‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 152 sur 185 · MÉCANIQUE DES NERFS SEMSITIFS · texte numérisé non relu

MÉCANIQUE DES NERFS SEMSITIFS

IL L'irritattùfi d'une branche de nerf est accompagnée d'une sematmlmk aux parties qui reçoivent des filets de cette branche^ et non d'une sensatimim les branches qui émanent plus haut, soit du tronc nerveux, soit du même plextL

Les faits qui se rapportent ici sout trop connus pour que j'aie besoin delesdki tous. L'irritation de la peau du bras se fait en général sentir là seulement oàefci lieu. La compression du nerf cubital ne réagit jamais en sens rétrDgndesvk plexus brachial et les autres nerfs qui en émanent Les expériences précédenuKi citées de Gaedecbens sur les nerfs facial et sous-orbitaire démontrent qu'onaf sensitif qui s'anastomose avec un autre nerf cérébro-spinal sensitif ne tnmi point les ^nsations au tronc du second nerf, et que l'anastomose n'est qu'uni^ pareil ayant pour usage de répandre les ûbres primitives à la périphérie; or, malgré les anastomoses entre les branches de ces deux nerfs, il ne rétro([nfc jamais rien du nerf sous-orbitaire dans le tronc du facial, ni du nerf ^Kialdanik tronc du sous-orbitaire, et les fibres qui constituent l'apparente anastooNseii font que se porter plus loin vers la périphérie. Lorsque Gaedechens coupait « branche allant du nerf facial au sous-orbîtaire, et irritait le bout provenant doMf facial, il n'y avait pas de sensation , et par conséquent cette portion du fadalK renvoyait rien non plus au cerveau à travers le nerf sous^rbitaire. On ne panioi pas davantage à exciter de la douleur en irritant une branche qui a été déudiée du nerf sous-orbitaire, mais qui tient encore au nerf fiicial. Il en est doncidè même qu'à- l'égard de la force motrice, qui, après l'irritation d'une braocheiffveuse, ne provoque janfais de convulsion en sens rétrograde par les branchesfli^ sant du tronc à une plus grande hauteur. Cependant il y a des circonstaDoeste lesquelles des phénomènes fort étendus de sensation peuvent naître d'un seolMrfi mais ces phénomènes s'expliquent par le concours des organes centraux, lecmefl et la moelle épinière, et l'on ne peut s'en rendre compte par un conflit entre kl neris eux-mêmes, comme je le ferai voir plus tard.

III. Lorsqu'une partie reçoit, par le moyen d'une anastomose, des jurfsdij^' rents, mais de même esjyèce, après la paralysie d*un de ces nerfs, l'autre m f^ pas entretenir la sensibilité de la partie entière, et le nombre des poifit$ çttUtmeurent sensibles correspond à celui des fibres primitives demeurées intada.

Quand deux nerfs s'anastomosent ensemble, l'une des racines de l'aoastoaioK

fort. Lorsque le refroidissement eut duré douze minutes, on fît des expériences sor k pov(* sensitif des doigts ; et l*on vit que, tandis qu'avec le pouce, Tindex el le troisième doigt, qoi* reçoivent aucune branche du nerf cubital, les différencps de température étaient perçnes, ceB'él' plus le cas pour le cinquième doigt ni môme complètement pour le quaUîème.

La (bcuHé de sentir se perd immédiatement quand on remplit les cavités nasales avec de i^ froide ou chaude. Toutefois, comme cet effet se produit même quand Teau a la tnapèntoR'! sang, et, en général, se manifeste avec toutes les températures, le froid et le chaud* doi^ pas être considérés comme les causes capables d'amener seules cet effet ; mais le cootad ^^ membrane muqueuse avec Teau parait priver pour peu de temps cette merobraïke do pMitir^ recevoir ses impressions olfactives. De ces dernières expériences, M. E. H. Weber tire ted»" dusions : i*'que le voile du palais, non seulement empêche Pair, les aliments et lesboiM^* refluer dans les cavités nasales, mais encore ne permet pus aux liquides qui emplisseotletfi^ pénétrer dans la gorge; 2*» que, par cela seul qu'on emplit les cavités nasales afcc def* on supprime pour un temps, même quand ce liquide s'est complètement écoulé, et qoelleqv^ la température, la sensation olRictivc. è. L.

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lit suppiï'or Taulrc, comme se suppléent les artères; |)arlout où des nerfs -rachidiens s*anncxcut pour former un tronc plus gros , la paralysie d'une lies de ce tronc entraîne la perte de la sensibilité dans toutes les fibres priqui la constituent , et il ne reste plus de sensibles que les fibres du tronc nt de la racine non paralysée. Ainsi , après la section du nerf cubital , qui au cinquième doigt, au quatrième, et en partie aussi au troisième, ce nerf être suppléé par sa communication avec le médian et le radial, et les doigts > il se distribue demeurent paralysés, comme on le sait. S'il reste encore le trace de sensibilité au côté externe du quatrième doigt, elle doit provenir ^s primitives qui du nerf médian se portent au rameau palmaire du cubital. e sensibUité qui persiste dans les parties d*un membre auxquelles un nerf bue, peut donc toujours être, expliquée par des fibres d'autres nerfs, qui ne liquentpas avec celui-là, et qui ne s'anastomosent qu'en apparenC/C avec faits sont mis en parfaite évidence par l'histoire des paralysies incomplètes. L cas où £arle (1) avait excisé une partie du nerf cubital derrière le condyk de rhumérus, Findividu, cinq ans après l'opération, ne |X)uvait se servir |)etit doigt, et n'y éprouvait que des sensations incomplètes. Swan fait rer avec raison , à cette occasion , que , si la prétendue communication eût seulement même à un faible degré , les anastomoses qui ont lieu entre la du nerf cubital située au-dessous de la plaie et les neris médian et radial, t dû suffire pour entretenir les relations du doigt avec le cerveau. Il rapporte e cas dans lequel, à la suite d'une plaie de l'avant-bras, à trois pouces du , plaie qui fut accompagnée de la section des nerfs radial et médian , le mt disparut dans le pouce, les deux doigts qui le ipivent, et les parties corlantes du dos et du plat de la main, tandis qu'il demeura intact dans les me et cinquième doigts, comme aussi dans les parties de la main auxquelles lie nerf cubital.

