomène singulier ne peut être expliqué que par une
différence dans la rapidité avec laquelle l'action arrive de l'œil et de l'oreille à la
conscience. Si l'on admet, en effet, qu'une personne qui dirige à la Ibis l'activité
' et ces deux sens vers un même objet voit plus vite qu'elle n'entend , tandis que,
chez une autre personne, la différence est moins grande, ou nulle , ou même pro-
' iioncée en sens inverse, c'est-à-dire si cette dernière entend plus vite (fu'elle ne
' t!Oit, le phénomène se conçoit d'une manière aussi simple que naturelle. Mais il
^^Qsuivrait l'importante conclusion que le conflit entre les organes des sens et la
oontcience n'est point absolument instantané, (^e phénomène permet donc d'espérer
4|0'un jour nous approcherons davantage de la solution du problème qui concerne
^A vitesse de l'action nerveuse, à moins toutefois qu'il ne soit possible d'en donner
mMMte autre explication , même plus vraisemblable. On sait qu'il est difficile à la
^^osiscience de consacrer une égale attention à deux sensations différentes, et que,
plusieurs sensations ont lieu à la fois , l'attention se porte, ou sur elles
utivement, ou sur une seule. Ainsi , quand on doit écouter et regarder en
s temps, il est inévitable qu'on entende d'abord et qu'on ne voie qu'ensuite.
l'intenallc entre deux sensations arrivées à la conscience varie suivant les
Mus; car il y a des personnes qui peuvent seiitir et remarquer beaucoup de
^i la fois, tandis que d'autres ont besoin pour œla d'un laps de temps notable.
temps qu'une sensation met pour parvenir des parties extérieures au cerveau
^ *^ moelle épinière, et la réaction pour se manifester dans les parties extérieures
Arme de convulsions , sont également infiniment petits et inappréciables.
[li'on empoisonne des grenouilles avec de l'opium ou avec de la noix vomique,
^feviennent d'abord sensibles à tel point qu'il suffit de leur toucher la peau
Ut, IWO, p. «78.
(>28 MÉCANIQUE UKS NKRFS UOnURS.
aussi légèrement que possible pour donuer lieu à une- convulsion générale. In Faction passe de la peau à la moelle épinlère, et revient de celle-ci à tous les mondes; cependant il m*a été impossible de remarquer le moindre intervalle entre Tattoucbement et les convulsions.