)nc les nerfs semblent former de nombreuses anastomoses, et s'il arrive t aux faisceaux d'un même tronc d'unir leurs gaines de pouce en pouce, t que les fibres primitives continuent de marcher parallèlement les unes aux la nature n'a produit là rien qui resseùible aux anastomoses des vaisseaux ; voulu seulement que les mêmes parties reçussent des fibres primitives fs différents. Cette disposition était d'autant plus utile, que, sans elle, la d'un nerf détruirait entièrement la commimication d'une partie avec le

Des parties différentes de V épaisseur d' un nerf sensitif produisent^ quand *rite, les mêmes sensations que si des ramifications terminales différentes jarties du tronc venaient à être irritées,

ju'on irrite mécaniquement sur soi-même le nerf cubital par le moyen que que, et surtout quand on le fait aller de côté et d'autre en le comprimant \ doigts, on ressent des picotements dans la paume et au dos de la main , quatrième et cinquième doigts; mais, si ensuite on comprime directement, nilleinent se fait sentir tantôt dans l'une, tantôt dans l'autre de ces quatre et à la paume comme sur le dos de la main, l'endroit où l'on éprouve les

*dico<hirurgi(a\ TraKëacthns, London, 1816, t. VH, p. 173.

f>38 MfiCANigiJK DES \ERFS SENSITIFS.

picolemenls varie suivant la nianit'ro dont on presse le nerf, c'est-ànlire que telles ou telles de ses fibres, que tels ou tels de ses faisceaux de fibres épm- ^ vent plus de pression que les autres. On observe le même phénooèDeeiintti | les troncs nerveux du bras. Mais c'est au nerf cubital qu'il est le plosCxileéilF I .[ sur les points différents de l'épaisseur du cordon, tantôt en appoyant dessus, taA |^ en le faisant rouler avec les doigts de l'autre main dans le silton dacoDdykiSMe de l'humérus au coude. De môme, une forte pression exercée sur le oedsoaorbitaire à sa sortie du trou méfait éprouver des picotements dans dcspoitisèfirents de la joue et de la lèvre supérieure, suivant les modifications qiiefio{râei cette action mécanique. Du reste, l'application de la pression au nerf soos-octiR présente beaucoup plus de difficultés, parce qu'il faut l'employer d'abori poi trouver la sortie du tierf, et que ce n'est qu'après qu'on peut analyser lesMHÉi I j qui surviennent lut

V. Les sensations des fibres nerveuses les plus déliées sont isolées coaim tek j j, des troncs nerveux, et elles ne se mêlent point les unes avec les autres d^k ^ parties extérieures jusqu'au cerveau. tin

Ce théorème est la conséquence des faits et des lois dont l'cipositioDprfcèfe ^^

J'ai prouvé qu'il n'arrive jamais aux fibres primitives d'un nerf dcseraaÉri ^ de s'unir ensemble, soit dans le tronc, soit dans les anastomoses, où elles K ii j^^ que passer d'une gaîne dans une autre, en formant de nouvelles séries pari» m juxtaposition à d'autres fibres primitives, parallèlement auxquelles elles cwiiB* ^^ de marcher. J'ai fait voir que, de cette manière, le tronc neneuxestleBsw* i^^ toutes les fibres primitives qui se développent en sortant de ses branches, Jif' ^^. par conséquent il existe «ne harmonie préétablie entre les fibres du trooc et» ^^ éléments des plus petites ramifications. J'ai démontré enfin que les troncs dai» 1^.^, ont les mêmes sensations qui; toutes les branches prises collectivement; ([•■ '^, branche du tronc, quand on l'irrite, ne produit pas de sensation danslesâBW-* ^\^ qu'une partie de ce tronc éprouve les mêmes sensations que si l'on init* ■ |. portion de ses branches ou des parties auxquelles elles m* rendent Si l'ona ■■ i, suivi toutes ces démonstrations, on sera forcé d'admettre le tliéorèine préc»bien qu'il ne soit qu'approximatif, et que la prouve.n'en puisse être fouraiepw^ |. qui concerne chacune des fibres primitives les plus déliées. On ne sauftHoqje* ^^ contre lui les belles expériences de >Vebcr, d'après lesquelles la faculté dapp** la distance entre deux corj)s qui touchent la peau varie beaucoup suivant les partie i,», de sorte que plusieui-s de ces dernières, conmie le bout de la langue, joç^*' h, d'une distance de deux cinquièmes de ligne, tandis que d'autn»s, comme l*'!^ i^ médiane du dos, n'en sauraient évaluer une au-dessous de trente lignes :cjr^ fr, faculté dépend sans doute du plus ou moins grand nombre de fibres pnœww» nerfs sensibles qui se rendent à une étendue donnée de l'organe cutané.

Maintenant on se demande : Quand les fibres primitives, qui sont réoiitt" unes à côté des autres dans le tronc et étalées dans les branches, viennent^* irritées sur divers points de leur longueur, quelles sensations ont-elles' Uis** tion est-elle alors constamment une par rap))ort au lieu, ou bien les se»»** éprouvées sur divers points de la longueur des fibres sont-elles perçotf^ étant différentes les unes des autres ? Peut-on savoir, d'après la sensation, *• même faisceau de fibres primitives a été irrité soit dans son tronc , sA*** h

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branches, soit à la i)eau on il se diHoloppo ? ].a roponso h toutes ces questions se; Ironre déjà en partie dans les obsenations précédemment relatées :

1" Lorsque le tronc d'un nerf vient à rtre irrilé, la sensation est la même que si rirritation avait porté sur toutes les libres primitives qui se rendent aux parties ~ extérieures , et elle semble avoir lieu dans les ])artics extérieures, comme si ' celles-ci avaiept été le siège de T irritation.

2** Lorsque des fibres primitives diverses d'un tronc ner^'eux sont irritées, h ' misation est la même que si des points différents des parties extérieures avaient

- reçu rirritation.

3* L'irritation d'une branche quelconque est accom|)agnée de sensation dans ks parties auxquelles cette branche se rend.

11 semble donc être indifférent que les fibres primitives soient irritées dans les troDCS eux-mêmes, où elles se trouvent encore annexées les unes aux autres, dans

- ki branches, où elles se sont partagées en faisceaux, enfin dans les parties exté- . rienres, où elles sont complètement isolées. Quand la peau vient à être irritée par

des piqûres d'épingle ou par une mouche qui court h sa surface, les extrémités

^ te fibres primitives éprouvent une irritation, et nous avons la sensation de coups

l'épingles ou d'une mouche qui marche; si, au contraire, on comprime les masses

in fibres primitives dans une petite branche au doigt, une sensation de picote-

. aent et de fourmillement a lieu dans la peau du doigt ; si l'on comprime un

. tPQOc entier, on éprouve cette même sensation dans la peau à laquelle aboutissent

^ hi dernières extrémités des fibres primitives du tronc. Qu'une pression subite et

fafle s'exerce sur un tronc nerveux, par exemple sur le nerf cubital, 0!i sur tout

. iBtre ï la face interne du bras, la sensation ressemble'! celle d'une commotion

— ^trique, dans toutes les fibres que le tronc embrasse ; mais cette sensation, an

fet de se manifester dans l'endroit où l'on agit sur le nerf, semble siéger là où

. — ^ fibres primitives du tronc nerveux se terminent dans la peau des doigts el

* h main, dans les muscles de l'avant-bras. Ici se rangent,cncore les phénomènes

^ «iccompagnent la section des nerfs, chez l'homme, dans les amputations. Au

^**>ent de cette section , les douleurs les ))lus vives se font sentir en apparence

^^^ '®s parties dont on pratique l'ablation et auxquelles se distribuent les nerfs

^y^^ ''instrument accomplit la division. C'est un fait constant, et qui m'a été attesté

0^ ''^'•icke, l'habile directeur du senice chinirgical de l'hôpital de Hambourg.

"^4^^ chaque fibre primitive, dans toute son étendue, depuis le cerveau jusqu'à

j^J^^^ , à travers le tronc et les branches, ne tient au premier de ces organes que

^*^*ï seul point, c*est-à-dire par son extrémité, il paraît tout naturel qu'elle

^ '^'V-^ les mêmes sensations quand elle vient à être affectée soit à sa partie infé-

'^ ^ dans la peau, soit à son milieu, dans le tronc ; car toutes les sensations qui

^ Vi sur sa longueur entière ne peuvent se communiquer qu'en un seul point

feau ou à Forgane de la conscience. J>'après cela, toutes les fibres primi-

- 'un nerf, qu'elles soient longues ou courtes, paraissent ne représenter ja-

H «^^^^.^jjp^ ^gjjjjj 1^^ cerveau, qu'un seul point, qui api)ortc toujours la même

Y . ^^^nà la conscience, soit cpie la fibre ait été alFectéc à la peau, soit qu'elle

• ^%^ sur le trajet du tronc. Si, lorsque les fibres neneuses sont irritées en des

b^^^ divers de leur longueur, il nous semble constamment que la sensation ait

^ la peau» c'est parce que d'ordinaire ces sensations ont lieu quand la pean

()Z|0 MÊCANK^UË DES .NERFS SENSITIFS.

oti i*cxtréinité*cutauéc des fibres primilivcs éprouve une affeclioa quelconque.

Quelque rigoureuses que soient ces conclusions, déduites des faits exposés jusqu'ici, nous allons voir que l^théorie des sensations est assez loin encore d'une démonstration complète.

. VI. Quoique la sensationsetnble avoir lieu dans les part les externes^ lorsqum comprime un tronc nerveux, cependant une forte compression de ce dernier parmi être sentie en même temps dans le lieu oîi elle s'exerce.

On fait quelquefois cette remarque sur soi-même, lorsqu*on se donne on coup sur le nerf cubital ; mais on peut la répéter sans qu'il soit besoin de recooiir à la violence. Que Ton comprime le nerf cubital au-dessus du condyle interne de llmmérus, en le pressant de plus en plus contre Tos, sans lui permettre de s'échapper; tout le bras, au-dessus du iK)int comprimé, devient douloureux jusqu'à l'extréniité des branches du nerf, mais on ressent en même temps sur ce point une vive dwleur, qui ne provient pas seulement de la sensibilité des parties enviroonanto, et qui a son siège dans le tronc nerveux. Si l'on jugeait d'après l'analogie avecki phénomènes qui précèdent et ceux dont j'aurai plus tard à parler, cet effet ne devrait point avoir lieu. Il semble donc y avoir encore ici quelque chose d'énigmatique, qui a de l'importance pour la théorie des sensations. Un phénomène à pe« près semblable s'observe dans les névromes. Les symptômes caractéristiques de ca tumeurs des nerfs sont bien des iloulcurs d'une vivacité exU^uie dans toutes b parties auxquelles le nerf se rend, par exemple à la main et aux deux derniers doq^tt dans les névromes du nerf cubital au bras, et d'effroyables douleurs dans les rnénei parties au moment où l'on pratique la section du nerf malade au-dessus de h tumeur, comme j'ai pu Hten convaincre dans une opération de ce genre, exécaiée par AYutzer à la clinique chirurgicale de Berlin (1). Mais le névrome a coutane d'être lui-même très sensible et très douloureux.

A ces faits de nerfs qui, par suite d'une affection développée sur leur trajdt donnent lieu à des sensations non seulement dans les parties auxquelles se rendcat leurs branches, mais encore dans leur propre tronc, il faut joindre un phénooKfle analogue que présente la moelle épinière. Lorsque cet organe devient malade, les douleurs se font généralement sentir dans toutes les parties périphériques situées au-dessous du point affecté; mais, parfois aussi, quoique rarement, comme daas la névralgie dorsale, le sujet en ressent sur la ligne médiane du dos.

Les chirurgiens n'ont malheureusement pas assez profité des magnifiques occasions qui se présentent à eux de faire des observations sur les phénomènes dooib section des nerfs est accompagnée. Les plus importants problèmes de la physiokjpe auraient dû se présenter d'eux-mêmes à l'esprit d'hommes qui portent à rorpHsation une atteinte aussi profonde que celle de l'amputation d'un membre on k la section d'un nerf.

I^ propagation des douleurs névralgiques suivant le trajet des nerfs semble également être en contradiction avec la théorie précédente des sensations. CefKi* dant il faut remarquer que ces sortes de douleurs ne suivent pas toujours le cours des nerLs. Dans plusieurs cas de névralgies pures, que j'ai observés avec soii i

(i) Comp. ÂBo?issoBic , Oburv. sur les tumeun développée» dans les nerfs, SlnAonT* 48)î, p. 9. •— P.«>J. DuroT, Disserf, sur lesaffeciims locales des nerfs, l>ans. 1829, p. ^

MÉCANIQUE DES NERFS SENSITIFS. 6i!|l

Berlin, les douleui^s ne se manifestaient pas conformément à la distril)utioA anatCMnique du nerl J*ai vu, par exemple, une névralgie de la face qui commençait au vertex, traversait l^orbite, et venait finir à J^ joue. Dans un autre cas, on pouvait soupçonner le nerf cubital, tout aussi bien que le nerf radial, et cependant ni Tun ni Vautre ne convenait parfaitement aux phénomènes morbides. J'ai éga-r lement rencontré une névralgie crurale, que le médecin pouvait appeler une sciaticiae, en se laissant aller aux idées ordinaires, mais qui n*en était certainement pas une aux yeux de Tanatomistç. D'un autre côté. j*ai vu une névralgie des nerfs iacial et lingual dans laquelle les douleurs semblaient, sinon d*une manière constante, du moins fréquemment, prendre naissance au-dessous de Toreille, et se répandre en rayonnant dans 1a face : il leur arrivait souvent de marcher en sens inverse de la distribution anatomique, et de se jeter de la face sur la langue. £n pareil cas, les névralgies élèvent une objection contre la théorie précédente des Bensatlons ; mais les faits que je vais rapporter forment une nouvelle série d'arguments en faveur de cette théorie.

VII. Lorsque le sentiment est complètement paralysé dans les parties exté^ rietsres, par' le fait de la compression ou d'une section, le tronc du nerf peut ffuyore^ dès quil vient à être irrité^ éprouver des sensations qui semblent avoir lieu dans les parties extérieures auxquelles il aboutissait.

On sait qu*il y a des paralysies dans lesquelles les membres sont absolument insensibles aux irritations extérieures, bien que les douleurs les plus aiguës se fassent sentir dans les parties ainsi privées de toute sensibilité pour les stimulatfons qui viennent du dehors. On peut piquer ces membres, les inciser, les Crapper, sans que le sujet sente rien, et cependant letf'tbuleurs qu*y font naître les causes internes sont quelquefois très vives. Dans l'état grossier où la physiolope du système nerveux a langui jusqu'ici, ce phénomène constituait une énigme inexplicable. Je l'ai observé à Bonn, chez un homme qui avait les extrémités nférieures entièrement paralysées, par rapport tant au sentiment qu'au mouvement; de temps en temps les muscles étaient pris de convulsions, qui s'accompalaient de violentes douleurs, sans que la sensibilité pour les stimulations du demrs reparût Lorsque les parties extérieures des nerfs sont paralysées, l'irritation les troncs peut encore déterminer les plus violentes douleurs, qui semblent alors iToir leur siège dans les parties extérieures , ce qu'on a désigné sous le nom ranesthésie douloureuse. On s'aperçoit sans peine que les paralysies doulou- ■eoses du sentiment doivent principalement être celles dans lesquelles les parties lériphériques des nerfs sont paralysées, tandis que leurs troncs et leurs origines l'ont éprouvé aucune lésion, c'est-à-dire celles qui consistent en une paralysie lorement locale des nerfs, sans nulle altération du cerveau et de la moelle épinière, :oinnie dans les paralysies locales qui doivent naissance à une affection rhumaismale ou arthritique, et celles qui proviennent ou d'une compression subie par

nerfs, ou de tumeurs développées sur leur trajet. Earie (1) rapporte un cas de

alysie du bras causée par une fracture de la clavicule ; les doigts et le bras Mitier étaient insensibles aux impressions du dehors , et cependant, lorsfjue le naïade essayait de remuer son membre , quelquefois môme dans l'état de repos lisolUt fl éprouvait de violentes douleurs au bout des doigts.

(4) Pkiioê. Trantu, t. VII, p. 478.

6V2 MÉCANIQUE DES NERFS SENSITlfS.

Ici se range eucoi^c un fait constaté par (rinnombrables obson atloos, savoir, qy> la section des nerfs n'est gén('»raleinent d'aucune utilité dans les névralgies, ei qu*on voit souvent revenir les douleurs avec tout autant d'intensité qu'aupanvam malgré Topération, et quoiqu'on ait même excisé une certaine étendue du troar nerveux. En eiïet, quand le tronc du nerf est la cause de la douleur, la sectioB be saurait servir à rien, puisque les irritations du moignon, qui demeure en conm»nication avec le ceneau, et dansTintérieur duquel se trouvent encore toalw les fibres primitives qui allaient se déployer à la peau, déterminent, en appreac^ dans les parties extérieures, les mêmes sensations que si c«s dernières éiaiat affectées elles-mêmes. La section et l'excision d'une portion du nerf ne sont ode que rarement, (^t l'on comprend que ce doit être seulement lorsque la cadsefe douleurs névralgiques a son siège dans les branches, et non dans le tronc

Ainsi la sectitm du nerf ne supprime que la possibilité de sentir les impreste du dehors avec l'extrémité cutanée des fibres nerveuses, parce que ces impram» ne peuvent plus alors être transmises au cerveau. Mais des sensations absoloiwK semblables à celles qui sont déterminées par les impressions extérieures, se déreloppent sons Tinfluence de toute cause intérieure quelconque, pourvu seokDMt que les fibres primitives du tronc communiquent encore avec le cerveau oo la moelle épinière.

Lorsqu'un nerf vient à être coupé, par exemple au doigt, une douleur se unifeste, durant la période de l'inflammation traumatique, dans la portion paraNf du doigt, qui a perdu toute faculté de sentir les irritations extérieures. Laseositia de douleur disparaît avec le travail phlegmasique, et dus ce moment la partie est redevenue complètement insensible. A cet égard, une observation que Gruithoi» a eu l'occasion de faire sur lui-même présente un intérêt tout particulier; i b suite d'une blessure dans laquelle le nerf collatéral dorsal du |K>uce avait été coopé. le côté externe de ce doigt fut frappé d'insensibilité jusqu'au-dessous deTongle: à répocpie de l'inflammation, la ]>eau qui le couvrait devint très douionreosp: mais les douleurs disparurent au bout de huit jours, quand la cicatrisatîM fit achevée, et il ne resta depuis lors qu'une impossibilité absolue de penx^wlh impressions extérieures ; plus tard, lorsqu'on frappait sur la cicatrice, despMt- Il ments se faisaient sentir au-dessous de l'ongle. '

Éverard Home rapiwrte un cas de prosopalgie dans laquelle, après qD'(W<* coupé le nerf, la plaie ne put se réunir par première intention ; tant qa'A if- L ^■ meura ouverte, l'état inflammatoire de l'extrémité du nerf occasionna ao ■** f^ ^ des accès semblables h ceux qu'il avait éprouvés avant l'opération ; natf, #»** L^^ cicatrisation, il ne reparut plus de ces accès. ^

Les phénomènes de Tengourdissement des membres par une compresswfl*' cée sur les nerfs, sont du même genre que ceux qui précèdent, et les eipif** La compression em|K>che la transmission des extrémités périphériques an cm»; mais elle affecte aussi la portion centrale du nerf, d'où le fourmillement ta^ ^^ membre, (jui perd également la faculté de sentir les impressions do deboR ^ ^^^ *

Une sensation de fourmillement, qui semble avoir son siège dansd«|* ^G^» ^ extérieures, se manifeste fréquemment aus.si lorsque les origines des oA* î*^ au cerveau, soit à la moelle épinière, ou ces organes eux-mêmes, sort ** iJ^-J^ Quand elle a lieu dans un membre , on ne peut pas savoir si la cause n^^^

le

MÊCANIQUK DES NERFS SENSlTIFS. 643

peau, sur le trajet du tronc ncncux, ou à l'origine des fibres. Souvent cette cause réside à la moelle épinière. Presque toutes les maladies de la moelle épinière ODt pour symptôme un fourmillement, qui semble avoir lieu à la peau, qui, dans ie eu de paraplégie, s'étend fréquemment à toutes les parties dont les ncrfe naissent au-dessous du point lésé, et qui, dans la phthisie dorsale, a lieu, non pas sur h figue médiane, mais partout le corps, à la peau (1).

On voit, d'après les détails précédents, que l'espèce de founnillemcnt qui précède ks accès d'épiiepsie, et qui porte le nom d'aum epileptica, a sa cause et son mkgt dans la moelle épinièreou le cerveau, bien que le malade croie ne l'éprouTV fœ dans les parties extérieures. C'est la première annonce des affections rachidîmnes oa cMbrales qui vont bientôt éclater. Si l'on i)arvient quelquefois à préfenir l'accès par l'appUcatioA d'une ligature serrée autour du membre dans Isqinel se fidt sentir ïaw^^ ce n'est pas parce qu'on s'oppose ainsi à la propagation tmk état morbide, mais parce que la ligature détermine une forte impression dans k aensoriunL Cependant il faut remarquer que, dans les épilepsies causées par des tomears sur le trajet des nerfs, la ligature du membre empêche réellement l'irritatkMi de se transmettre à la moelle épinière.

En s'applîqnant un tourniquet autour du bras, au-dessus de l'articulation du coude, on peut faire naître le sentiment de l'engourdissement dans toutes les parties de la main, et même finir par les rendre insensibles. Il survient d'abord des piootenients, puis de l'engourdissement et un sentiment de froid, auquel succède an commenceoient d'insensibilité pour les stimulations extérieures. Qu'on vienne •Ion à irriter ies troncs nerveux, en les comprimant au bras ou à l'aisselle, ou éprouve dans la main la sensation d'une commotion électrique, avec tout autant de ■etteté qoesisei nerfs et ceux de l'avant-bras n'étaient point engourdis.

¥111. Linnque le membre dans lequel ie répand un tronc netveux a été enlevé par une amputation^ et tronc, attendu qu'il renferme f ensemble de toutes les fibres primitives raccourcies, peut avoir les mêmes sensations que si le membre ^Êttpiaé existait eincore, et cet état jiersiste pendant toute la vie.

Aucun chirurgien n'ignore que les amputés éprouvent les m6mes sensations que 0*9b avaient encore le membre dont on les a privés (2). Il n'en est jamais autrement. Al a coutume de dire que l'illusion dure quelque temps, jusqu'à ce que, la plaie S^ cicatrisée, le malade cesse de recevoir les soins de l'homme de l'art Mais la ^Mlé ctt que ces illusions persistent toujours, et qu'elles conservent la même inpendant toute la vie ; on peut s'en convaincre par des questions adresséies amputés longtemps après qu'ils ont subi l'opération. C'est à l'époque de l'in- ^■■ttnation du moignon et des troncs nerveux qu'elles sont le plus vives ; les ma- '^ nocusent alors de très fortes douleurs dans tout le membre qu'ils ont perdu. 4rtfli guérison, le sujet conserve les sensations qu'un membre sain procure aux

* ^^ ^^ ne eoimab aueiuie observation de fourmilleoieiit qui se soit fait sentir dans des mem-

e«Mfallp, 48AI.

i\Uk MÉCANIQUE I)KS NERFS SËNSITIPS.

autres hommes, et fréquemmeat il reste, pendant toute la vie, un sentiment è formication, ou même de doideur, ayant en apparence son sîége dans les puiia extérieures, qui n*.existent cependant plus. Ces sensations ne sont pas vagues; or Tamputé sent les douleurs ou le fourmillement dans tel ou tel orteil, à la plante ai sur le dos du pied, à la peau, etc. L'explication que les idéalistes donnent da phénomène, en ayant recours à Timagination, est ridicule. Les physiologistes Fai considéré pendant longtemps comme une pure curiosité. Mais je me si» fais convaincu, par des recherches suivies, que le sentiment dont il s'agit ne se poii jamais entièrement Les amputés finissent par s'y habituer,; à tel point qu'ils ne s'a aperçoivent plus ; cependant, dès qu'ils y font attention, ils le voient aaaàtot reparaître, et souvent ils sentent d'une manière très distincte leurs orteils, 1» doigts, la plante du pied, la main. Le sentiment devient beaucoup jpHm vîmm lorsqu'on applique une bande ou un tourniquet autour du moignon, ou qnaid m lui fait subir une compression du genre de celles qui amènent l'engoanfiaKoat d'un membre ; alors la formication s'établit sur-le-nchamp ; l'amputé ressert éa fourmillements dans la main, dans Je pied, dans le membre entier, avec toatiotai de netteté que si ces parties existaient encore : aussi les personnes qui aat srii une amputation n'éprouvent-elles jamais plus vivement le sentiment do meén perdu que quand une autre cause oblige de recourir plus tard à l'appfolisi à toiu-niquet

Si, avant de se soumettre à l'amputatmn, le sujet était porteur d'nn mil Ini douloureux, l'opération n'empêche pas qu'ensuite il sente doulonreaseactf fl 1 jambe entière, et c'est encore la jambe entière, du moins en apparence, <}■)■ j cause de la douleur, après la section du nerf, lorsque le moignon s'enflaiioiK'

Je ne parie point des rêves que font les amputés, ni du vif sentiment de wi leur membre qu'ils croient éprouver lorsque le moignon vient à être comiw dans telle ou telle attitude, car ce sentiment ne s'éteint en eux qu'avec b fie. Voici quelques exemples, que je crois convenable de rapporter : 1"* Une femme, atteinte d'une paralysie du sentiment au bras gauche, éfvoin une fracture de ce membre, qui tomba en gangrène, et dont il fattnt pnti^ l'amputation. Celle-ci ne fut nullement sentie. Mais il paraît que la sectioD ètwi ranima le sentiment dans son tronc; car, dès la première nuit, la malade se pfaignit d'éprouver des douleurs dans les doigts.

2"* Un homme eut la cuisse amputée au premier tiers, pour cause de cane: «^ 1^ sitôt après l'opération , il éprouva le même sentiment que s'il eût en eaoeiffl I jambe, et le lendemain il se plaignit vivement de douleurs dans ce meolie. F T qu'aux orteils. Le même jour, on coupa le hras à un autre malade, qui se ^tifà 1^ également après de douleurs dans la main et dans tout le bras. J'ai revu le ftffi^ Ë^ de ces deux hommes au bout de douze années ; il éprouvait encore le wiat0' l, timent que s'il eût possédé les orteils et la plante |}u pied, et cdle-d hno^^ de temps en temps des d(»uleurs qui n'existent plus aujourd'hui. Le moignois^ 1 gourdit quelquefois quand le sujet est couché, et alors il survient dans les i*^|i^ des fourmillements, qui jadis se reproduisaient assez fréquemment ïf^ un tourniquet sur le moignon , de manière à comprimer ce qui restiit à v sciatique ; l'homme me dit aussitôt que sa jambe s'engourdissait , et qo1<i^ guait parfaitement bien les fourmillements dans les orteils.

MÉCANIQUE DES INERFS SENSITIPS. 665

3° In jeune homme fut amputa au bras, par suite d*nne maladie de l'articuiation du coude. Tant que je pus le suivre, il conserva le sentiment du bras qu*il avait perdu.

II? Un homme a le bras amputé depuis treize ans. Les sensations dans les doigts n'ont jamais cessé chez lui. Il croit toujours sentir sa main dans une situation courbée. Des picotements apparents dans les doigts ont lieu , surtout lorsque le moignon appuie sur un corps, et que les troncs des nerfs du bras viennent à être comprimés. J'exerçai une compression sur les troncs de ces nerfs; à l'instant même survint un sentiment d'engourdissement , que le sujet disait éprouver dans tout le bras jusqu'aux doigts.

li^ Un homme qui avait eu le bras coupé depuis douze ans, éprouvait de temps en temps des fourmillements qui lui semblaient avoir lieu dans les doigts, et qui survenaient surtout lorsqu'il s'appuyait sur son moignon.

§• Vir quidam^ cui pes sinister^ et aller cui brachium sinistrum amputatum erat, dicebcmt ambo, aller po$t hebd, 16, aller M ^ seper operationem nihil eommadi naetos esse ; aller querebalur de dolore vehementi pedis et aller brachii , cum tamen non tant maie eos habuisset quam inprimis hebdomadibusposi faclam t^rationein^ et vterque noti per hebdomades^ sed per mêmes hosce, sensus hujus failacis diminutianem habuisse fatebatur (1).

7" Nunc temporis, etiam ibi versatur juvenis, cui ante nomm menses brachium iinistrum demtum est In hoc eadem sensalio sub quinto et sexto mense post ope^ raiionem decessit^ sed mense octavo oliÊffft dies, ubi vehementior esse cœpit^ habuit, ut interdiu tantum ope ocnli, el'^nKtte ope manus allerius, jacturœ hujus se convincere possel (2). L'auteur explique le fait d'une manière qui n'est nullement satisfaisante, par une prétendue association des deux membres, qui eUe-même aurait besoin d'explication.

8* Un homme, qui avait eu le bras droit écrasé par un boulet de canon, et ensuite amputé , éprouvait encore , vingt années après , des douleurs rhumatismales bien prononcées dans ce membre, toutes les fois que le temps changeait Pendant les accès, le bras qu'il avait perdu depuis si longtemps lui. paraissait sensible à l'impression du moindre courant d'air. Il m'assura d'une manière positive que la sensation physiologique et purement subjective de ce membre n'avait jamais cessé.

9° Un homme à qui l'on avait amputé la main , y ressentait encore, sept ans après, des douleurs, qui ne cessèrent qu'à la mort (3).

IX. De même que la situation relative des fibres primitives dans le lieu de leur origine au cerveau et à la moelle épinih'e, où elles déterminent des sensations^ ne subit aucun changement lorsque leur sittuUion relative à leurs extrémitée périphériques change^ de même les sensations d'emplacement que procurent ces fibres dépendent de l'ordre dans lequel celles-ci naissent , et non de la situation relative qu* affecte leur extrémité périphérique.

La preuve de ce théorème est founiie par les phénomènes qui ont lieu quand l'art diangc la situation des extrémités périphériques, comme il arrive, par exemple,

(i) Lkmos, loe. du, 1798, p. 33.

(S) Ibid,,^. 38.

(3) Klein , dnns le Journal de Grœfe . t. lU, p. AOK,

6/l6 MtClNlQUE DES >NEftFS 9£NaiTin.

(laos ta tnasplanuticm de lambeaux cuUDëa. Lorsque, dans une opénlioii de itinoplastic, on retourne un bmbeaii de ta peau du front laiUé k la ndoe da la, et qu'on l'accole an moignon de cv dernier, tant que le p<Hit o'a poînl M coipt le nez factice conserve les mfimes seaeatioos que caUea qu'on éprouve qÊUi b peau du front est miw en rapport avec un stimulaDt quelconque, c'e«-Urc ^ l'individu sent au froot les atioachemenu qu'on exer«e sur le nés. Cm K ■ phËnomène bien connu des chirurgiens, et dont Liafraoc a fait le pconier l'dMvalioD (1). Mais ce phénomène, comme ou le coofoUbien. ne dm» qn'an«lH|temps que subsiste la communication des fibres noreuses , k h rKincdiM, entre le front et le nez de fabrique. Après la section du popt, l'BluiiOB ctce, 8 le nouveau nei devient imeDiible; il paraît s'y développer plu tard a paè sensibilité, mais qui demeure toujours très faible.

Un autre phénomène, en tout semblable, et qui se prAte à ta luêaw taipHote est le suivant : Lorsque, comme dans la fig. 77, on croiae-l'oB sur l'autre It dagi indicateur (d) et le médius (/'} d'une main, et que l'ou tait rouler nar ptfilt houle (e) eatre les deux cfités de ces doigts qui se corre^>oodent ■nn"tTnnl. aè qui , dans l'état ordinaire des choses, sont opposés l'un k l'autre, ou croit mir deui boules. Quand on touche une petite boule ( 6 ) avec deux doigu ( a et c) p conservent leur situation respective ordinaire, ce n'est point, k pn^tremeat pvkr, une boule que l'on sent, maisdeui convexités, que l'écrit réunît il iiiiiiMw n une sphère, parce qu'il se r^résente que deux segments de sphère atoéi ïm't câté de l'autre et tounuut leurs coiiTexil|| en sens inverse , a|q>artieiaMti ■ Rg.77. t!»

même sphère. Si maintenant on croise les doigts , de manière que leai* dm faces cxicrnes opposées deviennent internes et se regardent , les sensaliw * fibres consrncnt leur situation relative par rapport au cer\-eao, comme il ■'! avait [US de croisement, c'csi-à-dire que la sensation de la convexité d'on «ff* de sphère (lig. 78) eu xest Iranspnrtéau cAté opposé en y, et que celle foi" W également en t/'. Eu égard i leur contenu, les sensations éprouvées en .r rt n f' subissent aucun changement , non plus que celles on x' et en y"; wùs, ifi*^

[l) Mcm.dtV plaiiigut, Paris,

iend, ro<j. de mtd. Paris \Wi. 1. 1, p. iS9.

33, I. lE.p. 145.— Jobeit, rrm(ëJ(ili«f

MÈCÂiMQLE DES rSEKFS SE.NSITIFS. 6(i7

ïuspositiou, les impressious ne sont plus celles de deux convexités tournées en ns inverse Tune de Tautrc; ce sont celles de deux convexitées tournées Tune vers lutre. Or, en les complétant, Tesprit doit concevoir Tidée de deux spliércs, parce le deux convexités qui se regardent ne sauraient appartenir à une seule et même bére, tandis qu'elles peuvent très bien appartenir à deux sphères distinctes. J'ai ésenté, dès 1826, cette explication du phénomène , dans un ouvrage où d'ailirs on trouve déjà indiqués les premiers éléments de la partie mécanique de la lysiquedcs nerfe (1). Aristote l'avait déjà rencontrée, à peu près (2).

Irradiation des sensations, on sensations associées.

11 arrive quelquefois qu'une sensation en excite une autre, ou que les sensations propagent, d'une manière morbide, ai4 delà des parties affectées. Ce phéno- *ne, auquel je donne le nom d'association de sensations^ n'est pas rare dans l'état santé. L'impression d'une vive hmiière détermine un prurit dans le nez , et le atouillement exercé sur un point très borné donne lieu à des seusations fort indues. Il faut également rapporter ici les sensations étendues qui résultent de la oiulation des pai ties génitales externes dans l'acte du coït , les secousses que démiae une détonation qui éclate inopinément auprès de nous, les frissonne- ;nt$ (|u'on éprouve en entendant certains sons , comme par exemple celui du rre que quelqu'un raie, et les sensations qui suniennent lorsqu on rencontre e substance sablonneuse sous la denL Cette même classe renferme encore un ind nombre de phénomènes patholoÂiues , tels que l'extension du mal de dent la face entière, et celle des douleanHl'un doigt malade aux auties doigts, à la in, au bras , sans qu'on puisse admettre une communication matérielle de la ise morbifique. Les irradiations acquièrent surtout beaucoup d'étendue lors- *une tumeur neneuse occasionne des sensations douloureuses très vives, qui tardent pas à se manifester aussi dans les parties environnantes, ou même dans i parties éloignées, comme le prouve un cas rap|K)rté par un journal anglais (3), , à la suite d'une amputation, une tumeur du nerf sciatique, adhérente à l'os à la cicatrice, rendait fort douloureuse la |K'au du moignon entier, et parfois rine des parties éloignées, telles que les téguments du bas-ventre, sans qu'il y t d'ailleurs aucun symptôme inflammatoire ; ces sensations insolites disparurent *i>s une seconde amputation. Il suffit de se faire une brûlure forte et un peu >longée pour acquérir la conviction que des sensations accessoires naissent alors \is les libres nerveuses voisines, auxquelles la cause provocatrice ne s'étend ceidant point elle-même.

Ces sensations concomitantes seraient fort incommodes dans l'état de s^nté : isi la nature les a-t-elle prévenues en isolant les fibres des nerfs ; car, si les rcs de dix points différents de la peau se réunissaient en une seule avant d'arer au cerveau , celui-ci ne pourrait non plus a\oir qu'une seule sensation de dix jits différents de la |)eau, qu'il |)ercevrdit comme étant tous daiLs le même lieu, si les fibres nerveuses primitives d'un i)ointse confondaient avec celles de neuf :res points qui allassent chacun isolément à l'encéphale, il suffirait , dans l'état

1) Physiologie de» GesichtsswHU, Leipzicii, 1836, p. 8Â. 3) Dans son Traite des songes , cli. 2. 3) London médical Gazette , 183/i.

6kS MÉCANIQUE DES NERFS SENSITIFS.

de s^nté, (Ju'un seul point de la peau fât irrité, pour que neuf autres sensitktt d*autrcs parties parvinssent en même temps à la conscieDce. Ceci ii*a pas Geo, et général , chez Thomme qui se porte bien , et ne peut pas non pins arriver, pvce que les fibres primitives des nerfs demeurent isolées dans tout leor trajet josqu'ii cerveau. Quelle explication doit-on donc donner du phénomène eicq^tionod ds sensations associées? Gomme fl n'est aucun point de la peau où Ton puisse eidkr des sensations concomitantes autrement qu*en y provoquant une sensation trii vive, le phénomène ne saurait être attribué à une union qui, par exceptîoD, lirait Heu , dans quelques nerfs , entre des fibres primitives. Il faut que TexpliaiiK soit susceptible de s'appliquer à tous les nerfs de sentiment On ne saurait noo {Es rendre raison de l'irradiation de la sensation par l'admission d'anastomoses pknformes des fibres primitives à leurs extrémités périphériques dans la peau; car de a lieu aussi dans la rétine, où de telles anastomoses n'existent point On peut oobcevoir le phénomène de deux manières.

1° La première explication repose sur les propriétés dont jouissent lesgiogiiDB des nerfs sensitifs , et qui ont été exposées précédemment On sait que toos is nerfs sensitifs proprement dits ont un ganglion à leur racine. Rei! (1) compnt les ganglions du grand sympathique à des demi-conducteurs, qui n'amènent ps les impressions faibles au cerveau , mais qui , à l'instar des demi-conductenn de l'électricité, au travers desquels passe le fluide électrique accumulé ai gmièe quantité, y font parvenir les irritations très vives, et qui ne permettrat non pfes qu'avec des restrictions l'influence du cenÉtti et de la moelle épinière sur le ||;rai sympathique. On pourrait appliquer aussREtte hypothèse aux ganglions des ooft de sentiment ; on pourrait dire que la masse grise, à travers laquelle les film primitives passent sans névrilèmc, est une sorte de demi-conducteur incapable à propager dans sa propre substance les irritations faibles agissant sur une de m fibres, et de les communiquer aux autres fibres qui traversent le gam^lioD, de manière qu'alors la sensation ne se répand ni à droite ni à gauche, et parooot seulement la fibre qui en a été affectée; mais, quand les sensations sont très fhB. de demi-conducteur qu'elle est ordinairement, cette même masse devient tort ï fait conducteur, et permet à une partie du fluide ner\'eux de se communiquer à quelques autres des fibres qui traversent le ganglion ; de sorte qu'en ce cas il y a irradiation de la sensation , sensation associée ou concomitante.

2"* La seconde explication n'a aucun égard à cette propriété des gang^ODs des nerfs sensitifs, qui est en effet purement hypothétique et dénuée de preuve. Oit attribue l'irradiation de la sensation à celle de l'irritation dans la moelle épinière m dans le cerveau même. D'après cette manière devoir, il se passerait ici un pbénom^ analogue à celui qui a lieu dans les mouvements par réflexion , lorsque de linpression sensitive communiquée à la moelle épinière part une irradiation qui s'éteei jusqu'aux nerfs moteurs. La seule différence consisterait en ce que rirradiadoa de l'impression sensitive primordiale sur la moelle épinière aurait lieu non dans dei nerfs moteurs, mais dans d'autres nerfs sensitifs naissant au voisinage de ceux qv ont été affectés directement, ou que du moins elle ne se bornerait pas à desDoi moteurs et s'étendrait en outre à des nerfs de sentiment

(1) Ai'cidv fuer Physiologie j t. Vil.

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